Définition et physiopathologie
Lâangor vasospastique (AV), anciennement appelĂ© angor de Prinzmetal ou angor variant, est une ischĂ©mie myocardique provoquĂ©e par une vasoconstriction anormale transitoire dâune ou de plusieurs artĂšres coronaires. Le spasme Ă©picardique entraĂźne une occlusion fonctionnelle rĂ©versible et provoque gĂ©nĂ©ralement une ischĂ©mie transmurale. Les anomalies de la fonction ventriculaire gauche qui en rĂ©sultent peuvent entraĂźner un infarctus du myocarde, une tachycardie ventriculaire, une fibrillation ventriculaire ou une mort subite dâorigine cardiaque.
Le spasme peut toucher les artĂšres coronaires Ă©picardiques, la microvascularisation coronaire, ou les deux. Lâangor Ă©picardique et lâangor microvasculaire peuvent coexister, et cette association est liĂ©e Ă un pronostic plus dĂ©favorable. LâAV peut survenir en prĂ©sence dâune maladie coronaire obstructive, sur des artĂšres coronaires non obstructives ou chez des patients prĂ©sentant des lĂ©sions intermĂ©diaires nâentraĂźnant pas de limitation physiologiquement significative du dĂ©bit.
Les mĂ©canismes sont incomplĂštement dĂ©finis. Parmi les facteurs proposĂ©s figurent une hypercontractilitĂ© ou une hypersensibilitĂ© du muscle lisse vasculaire coronaire aux stimuli vasoconstricteurs, notamment les agonistes adrĂ©nergiques, les leucotriĂšnes et la sĂ©rotonine. Chez les patients atteints de maladie coronaire, une altĂ©ration endothĂ©liale peut transformer les rĂ©ponses vasodilatatrices normales en vasoconstriction ; toutefois, la seule dysfonction endothĂ©liale ne suffit pas et un facteur dĂ©clenchant supplĂ©mentaire est nĂ©cessaire. Les dĂ©clencheurs potentiels comprennent la formation dâun thrombus et lâactivation sympathique. La Rho kinase peut accroĂźtre la sensibilitĂ© du muscle lisse vasculaire au calcium en inhibant lâactivitĂ© de la myosine phosphatase.
Les patients atteints dâAV sont gĂ©nĂ©ralement plus jeunes que ceux prĂ©sentant des syndromes coronariens aigus sans sus-dĂ©calage du segment ST dâorigine athĂ©rosclĂ©reuse. Le tabagisme est une association frĂ©quente, tandis que les autres facteurs de risque coronarien conventionnels peuvent ĂȘtre absents. Lâaffection est plus frĂ©quente au Japon et en CorĂ©e du Sud que dans les populations occidentales, et les spasmes pluritronculaires lors des tests de provocation sont Ă©galement rapportĂ©s plus frĂ©quemment dans les populations dâAsie de lâEst.
LâAV peut sâinscrire dans le cadre dâun syndrome vasospastique plus gĂ©nĂ©ralisĂ© associĂ© Ă une migraine ou Ă un phĂ©nomĂšne de Raynaud. Des associations ont Ă©galement Ă©tĂ© dĂ©crites avec lâasthme induit par lâaspirine, le 5-fluorouracile et le cyclophosphamide. Les dĂ©rivĂ©s de lâergot utilisĂ©s dans la migraine et les antagonistes de la sĂ©rotonine utilisĂ©s dans la dĂ©pression peuvent dĂ©clencher des Ă©pisodes.
Présentation clinique et symptÎmes
Le symptĂŽme caractĂ©ristique est un angor intense survenant au repos. Les Ă©pisodes surviennent frĂ©quemment entre minuit et 8 heures du matin et peuvent sâaccompagner dâun sus-dĂ©calage transitoire du segment ST. Les symptĂŽmes peuvent ĂȘtre spectaculaires, mais de nombreux Ă©pisodes sont cliniquement silencieux et ne sont dĂ©tectĂ©s que par une surveillance Ă©lectrocardiographique.
Une syncope peut rĂ©sulter dâun bloc auriculoventriculaire transitoire, dâune asystolie ou dâune tachycardie ventriculaire. Un spasme prolongĂ© peut provoquer un infarctus aigu du myocarde, notamment un infarctus du myocarde avec artĂšres coronaires non obstructives (MINOCA). La fibrillation ventriculaire et la mort subite dâorigine cardiaque sont des complications potentielles importantes.
