đŸš« Angor vasospastique (de Prinzmetal) : tests de provocation et traitement

Sommaire (24)

Définition et physiopathologie

L’angor vasospastique (AV), anciennement appelĂ© angor de Prinzmetal ou angor variant, est une ischĂ©mie myocardique provoquĂ©e par une vasoconstriction anormale transitoire d’une ou de plusieurs artĂšres coronaires. Le spasme Ă©picardique entraĂźne une occlusion fonctionnelle rĂ©versible et provoque gĂ©nĂ©ralement une ischĂ©mie transmurale. Les anomalies de la fonction ventriculaire gauche qui en rĂ©sultent peuvent entraĂźner un infarctus du myocarde, une tachycardie ventriculaire, une fibrillation ventriculaire ou une mort subite d’origine cardiaque.

Le spasme peut toucher les artĂšres coronaires Ă©picardiques, la microvascularisation coronaire, ou les deux. L’angor Ă©picardique et l’angor microvasculaire peuvent coexister, et cette association est liĂ©e Ă  un pronostic plus dĂ©favorable. L’AV peut survenir en prĂ©sence d’une maladie coronaire obstructive, sur des artĂšres coronaires non obstructives ou chez des patients prĂ©sentant des lĂ©sions intermĂ©diaires n’entraĂźnant pas de limitation physiologiquement significative du dĂ©bit.

Les mĂ©canismes sont incomplĂštement dĂ©finis. Parmi les facteurs proposĂ©s figurent une hypercontractilitĂ© ou une hypersensibilitĂ© du muscle lisse vasculaire coronaire aux stimuli vasoconstricteurs, notamment les agonistes adrĂ©nergiques, les leucotriĂšnes et la sĂ©rotonine. Chez les patients atteints de maladie coronaire, une altĂ©ration endothĂ©liale peut transformer les rĂ©ponses vasodilatatrices normales en vasoconstriction ; toutefois, la seule dysfonction endothĂ©liale ne suffit pas et un facteur dĂ©clenchant supplĂ©mentaire est nĂ©cessaire. Les dĂ©clencheurs potentiels comprennent la formation d’un thrombus et l’activation sympathique. La Rho kinase peut accroĂźtre la sensibilitĂ© du muscle lisse vasculaire au calcium en inhibant l’activitĂ© de la myosine phosphatase.

Les patients atteints d’AV sont gĂ©nĂ©ralement plus jeunes que ceux prĂ©sentant des syndromes coronariens aigus sans sus-dĂ©calage du segment ST d’origine athĂ©rosclĂ©reuse. Le tabagisme est une association frĂ©quente, tandis que les autres facteurs de risque coronarien conventionnels peuvent ĂȘtre absents. L’affection est plus frĂ©quente au Japon et en CorĂ©e du Sud que dans les populations occidentales, et les spasmes pluritronculaires lors des tests de provocation sont Ă©galement rapportĂ©s plus frĂ©quemment dans les populations d’Asie de l’Est.

L’AV peut s’inscrire dans le cadre d’un syndrome vasospastique plus gĂ©nĂ©ralisĂ© associĂ© Ă  une migraine ou Ă  un phĂ©nomĂšne de Raynaud. Des associations ont Ă©galement Ă©tĂ© dĂ©crites avec l’asthme induit par l’aspirine, le 5-fluorouracile et le cyclophosphamide. Les dĂ©rivĂ©s de l’ergot utilisĂ©s dans la migraine et les antagonistes de la sĂ©rotonine utilisĂ©s dans la dĂ©pression peuvent dĂ©clencher des Ă©pisodes.

Présentation clinique et symptÎmes

Le symptĂŽme caractĂ©ristique est un angor intense survenant au repos. Les Ă©pisodes surviennent frĂ©quemment entre minuit et 8 heures du matin et peuvent s’accompagner d’un sus-dĂ©calage transitoire du segment ST. Les symptĂŽmes peuvent ĂȘtre spectaculaires, mais de nombreux Ă©pisodes sont cliniquement silencieux et ne sont dĂ©tectĂ©s que par une surveillance Ă©lectrocardiographique.

Une syncope peut rĂ©sulter d’un bloc auriculoventriculaire transitoire, d’une asystolie ou d’une tachycardie ventriculaire. Un spasme prolongĂ© peut provoquer un infarctus aigu du myocarde, notamment un infarctus du myocarde avec artĂšres coronaires non obstructives (MINOCA). La fibrillation ventriculaire et la mort subite d’origine cardiaque sont des complications potentielles importantes.

