đŸš« Angor microvasculaire et INOCA : diagnostic par la CFR et l’IMR

Sommaire (22)

Définition et physiopathologie

L’angor avec artĂšres coronaires non obstructives (ANOCA) dĂ©signe des symptĂŽmes angineux chez des patients dont les artĂšres coronaires Ă©picardiques sont normales ou ne prĂ©sentent pas de maladie obstructive. L’ischĂ©mie avec artĂšres coronaires non obstructives (INOCA) dĂ©signe le sous-groupe chez lequel une ischĂ©mie myocardique objective est dĂ©montrĂ©e. L’ANOCA peut ĂȘtre observĂ© chez jusqu’à 70 % des patients soumis Ă  une coronarographie invasive, tandis qu’une ischĂ©mie documentĂ©e est prĂ©sente chez environ 25 % d’entre eux. Parmi les patients adressĂ©s pour une coronarographie invasive, l’ANOCA/INOCA est plus frĂ©quente chez les femmes, touchant environ 50–70 % des femmes contre 30–50 % des hommes.

L’angor microvasculaire (AMV) correspond Ă  une ischĂ©mie myocardique due Ă  des anomalies structurelles ou fonctionnelles de la microcirculation coronaire. Ces anomalies peuvent altĂ©rer la rĂ©serve coronaire de dĂ©bit (CFR), rĂ©duire la conductance microcirculatoire ou provoquer une vasoconstriction anormale des artĂ©rioles coronaires. Les mĂ©canismes structurels et fonctionnels peuvent coexister.

Le cadre diagnostique formel de l’AMV comporte quatre Ă©lĂ©ments :

  • SymptĂŽmes Ă©vocateurs d’une ischĂ©mie myocardique.

  • Preuves objectives d’une ischĂ©mie myocardique.

  • Absence de maladie coronaire obstructive, dĂ©finie par l’absence de stĂ©nose entraĂźnant une rĂ©duction du diamĂštre supĂ©rieure Ă  50 % et/ou par une FFR >0.80.

  • Mise en Ă©vidence d’une rĂ©duction de la CFR et/ou d’un spasme microvasculaire inductible.

La circulation microvasculaire ne peut pas ĂȘtre visualisĂ©e directement in vivo chez l’ĂȘtre humain. Le diagnostic repose donc sur une Ă©valuation fonctionnelle. La dysfonction microvasculaire coronaire (DMC) est caractĂ©risĂ©e de maniĂšre invasive par une rĂ©duction de la CFR et une augmentation des rĂ©sistances microvasculaires, mesurĂ©es par l’index de rĂ©sistance de la microcirculation (IMR), la rĂ©sistance microvasculaire hyperĂ©mique (HMR) ou la rĂ©serve de rĂ©sistance microvasculaire (MRR).

Endotypes microvasculaires

Deux grands profils de DMC ont été décrits :

  • DMC fonctionnelle : le tonus vasculaire au repos est gĂ©nĂ©ralement normal, mais l’augmentation du dĂ©bit coronaire au cours du stress est insuffisante.

  • DMC structurelle : le tonus vasculaire au repos est augmentĂ©, ce qui peut traduire une rarĂ©faction capillaire, une fibrose ou une hypertrophie ventriculaire gauche. L’hypertension, le diabĂšte et un taux Ă©levĂ© de NT-proBNP sont plus frĂ©quents dans ce profil.

La dysfonction endothĂ©liale peut contribuer aux troubles vasomoteurs microvasculaires et Ă©picardiques. L’activation endothĂ©liale peut favoriser la libĂ©ration de molĂ©cules d’adhĂ©sion, de cytokines inflammatoires et de mĂ©diateurs vasoconstricteurs, entraĂźnant des rĂ©ponses vasculaires anormales et pouvant augmenter le risque ultĂ©rieur de maladie coronaire obstructive.

L’ANOCA/INOCA est hĂ©tĂ©rogĂšne. Les mĂ©canismes potentiels comprennent :

  • la DMC ;

  • le spasme coronaire Ă©picardique ;

  • le spasme microvasculaire ;

  • la dysfonction endothĂ©liale ;

  • une athĂ©rosclĂ©rose diffuse occulte ;

  • un pont myocardique ;

  • des anomalies du mĂ©tabolisme myocardique ; et

  • une perception anormale de la douleur chez les patients sans ischĂ©mie dĂ©montrable.

L’absence de maladie obstructive ne permet donc pas de conclure Ă  un diagnostic bĂ©nin. L’ANOCA/INOCA est associĂ©e Ă  des symptĂŽmes rĂ©currents, Ă  une altĂ©ration de la qualitĂ© de vie, Ă  des recours rĂ©pĂ©tĂ©s Ă  l’hĂŽpital et Ă  la coronarographie, ainsi qu’à une augmentation des Ă©vĂ©nements cardiovasculaires indĂ©sirables Ă  court et Ă  long terme.