Environ un tiers des patients peuvent prĂ©senter une obstruction coronaire fixe sĂ©vĂšre. Ces patients peuvent avoir un syndrome mixte, associant un angor dâeffort et un sous-dĂ©calage du segment ST liĂ©s Ă la maladie coronaire fixe, ainsi quâun angor de repos et un sus-dĂ©calage du segment ST provoquĂ©s par le spasme.
Lâabsence de maladie obstructive indique gĂ©nĂ©ralement une Ă©volution plus favorable que lâAV associĂ© Ă des lĂ©sions fixes sĂ©vĂšres. NĂ©anmoins, les patients qui dĂ©veloppent des arythmies graves lors dâĂ©pisodes spontanĂ©s constituent un sous-groupe Ă plus haut risque.
Ăvaluation et examen clinique
Lâexamen cardiaque est gĂ©nĂ©ralement normal lorsque le patient ne prĂ©sente pas dâischĂ©mie. Une minoritĂ© de patients prĂ©sentent des signes cliniques de vasospasme systĂ©mique, notamment une migraine ou un phĂ©nomĂšne de Raynaud.
LâanamnĂšse doit prĂ©ciser :
Si les crises surviennent au repos, notamment pendant la nuit ou au petit matin.
La sévérité, la durée, le regroupement et la reproductibilité des symptÎmes.
La prĂ©sence dâune syncope ou de palpitations associĂ©es, pouvant indiquer une bradyarythmie ou une tachyarythmie ventriculaire.
Lâexposition au tabac.
Les symptĂŽmes ou diagnostics Ă©vocateurs dâune migraine ou dâun phĂ©nomĂšne de Raynaud.
Lâexposition Ă des facteurs pharmacologiques potentiellement dĂ©clenchants, notamment les dĂ©rivĂ©s de lâergot, les antagonistes de la sĂ©rotonine, le 5-fluorouracile et le cyclophosphamide.
Les antĂ©cĂ©dents dâinfarctus du myocarde, de fibrillation ventriculaire documentĂ©e ou de maladie coronaire obstructive connue.
Un ECG de repos Ă 12 dĂ©rivations doit ĂȘtre rĂ©alisĂ© pendant un Ă©pisode dâangor chaque fois que cela est possible. Comme de nombreux Ă©pisodes sont silencieux ou intermittents, des rĂ©sultats normaux entre les crises nâexcluent pas un AV.
CritĂšres diagnostiques
Le cadre diagnostique COVADIS intĂšgre trois domaines :
Angor sensible aux dérivés nitrés, notamment lors des épisodes spontanés.
Modifications ischĂ©miques transitoires de lâECG, caractĂ©risĂ©es par un sus-dĂ©calage ou un sous-dĂ©calage du segment ST dâau moins 0.1 mV.
DĂ©monstration dâun spasme coronaire, dĂ©fini comme une occlusion coronaire transitoire survenant avec un angor et des modifications de lâECG, spontanĂ©ment ou aprĂšs un stimulus provocateur.
Le diagnostic dĂ©finitif est confortĂ© lorsque le syndrome clinique, lâanomalie transitoire de lâECG et les signes angiographiques de spasme sont concordants. Chez les patients prĂ©sentant des symptĂŽmes compatibles et des modifications transitoires caractĂ©ristiques de lâECG, une angiographie fonctionnelle invasive est utilisĂ©e pour confirmer le diagnostic et Ă©valuer la sĂ©vĂ©ritĂ© de la maladie athĂ©rosclĂ©reuse associĂ©e.
Examens diagnostiques
Ălectrocardiographie
Lâanomalie Ă©lectrocardiographique essentielle est un sus-dĂ©calage Ă©pisodique du segment ST lors de douleurs de repos. Les modifications du segment ST peuvent survenir dans toutes les dĂ©rivations, selon lâartĂšre coronaire atteinte. Un sous-dĂ©calage transitoire du segment ST peut Ă©galement ĂȘtre observĂ©, notamment en cas de spasme microvasculaire ou de maladie obstructive fixe.