Environ un tiers des patients peuvent prĂ©senter une obstruction coronaire fixe sĂ©vĂšre. Ces patients peuvent avoir un syndrome mixte, associant un angor d’effort et un sous-dĂ©calage du segment ST liĂ©s Ă  la maladie coronaire fixe, ainsi qu’un angor de repos et un sus-dĂ©calage du segment ST provoquĂ©s par le spasme.

L’absence de maladie obstructive indique gĂ©nĂ©ralement une Ă©volution plus favorable que l’AV associĂ© Ă  des lĂ©sions fixes sĂ©vĂšres. NĂ©anmoins, les patients qui dĂ©veloppent des arythmies graves lors d’épisodes spontanĂ©s constituent un sous-groupe Ă  plus haut risque.

Évaluation et examen clinique

L’examen cardiaque est gĂ©nĂ©ralement normal lorsque le patient ne prĂ©sente pas d’ischĂ©mie. Une minoritĂ© de patients prĂ©sentent des signes cliniques de vasospasme systĂ©mique, notamment une migraine ou un phĂ©nomĂšne de Raynaud.

L’anamnĂšse doit prĂ©ciser :

  • Si les crises surviennent au repos, notamment pendant la nuit ou au petit matin.

  • La sĂ©vĂ©ritĂ©, la durĂ©e, le regroupement et la reproductibilitĂ© des symptĂŽmes.

  • La prĂ©sence d’une syncope ou de palpitations associĂ©es, pouvant indiquer une bradyarythmie ou une tachyarythmie ventriculaire.

  • L’exposition au tabac.

  • Les symptĂŽmes ou diagnostics Ă©vocateurs d’une migraine ou d’un phĂ©nomĂšne de Raynaud.

  • L’exposition Ă  des facteurs pharmacologiques potentiellement dĂ©clenchants, notamment les dĂ©rivĂ©s de l’ergot, les antagonistes de la sĂ©rotonine, le 5-fluorouracile et le cyclophosphamide.

  • Les antĂ©cĂ©dents d’infarctus du myocarde, de fibrillation ventriculaire documentĂ©e ou de maladie coronaire obstructive connue.

Un ECG de repos Ă  12 dĂ©rivations doit ĂȘtre rĂ©alisĂ© pendant un Ă©pisode d’angor chaque fois que cela est possible. Comme de nombreux Ă©pisodes sont silencieux ou intermittents, des rĂ©sultats normaux entre les crises n’excluent pas un AV.

CritĂšres diagnostiques

Le cadre diagnostique COVADIS intĂšgre trois domaines :

  • Angor sensible aux dĂ©rivĂ©s nitrĂ©s, notamment lors des Ă©pisodes spontanĂ©s.

  • Modifications ischĂ©miques transitoires de l’ECG, caractĂ©risĂ©es par un sus-dĂ©calage ou un sous-dĂ©calage du segment ST d’au moins 0.1 mV.

  • DĂ©monstration d’un spasme coronaire, dĂ©fini comme une occlusion coronaire transitoire survenant avec un angor et des modifications de l’ECG, spontanĂ©ment ou aprĂšs un stimulus provocateur.

Le diagnostic dĂ©finitif est confortĂ© lorsque le syndrome clinique, l’anomalie transitoire de l’ECG et les signes angiographiques de spasme sont concordants. Chez les patients prĂ©sentant des symptĂŽmes compatibles et des modifications transitoires caractĂ©ristiques de l’ECG, une angiographie fonctionnelle invasive est utilisĂ©e pour confirmer le diagnostic et Ă©valuer la sĂ©vĂ©ritĂ© de la maladie athĂ©rosclĂ©reuse associĂ©e.

Examens diagnostiques

Électrocardiographie

L’anomalie Ă©lectrocardiographique essentielle est un sus-dĂ©calage Ă©pisodique du segment ST lors de douleurs de repos. Les modifications du segment ST peuvent survenir dans toutes les dĂ©rivations, selon l’artĂšre coronaire atteinte. Un sous-dĂ©calage transitoire du segment ST peut Ă©galement ĂȘtre observĂ©, notamment en cas de spasme microvasculaire ou de maladie obstructive fixe.

Un ECG de repos Ă  12 dĂ©rivations rĂ©alisĂ© pendant l’angor est recommandĂ© chez les patients chez lesquels un AV est suspectĂ©. Comme les Ă©pisodes asymptomatiques sont frĂ©quents, une surveillance ECG ambulatoire peut identifier des Ă©pisodes cliniquement silencieux, bien que le document source ne fournisse pas de protocoles spĂ©cifiques de surveillance.

Une dispersion accrue de l’intervalle QT a Ă©tĂ© dĂ©crite comme un marqueur associĂ© au risque de mort subite d’origine cardiaque.

Coronarographie

La mise en Ă©vidence d’un spasme coronaire transitoire lors d’une coronarographie constitue le signe diagnostique cardinal. La coronarographie peut montrer :

  • Un rĂ©trĂ©cissement transitoire focal ou diffus.

  • Un spasme d’une ou de plusieurs artĂšres Ă©picardiques.

  • Des plaques athĂ©rosclĂ©reuses fixes, prĂ©sentes chez environ la moitiĂ© des patients dans certaines sĂ©ries.

  • Des lĂ©sions obstructives proximales sĂ©vĂšres chez un sous-groupe important.

Le spasme est rĂ©versible aprĂšs administration de dĂ©rivĂ©s nitrĂ©s. La coronarographie est donc importante non seulement pour documenter l’obstruction dynamique, mais aussi pour caractĂ©riser la maladie coronaire fixe, ce qui a des implications majeures pour le pronostic et le traitement.

Évaluation fonctionnelle coronaire invasive

Une angiographie fonctionnelle invasive est recommandée chez les patients chez lesquels un AV est suspecté, qui présentent un angor de repos répétitif et des modifications transitoires du segment ST se corrigeant sous dérivés nitrés ou antagonistes calciques, sans confirmation diagnostique claire.

Chez les patients prĂ©sentant des symptĂŽmes persistants et chez lesquels une ANOCA ou une INOCA est suspectĂ©e, les explorations fonctionnelles coronaires invasives peuvent identifier des endotypes vasomoteurs coronaires accessibles Ă  un traitement et amĂ©liorer la prise en charge orientĂ©e vers les symptĂŽmes. Les explorations peuvent comprendre l’évaluation de :

  • Un spasme coronaire Ă©picardique.

  • Un spasme microvasculaire.

  • La rĂ©serve coronaire de dĂ©bit.

  • Les rĂ©sistances microcirculatoires.

  • La fraction de rĂ©serve du dĂ©bit.

Chez les patients prĂ©sentant un infarctus du myocarde avec artĂšres coronaires non obstructives et chez lesquels des anomalies vasomotrices coronaires sont suspectĂ©es, les tests de provocation sont recommandĂ©s afin d’établir la cause, d’identifier un sous-groupe Ă  plus haut risque et d’orienter le traitement.

Tests de provocation

Les tests de provocation doivent ĂȘtre rĂ©alisĂ©s de maniĂšre sĂ©lective. Ils sont destinĂ©s aux patients chez lesquels un AV est suspectĂ© mais non encore confirmĂ© et qui ne prĂ©sentent pas de maladie coronaire obstructive. Ils sont Ă©galement pertinents chez certains patients prĂ©sentant un MINOCA et chez lesquels des anomalies vasomotrices coronaires sont suspectĂ©es.

Les méthodes de provocation établies sont les suivantes :

  • AcĂ©tylcholine intracoronaire.

  • Ergonovine intracoronaire.

  • Test d’hyperventilation.

L’acĂ©tylcholine intracoronaire est la mĂ©thode la mieux Ă©tablie pour explorer la fonction vasomotrice coronaire dĂ©pendante de l’endothĂ©lium. Des doses croissantes d’acĂ©tylcholine ou d’ergonovine intracoronaire peuvent Ă©galement ĂȘtre utilisĂ©es lorsqu’un spasme coronaire est recherchĂ© comme cause d’une fibrillation ventriculaire en l’absence de maladie coronaire obstructive ou de cardiomyopathie.

Un test positif met en Ă©vidence un spasme transitoire associĂ© Ă  un angor et Ă  des modifications correspondantes de l’ECG. Les tests de provocation ont Ă©tĂ© dĂ©crits comme sĂ»rs chez des patients correctement sĂ©lectionnĂ©s, sans athĂ©rosclĂ©rose coronaire obstructive, et peuvent rĂ©vĂ©ler un sous-groupe Ă  haut risque.