Un ECG de repos Ă 12 dĂ©rivations rĂ©alisĂ© pendant lâangor est recommandĂ© chez les patients chez lesquels un AV est suspectĂ©. Comme les Ă©pisodes asymptomatiques sont frĂ©quents, une surveillance ECG ambulatoire peut identifier des Ă©pisodes cliniquement silencieux, bien que le document source ne fournisse pas de protocoles spĂ©cifiques de surveillance.
Une dispersion accrue de lâintervalle QT a Ă©tĂ© dĂ©crite comme un marqueur associĂ© au risque de mort subite dâorigine cardiaque.
Coronarographie
La mise en Ă©vidence dâun spasme coronaire transitoire lors dâune coronarographie constitue le signe diagnostique cardinal. La coronarographie peut montrer :
Un rétrécissement transitoire focal ou diffus.
Un spasme dâune ou de plusieurs artĂšres Ă©picardiques.
Des plaques athéroscléreuses fixes, présentes chez environ la moitié des patients dans certaines séries.
Des lésions obstructives proximales sévÚres chez un sous-groupe important.
Le spasme est rĂ©versible aprĂšs administration de dĂ©rivĂ©s nitrĂ©s. La coronarographie est donc importante non seulement pour documenter lâobstruction dynamique, mais aussi pour caractĂ©riser la maladie coronaire fixe, ce qui a des implications majeures pour le pronostic et le traitement.
Ăvaluation fonctionnelle coronaire invasive
Une angiographie fonctionnelle invasive est recommandée chez les patients chez lesquels un AV est suspecté, qui présentent un angor de repos répétitif et des modifications transitoires du segment ST se corrigeant sous dérivés nitrés ou antagonistes calciques, sans confirmation diagnostique claire.
Chez les patients prĂ©sentant des symptĂŽmes persistants et chez lesquels une ANOCA ou une INOCA est suspectĂ©e, les explorations fonctionnelles coronaires invasives peuvent identifier des endotypes vasomoteurs coronaires accessibles Ă un traitement et amĂ©liorer la prise en charge orientĂ©e vers les symptĂŽmes. Les explorations peuvent comprendre lâĂ©valuation de :
Un spasme coronaire épicardique.
Un spasme microvasculaire.
La réserve coronaire de débit.
Les résistances microcirculatoires.
La fraction de réserve du débit.
Chez les patients prĂ©sentant un infarctus du myocarde avec artĂšres coronaires non obstructives et chez lesquels des anomalies vasomotrices coronaires sont suspectĂ©es, les tests de provocation sont recommandĂ©s afin dâĂ©tablir la cause, dâidentifier un sous-groupe Ă plus haut risque et dâorienter le traitement.
Tests de provocation
Les tests de provocation doivent ĂȘtre rĂ©alisĂ©s de maniĂšre sĂ©lective. Ils sont destinĂ©s aux patients chez lesquels un AV est suspectĂ© mais non encore confirmĂ© et qui ne prĂ©sentent pas de maladie coronaire obstructive. Ils sont Ă©galement pertinents chez certains patients prĂ©sentant un MINOCA et chez lesquels des anomalies vasomotrices coronaires sont suspectĂ©es.
Les méthodes de provocation établies sont les suivantes :
Acétylcholine intracoronaire.
Ergonovine intracoronaire.
Test dâhyperventilation.
LâacĂ©tylcholine intracoronaire est la mĂ©thode la mieux Ă©tablie pour explorer la fonction vasomotrice coronaire dĂ©pendante de lâendothĂ©lium. Des doses croissantes dâacĂ©tylcholine ou dâergonovine intracoronaire peuvent Ă©galement ĂȘtre utilisĂ©es lorsquâun spasme coronaire est recherchĂ© comme cause dâune fibrillation ventriculaire en lâabsence de maladie coronaire obstructive ou de cardiomyopathie.
Un test positif met en Ă©vidence un spasme transitoire associĂ© Ă un angor et Ă des modifications correspondantes de lâECG. Les tests de provocation ont Ă©tĂ© dĂ©crits comme sĂ»rs chez des patients correctement sĂ©lectionnĂ©s, sans athĂ©rosclĂ©rose coronaire obstructive, et peuvent rĂ©vĂ©ler un sous-groupe Ă haut risque.