RĂŽle clinique et limites des tests de provocation

Les tests de provocation ne doivent pas ĂȘtre utilisĂ©s sans discernement. Le document source en prĂ©conise spĂ©cifiquement l’utilisation lorsque :

  • Les symptĂŽmes sont compatibles avec un AV, mais le diagnostic n’est pas confirmĂ©.

  • Une maladie coronaire obstructive a Ă©tĂ© exclue ou est absente.

  • Un MINOCA s’accompagne d’une dysfonction vasomotrice coronaire suspectĂ©e.

  • Une fibrillation ventriculaire est survenue en l’absence de maladie coronaire obstructive ou de cardiomyopathie et qu’un spasme coronaire est une cause possible.

La principale valeur clinique rĂ©side dans la clarification diagnostique et dans le choix du traitement en fonction de la physiopathologie sous-jacente. Les tests peuvent Ă©galement diffĂ©rencier un spasme Ă©picardique d’une dysfonction microvasculaire lorsqu’ils sont associĂ©s Ă  une Ă©valuation invasive de la fonction coronaire.

Biomarqueurs et résultats biologiques

Le document source ne prĂ©cise pas de profil caractĂ©ristique de biomarqueurs ni de test biologique spĂ©cifique de l’AV. Un spasme prolongĂ© peut entraĂźner un infarctus aigu du myocarde, auquel cas les biomarqueurs de lĂ©sion myocardique peuvent ĂȘtre Ă©levĂ©s, mais aucun seuil spĂ©cifique ni aucune stratĂ©gie biologique ne sont fournis.

Traitement et prise en charge

Traitement immĂ©diat d’un Ă©pisode

La nitroglycĂ©rine administrĂ©e par voie sublinguale ou intraveineuse soulage gĂ©nĂ©ralement rapidement le spasme coronaire et l’angor. Le document source ne fournit pas de dose sublinguale spĂ©cifique pour l’AV.

Le traitement prolongĂ© par dĂ©rivĂ©s nitrĂ©s est moins fiable, car la tolĂ©rance aux dĂ©rivĂ©s nitrĂ©s limite leur efficacitĂ©. Les dĂ©rivĂ©s nitrĂ©s peuvent donc ĂȘtre utiles pour le soulagement aigu, mais ne doivent pas ĂȘtre considĂ©rĂ©s comme le principal traitement prĂ©ventif au long cours.

Antagonistes calciques

Les antagonistes calciques sont le traitement de rĂ©fĂ©rence. Ils sont recommandĂ©s dans l’AV isolĂ© afin de contrĂŽler les symptĂŽmes, de prĂ©venir les rĂ©cidives ischĂ©miques et de rĂ©duire le risque de complications potentiellement fatales.

Le document source ne prĂ©cise pas les antagonistes calciques Ă  utiliser, leurs doses, les schĂ©mas de titration ni les associations. Le traitement doit donc ĂȘtre individualisĂ© en fonction du contrĂŽle des symptĂŽmes et de la tolĂ©rance.

Sevrage tabagique

Le sevrage tabagique constitue un Ă©lĂ©ment central de la prise en charge. Il convient de recommander fermement aux patients atteints d’AV d’arrĂȘter de fumer. La rĂ©mission est plus frĂ©quente chez les patients qui cessent de fumer.

Statines

Le traitement par statines a Ă©tĂ© associĂ© Ă  une rĂ©duction des Ă©vĂ©nements cardiovasculaires indĂ©sirables majeurs chez les patients atteints d’AV. Le mĂ©canisme n’est pas Ă©tabli, mais il pourrait impliquer la prĂ©vention de l’apparition ou de la progression des plaques, ainsi que des effets potentiellement bĂ©nĂ©fiques sur la dysfonction endothĂ©liale, l’inflammation et la voie de la Rho kinase.

Le document source ne précise ni la statine à choisir ni sa dose.

Aspirine

L’aspirine ne doit pas ĂȘtre utilisĂ©e systĂ©matiquement dans l’AV isolĂ©. Elle peut aggraver les Ă©pisodes ischĂ©miques, probablement parce que des modifications relativement faibles de la synthĂšse de la prostacycline peuvent influencer le tonus coronaire. L’aspirine doit ĂȘtre rĂ©servĂ©e aux patients prĂ©sentant une stĂ©nose coronaire significative ou une autre indication claire liĂ©e Ă  une maladie athĂ©rosclĂ©reuse importante.

BĂȘtabloquants

La rĂ©ponse aux bĂȘtabloquants est variable. Les patients prĂ©sentant une maladie obstructive fixe concomitante et un angor d’effort peuvent en tirer bĂ©nĂ©fice, car le blocage bĂȘta-adrĂ©nergique peut rĂ©duire la demande myocardique en oxygĂšne. À l’inverse, les bĂȘtabloquants non sĂ©lectifs peuvent aggraver le spasme en bloquant la vasodilatation coronaire mĂ©diĂ©e par les rĂ©cepteurs bĂȘta2 et en laissant s’exprimer sans opposition la vasoconstriction mĂ©diĂ©e par les rĂ©cepteurs alpha.

L’utilisation des bĂȘtabloquants dans l’AV isolĂ© exige donc une prudence particuliĂšre, et le document source ne prĂ©cise ni agent privilĂ©giĂ© ni dose spĂ©cifique.

Autres antiangineux

Le cilostazol et le nicorandil peuvent prĂ©venir les rĂ©cidives. Selon le document source, le nicorandil n’est pas disponible aux États-Unis. Aucune dose spĂ©cifique n’est fournie.

Revascularisation

Une ICP, et parfois un pontage aortocoronarien, peut ĂȘtre envisagĂ©e lorsque l’AV coexiste avec une lĂ©sion obstructive fixe, proximale, bien dĂ©limitĂ©e, limitant le dĂ©bit coronaire. La revascularisation est contre-indiquĂ©e en cas de spasme coronaire isolĂ© sans maladie obstructive fixe associĂ©e, car l’intervention ne traite pas le trouble vasomoteur dynamique sous-jacent.

Défibrillateur automatique implantable

Les patients ayant présenté une fibrillation ventriculaire liée à une ischémie malgré un traitement médical maximal doivent recevoir un défibrillateur automatique implantable (DAI). Cette indication est particuliÚrement pertinente lorsque les épisodes ischémiques récidivants persistent malgré le traitement ciblant le spasme coronaire.

Recommandations des sociétés savantes

Les principales recommandations contenues dans le document source sont résumées ci-dessous.

Situation clinique Recommandation Classe Niveau
AV suspectĂ© RĂ©aliser un ECG de repos Ă  12 dĂ©rivations pendant l’angor I C
AV suspectĂ© avec angor de repos rĂ©pĂ©titif et modifications transitoires du segment ST se corrigeant sous dĂ©rivĂ©s nitrĂ©s et/ou antagonistes calciques RĂ©aliser une angiographie fonctionnelle invasive afin de confirmer le diagnostic et d’évaluer la maladie athĂ©rosclĂ©reuse sous-jacente I C
AV isolĂ© Utiliser des antagonistes calciques pour contrĂŽler les symptĂŽmes et prĂ©venir l’ischĂ©mie ainsi que les complications potentiellement fatales I A
SymptĂŽmes persistants avec ANOCA/INOCA suspectĂ©e et qualitĂ© de vie altĂ©rĂ©e malgrĂ© le traitement mĂ©dical Envisager des explorations fonctionnelles coronaires invasives afin d’identifier des endotypes accessibles Ă  un traitement et d’amĂ©liorer les symptĂŽmes et la qualitĂ© de vie, en tenant compte des prĂ©fĂ©rences du patient I B
Spasme coronaire suspectĂ© comme cause d’une fibrillation ventriculaire en l’absence de maladie coronaire obstructive ou de cardiomyopathie RĂ©aliser un test par doses croissantes d’acĂ©tylcholine ou d’ergonovine intracoronaire Non prĂ©cisĂ© dans le document source Non prĂ©cisĂ©

Les tests de provocation par acĂ©tylcholine, ergonovine ou hyperventilation sont destinĂ©s Ă  des patients correctement sĂ©lectionnĂ©s, sans maladie coronaire obstructive, chez lesquels un AV est suspectĂ© mais non confirmĂ©. En cas de MINOCA avec anomalies vasomotrices suspectĂ©es, les recommandations prĂ©conisent les tests de provocation afin d’établir la cause et d’orienter le traitement.

Stratégie de prise en charge aiguë et au long cours

La prise en charge doit associer le traitement de la crise aiguë, la suppression des récidives de spasme, la correction des facteurs déclenchants et la recherche de complications.