RĂŽle clinique et limites des tests de provocation
Les tests de provocation ne doivent pas ĂȘtre utilisĂ©s sans discernement. Le document source en prĂ©conise spĂ©cifiquement lâutilisation lorsque :
Les symptĂŽmes sont compatibles avec un AV, mais le diagnostic nâest pas confirmĂ©.
Une maladie coronaire obstructive a été exclue ou est absente.
Un MINOCA sâaccompagne dâune dysfonction vasomotrice coronaire suspectĂ©e.
Une fibrillation ventriculaire est survenue en lâabsence de maladie coronaire obstructive ou de cardiomyopathie et quâun spasme coronaire est une cause possible.
La principale valeur clinique rĂ©side dans la clarification diagnostique et dans le choix du traitement en fonction de la physiopathologie sous-jacente. Les tests peuvent Ă©galement diffĂ©rencier un spasme Ă©picardique dâune dysfonction microvasculaire lorsquâils sont associĂ©s Ă une Ă©valuation invasive de la fonction coronaire.
Biomarqueurs et résultats biologiques
Le document source ne prĂ©cise pas de profil caractĂ©ristique de biomarqueurs ni de test biologique spĂ©cifique de lâAV. Un spasme prolongĂ© peut entraĂźner un infarctus aigu du myocarde, auquel cas les biomarqueurs de lĂ©sion myocardique peuvent ĂȘtre Ă©levĂ©s, mais aucun seuil spĂ©cifique ni aucune stratĂ©gie biologique ne sont fournis.
Traitement et prise en charge
Traitement immĂ©diat dâun Ă©pisode
La nitroglycĂ©rine administrĂ©e par voie sublinguale ou intraveineuse soulage gĂ©nĂ©ralement rapidement le spasme coronaire et lâangor. Le document source ne fournit pas de dose sublinguale spĂ©cifique pour lâAV.
Le traitement prolongĂ© par dĂ©rivĂ©s nitrĂ©s est moins fiable, car la tolĂ©rance aux dĂ©rivĂ©s nitrĂ©s limite leur efficacitĂ©. Les dĂ©rivĂ©s nitrĂ©s peuvent donc ĂȘtre utiles pour le soulagement aigu, mais ne doivent pas ĂȘtre considĂ©rĂ©s comme le principal traitement prĂ©ventif au long cours.
Antagonistes calciques
Les antagonistes calciques sont le traitement de rĂ©fĂ©rence. Ils sont recommandĂ©s dans lâAV isolĂ© afin de contrĂŽler les symptĂŽmes, de prĂ©venir les rĂ©cidives ischĂ©miques et de rĂ©duire le risque de complications potentiellement fatales.
Le document source ne prĂ©cise pas les antagonistes calciques Ă utiliser, leurs doses, les schĂ©mas de titration ni les associations. Le traitement doit donc ĂȘtre individualisĂ© en fonction du contrĂŽle des symptĂŽmes et de la tolĂ©rance.
Sevrage tabagique
Le sevrage tabagique constitue un Ă©lĂ©ment central de la prise en charge. Il convient de recommander fermement aux patients atteints dâAV dâarrĂȘter de fumer. La rĂ©mission est plus frĂ©quente chez les patients qui cessent de fumer.
Statines
Le traitement par statines a Ă©tĂ© associĂ© Ă une rĂ©duction des Ă©vĂ©nements cardiovasculaires indĂ©sirables majeurs chez les patients atteints dâAV. Le mĂ©canisme nâest pas Ă©tabli, mais il pourrait impliquer la prĂ©vention de lâapparition ou de la progression des plaques, ainsi que des effets potentiellement bĂ©nĂ©fiques sur la dysfonction endothĂ©liale, lâinflammation et la voie de la Rho kinase.
Le document source ne précise ni la statine à choisir ni sa dose.
Aspirine
Lâaspirine ne doit pas ĂȘtre utilisĂ©e systĂ©matiquement dans lâAV isolĂ©. Elle peut aggraver les Ă©pisodes ischĂ©miques, probablement parce que des modifications relativement faibles de la synthĂšse de la prostacycline peuvent influencer le tonus coronaire. Lâaspirine doit ĂȘtre rĂ©servĂ©e aux patients prĂ©sentant une stĂ©nose coronaire significative ou une autre indication claire liĂ©e Ă une maladie athĂ©rosclĂ©reuse importante.
BĂȘtabloquants
La rĂ©ponse aux bĂȘtabloquants est variable. Les patients prĂ©sentant une maladie obstructive fixe concomitante et un angor dâeffort peuvent en tirer bĂ©nĂ©fice, car le blocage bĂȘta-adrĂ©nergique peut rĂ©duire la demande myocardique en oxygĂšne. Ă lâinverse, les bĂȘtabloquants non sĂ©lectifs peuvent aggraver le spasme en bloquant la vasodilatation coronaire mĂ©diĂ©e par les rĂ©cepteurs bĂȘta2 et en laissant sâexprimer sans opposition la vasoconstriction mĂ©diĂ©e par les rĂ©cepteurs alpha.
Lâutilisation des bĂȘtabloquants dans lâAV isolĂ© exige donc une prudence particuliĂšre, et le document source ne prĂ©cise ni agent privilĂ©giĂ© ni dose spĂ©cifique.
Autres antiangineux
Le cilostazol et le nicorandil peuvent prĂ©venir les rĂ©cidives. Selon le document source, le nicorandil nâest pas disponible aux Ătats-Unis. Aucune dose spĂ©cifique nâest fournie.
Revascularisation
Une ICP, et parfois un pontage aortocoronarien, peut ĂȘtre envisagĂ©e lorsque lâAV coexiste avec une lĂ©sion obstructive fixe, proximale, bien dĂ©limitĂ©e, limitant le dĂ©bit coronaire. La revascularisation est contre-indiquĂ©e en cas de spasme coronaire isolĂ© sans maladie obstructive fixe associĂ©e, car lâintervention ne traite pas le trouble vasomoteur dynamique sous-jacent.
Défibrillateur automatique implantable
Les patients ayant présenté une fibrillation ventriculaire liée à une ischémie malgré un traitement médical maximal doivent recevoir un défibrillateur automatique implantable (DAI). Cette indication est particuliÚrement pertinente lorsque les épisodes ischémiques récidivants persistent malgré le traitement ciblant le spasme coronaire.
Recommandations des sociétés savantes
Les principales recommandations contenues dans le document source sont résumées ci-dessous.
| Situation clinique | Recommandation | Classe | Niveau |
|---|---|---|---|
| AV suspectĂ© | RĂ©aliser un ECG de repos Ă 12 dĂ©rivations pendant lâangor | I | C |
| AV suspectĂ© avec angor de repos rĂ©pĂ©titif et modifications transitoires du segment ST se corrigeant sous dĂ©rivĂ©s nitrĂ©s et/ou antagonistes calciques | RĂ©aliser une angiographie fonctionnelle invasive afin de confirmer le diagnostic et dâĂ©valuer la maladie athĂ©rosclĂ©reuse sous-jacente | I | C |
| AV isolĂ© | Utiliser des antagonistes calciques pour contrĂŽler les symptĂŽmes et prĂ©venir lâischĂ©mie ainsi que les complications potentiellement fatales | I | A |
| SymptĂŽmes persistants avec ANOCA/INOCA suspectĂ©e et qualitĂ© de vie altĂ©rĂ©e malgrĂ© le traitement mĂ©dical | Envisager des explorations fonctionnelles coronaires invasives afin dâidentifier des endotypes accessibles Ă un traitement et dâamĂ©liorer les symptĂŽmes et la qualitĂ© de vie, en tenant compte des prĂ©fĂ©rences du patient | I | B |
| Spasme coronaire suspectĂ© comme cause dâune fibrillation ventriculaire en lâabsence de maladie coronaire obstructive ou de cardiomyopathie | RĂ©aliser un test par doses croissantes dâacĂ©tylcholine ou dâergonovine intracoronaire | Non prĂ©cisĂ© dans le document source | Non prĂ©cisĂ© |
Les tests de provocation par acĂ©tylcholine, ergonovine ou hyperventilation sont destinĂ©s Ă des patients correctement sĂ©lectionnĂ©s, sans maladie coronaire obstructive, chez lesquels un AV est suspectĂ© mais non confirmĂ©. En cas de MINOCA avec anomalies vasomotrices suspectĂ©es, les recommandations prĂ©conisent les tests de provocation afin dâĂ©tablir la cause et dâorienter le traitement.
Stratégie de prise en charge aiguë et au long cours
La prise en charge doit associer le traitement de la crise aiguë, la suppression des récidives de spasme, la correction des facteurs déclenchants et la recherche de complications.