Une approche intégrée comprend :

  • La reconnaissance du syndrome caractĂ©ristique de douleur de repos et la rĂ©alisation d’un ECG pendant les symptĂŽmes.

  • L’administration rapide de dĂ©rivĂ©s nitrĂ©s lors d’un Ă©pisode aigu.

  • L’instauration d’un traitement par antagonistes calciques comme stratĂ©gie prĂ©ventive principale.

  • Des conseils appuyĂ©s de sevrage tabagique.

  • La réévaluation des mĂ©dicaments et expositions potentiellement dĂ©clenchants.

  • Une Ă©valuation coronarographique lorsque cela est indiquĂ© afin de caractĂ©riser Ă  la fois le spasme et la maladie coronaire fixe.

  • La rĂ©alisation sĂ©lective de tests de provocation lorsque le diagnostic est incertain et qu’il n’existe pas de maladie coronaire obstructive.

  • La recherche d’arythmies ventriculaires, notamment chez les patients prĂ©sentant une syncope, une tachycardie ventriculaire documentĂ©e ou une fibrillation ventriculaire.

  • La revascularisation uniquement lorsqu’une lĂ©sion fixe discrĂšte et limitant le dĂ©bit coexiste avec l’AV.

  • L’implantation d’un DAI chez les patients prĂ©sentant une fibrillation ventriculaire liĂ©e Ă  l’ischĂ©mie malgrĂ© un traitement mĂ©dical maximal.

Pronostic et suivi

L’AV prĂ©sente souvent une phase active au cours des six premiers mois suivant sa prĂ©sentation, pĂ©riode pendant laquelle l’angor et les Ă©vĂ©nements cardiaques peuvent ĂȘtre frĂ©quents. Les symptĂŽmes et les Ă©vĂ©nements peuvent ensuite diminuer, bien qu’une activitĂ© vasospastique rĂ©cidivante puisse rĂ©apparaĂźtre aprĂšs des mois ou des annĂ©es de relative quiescence. Ces rĂ©cidives rĂ©pondent gĂ©nĂ©ralement Ă  la reprise ou Ă  l’intensification du traitement par antagonistes calciques.

La survie Ă  cinq ans est rapportĂ©e Ă  environ 90–95 %, mais un infarctus du myocarde survient chez jusqu’à 20 % des patients. Le pronostic est plus favorable en l’absence d’obstruction coronaire fixe ou en prĂ©sence d’une obstruction lĂ©gĂšre, et moins favorable lorsque des lĂ©sions obstructives sĂ©vĂšres coexistent. Le rythme d’évolution du syndrome ainsi que l’étendue et la sĂ©vĂ©ritĂ© de la maladie coronaire sous-jacente influencent fortement la mortalitĂ© tardive et le risque d’infarctus.

Les patients qui dĂ©veloppent des arythmies graves lors de crises spontanĂ©es prĂ©sentent un risque accru de mort subite d’origine cardiaque. Ce groupe nĂ©cessite un suivi particuliĂšrement attentif, une Ă©valuation des rĂ©cidives d’ischĂ©mie et d’arythmie, ainsi que la discussion d’un traitement par DAI lorsque la fibrillation ventriculaire persiste malgrĂ© un traitement mĂ©dical maximal.

Le suivi doit comporter une réévaluation des éléments suivants :

  • RĂ©cidive d’un angor de repos ou de symptĂŽmes nocturnes regroupĂ©s.

  • Observance du traitement par antagonistes calciques.

  • Statut tabagique.

  • Exposition Ă  des facteurs pharmacologiques potentiellement dĂ©clenchants.

  • Signes de maladie coronaire fixe et de sa progression.

  • Syncope, palpitations, tachycardie ventriculaire ou fibrillation ventriculaire.

  • NĂ©cessitĂ© de rĂ©pĂ©ter l’évaluation diagnostique si les symptĂŽmes rĂ©apparaissent aprĂšs une longue pĂ©riode de quiescence.

Les rĂ©sultats cliniques sont particuliĂšrement favorables en cas de spasme coronaire isolĂ© sans maladie coronaire significative, bien que l’angor puisse rester frĂ©quent. Une rĂ©cidive pouvant survenir aprĂšs une pĂ©riode sans symptĂŽmes, une surveillance clinique prolongĂ©e reste appropriĂ©e, mĂȘme aprĂšs une rĂ©mission apparente.

Auteurs

EBM AI
Evidensbaserad AI-agent

Mis à jour 7 août 2026