Une approche intégrée comprend :
La reconnaissance du syndrome caractĂ©ristique de douleur de repos et la rĂ©alisation dâun ECG pendant les symptĂŽmes.
Lâadministration rapide de dĂ©rivĂ©s nitrĂ©s lors dâun Ă©pisode aigu.
Lâinstauration dâun traitement par antagonistes calciques comme stratĂ©gie prĂ©ventive principale.
Des conseils appuyés de sevrage tabagique.
La réévaluation des médicaments et expositions potentiellement déclenchants.
Une évaluation coronarographique lorsque cela est indiqué afin de caractériser à la fois le spasme et la maladie coronaire fixe.
La rĂ©alisation sĂ©lective de tests de provocation lorsque le diagnostic est incertain et quâil nâexiste pas de maladie coronaire obstructive.
La recherche dâarythmies ventriculaires, notamment chez les patients prĂ©sentant une syncope, une tachycardie ventriculaire documentĂ©e ou une fibrillation ventriculaire.
La revascularisation uniquement lorsquâune lĂ©sion fixe discrĂšte et limitant le dĂ©bit coexiste avec lâAV.
Lâimplantation dâun DAI chez les patients prĂ©sentant une fibrillation ventriculaire liĂ©e Ă lâischĂ©mie malgrĂ© un traitement mĂ©dical maximal.
Pronostic et suivi
LâAV prĂ©sente souvent une phase active au cours des six premiers mois suivant sa prĂ©sentation, pĂ©riode pendant laquelle lâangor et les Ă©vĂ©nements cardiaques peuvent ĂȘtre frĂ©quents. Les symptĂŽmes et les Ă©vĂ©nements peuvent ensuite diminuer, bien quâune activitĂ© vasospastique rĂ©cidivante puisse rĂ©apparaĂźtre aprĂšs des mois ou des annĂ©es de relative quiescence. Ces rĂ©cidives rĂ©pondent gĂ©nĂ©ralement Ă la reprise ou Ă lâintensification du traitement par antagonistes calciques.
La survie Ă cinq ans est rapportĂ©e Ă environ 90â95 %, mais un infarctus du myocarde survient chez jusquâĂ 20 % des patients. Le pronostic est plus favorable en lâabsence dâobstruction coronaire fixe ou en prĂ©sence dâune obstruction lĂ©gĂšre, et moins favorable lorsque des lĂ©sions obstructives sĂ©vĂšres coexistent. Le rythme dâĂ©volution du syndrome ainsi que lâĂ©tendue et la sĂ©vĂ©ritĂ© de la maladie coronaire sous-jacente influencent fortement la mortalitĂ© tardive et le risque dâinfarctus.
Les patients qui dĂ©veloppent des arythmies graves lors de crises spontanĂ©es prĂ©sentent un risque accru de mort subite dâorigine cardiaque. Ce groupe nĂ©cessite un suivi particuliĂšrement attentif, une Ă©valuation des rĂ©cidives dâischĂ©mie et dâarythmie, ainsi que la discussion dâun traitement par DAI lorsque la fibrillation ventriculaire persiste malgrĂ© un traitement mĂ©dical maximal.
Le suivi doit comporter une réévaluation des éléments suivants :
RĂ©cidive dâun angor de repos ou de symptĂŽmes nocturnes regroupĂ©s.
Observance du traitement par antagonistes calciques.
Statut tabagique.
Exposition à des facteurs pharmacologiques potentiellement déclenchants.
Signes de maladie coronaire fixe et de sa progression.
Syncope, palpitations, tachycardie ventriculaire ou fibrillation ventriculaire.
NĂ©cessitĂ© de rĂ©pĂ©ter lâĂ©valuation diagnostique si les symptĂŽmes rĂ©apparaissent aprĂšs une longue pĂ©riode de quiescence.
Les rĂ©sultats cliniques sont particuliĂšrement favorables en cas de spasme coronaire isolĂ© sans maladie coronaire significative, bien que lâangor puisse rester frĂ©quent. Une rĂ©cidive pouvant survenir aprĂšs une pĂ©riode sans symptĂŽmes, une surveillance clinique prolongĂ©e reste appropriĂ©e, mĂȘme aprĂšs une rĂ©mission apparente.