Présentation clinique et symptÎmes

Les symptĂŽmes peuvent Ă©voquer ceux d’une maladie coronaire Ă©picardique obstructive ou d’un angor vasospastique. La prĂ©sentation clinique n’est pas suffisamment spĂ©cifique pour identifier le mĂ©canisme sous-jacent. L’angor microvasculaire, vasospastique et obstructif peut produire des tableaux symptomatiques similaires.

Les patients peuvent présenter :

  • un angor d’effort ou une gĂȘne thoracique de type angineux ;

  • des symptĂŽmes Ă©vocateurs d’une ischĂ©mie myocardique malgrĂ© des artĂšres coronaires normales ou non obstructives ;

  • une dyspnĂ©e ;

  • une fatigue ; et

  • des symptĂŽmes rĂ©currents entraĂźnant une altĂ©ration de la qualitĂ© de vie.

Les femmes chez lesquelles un angor est suspectĂ© prĂ©sentent plus souvent que les hommes des symptĂŽmes non angineux tels que la dyspnĂ©e et la fatigue, ainsi qu’une prĂ©valence plus Ă©levĂ©e d’AMV. Les symptĂŽmes peuvent ĂȘtre persistants ou Ă©pisodiques et ne pas suivre le schĂ©ma classique d’un angor d’effort stable.

Un angor vasospastique doit ĂȘtre suspectĂ© en cas d’épisodes rĂ©pĂ©titifs d’angor au repos, en particulier lorsque les symptĂŽmes s’accompagnent de modifications transitoires du segment ST qui rĂ©gressent sous nitrĂ©s ou antagonistes calciques.

Le stress psychosocial a Ă©galement Ă©tĂ© associĂ© aux troubles vasomoteurs coronaires. Chez certains patients, la gĂȘne thoracique survient sans preuve objective d’ischĂ©mie et peut traduire une perception ou une sensibilitĂ© anormale Ă  la douleur.

Évaluation et examen clinique

L’évaluation clinique initiale doit dĂ©terminer si les symptĂŽmes sont Ă©vocateurs d’une ischĂ©mie myocardique et apprĂ©cier la probabilitĂ© d’une maladie coronaire Ă©picardique obstructive. Une coronarographie normale ou non obstructive n’exclut ni l’ischĂ©mie myocardique ni la DMC.

Les facteurs de risque et affections associés à la DMC comprennent :

  • le tabagisme ;

  • l’ñge avancĂ© ;

  • le diabĂšte ;

  • l’hypertension ;

  • la dyslipidĂ©mie ;

  • l’hypertrophie ventriculaire gauche ;

  • les maladies inflammatoires, notamment le lupus Ă©rythĂ©mateux systĂ©mique et la polyarthrite rhumatoĂŻde ;

  • les cardiopathies infiltratives ; et

  • le stress psychosocial.

La petite taille des vaisseaux coronaires ou la rĂ©duction du volume de la lumiĂšre coronaire peuvent Ă©galement augmenter la probabilitĂ© d’une DMC.

Les sources disponibles ne dĂ©crivent pas de signes spĂ©cifiques Ă  l’examen clinique permettant de distinguer de maniĂšre fiable l’AMV, la DMC ou l’INOCA d’une maladie coronaire obstructive. L’examen clinique contribue donc Ă  l’évaluation cardiovasculaire gĂ©nĂ©rale et Ă  l’évaluation des affections associĂ©es, mais des explorations coronaires fonctionnelles sont nĂ©cessaires pour dĂ©finir l’endotype coronaire.

Stratégie diagnostique

Reconnaissance initiale

L’association d’une ischĂ©mie myocardique Ă  l’imagerie fonctionnelle et d’artĂšres coronaires non obstructives Ă  l’angioscanner coronaire (CCTA) ou Ă  la coronarographie invasive doit faire envisager une ANOCA/INOCA.

L’évaluation de premiĂšre intention d’une suspicion de syndrome coronaire chronique doit reposer sur une imagerie anatomique ou fonctionnelle non invasive. Le CCTA est privilĂ©giĂ© pour exclure une maladie obstructive et identifier une athĂ©rosclĂ©rose coronaire non obstructive. L’imagerie fonctionnelle est utile pour corrĂ©ler les symptĂŽmes Ă  l’ischĂ©mie myocardique, estimer la viabilitĂ© myocardique et orienter la prise en charge.

En prĂ©sence d’une stĂ©nose Ă©picardique intermĂ©diaire, la seule Ă©valuation anatomique de sa sĂ©vĂ©ritĂ© ne suffit pas Ă  Ă©tablir sa signification fonctionnelle. Une FFR ou une iFR invasives doivent ĂȘtre utilisĂ©es lorsque cela est appropriĂ©. L’ANOCA/INOCA peut coexister avec une athĂ©rosclĂ©rose diffuse ou des lĂ©sions intermĂ©diaires sans signification fonctionnelle.

Évaluation non invasive de la fonction microvasculaire

Les modalités non invasives peuvent évaluer la réserve de débit coronaire ou myocardique, sans toutefois visualiser directement la microcirculation coronaire.

Modalité Mesure principale ou rÎle Principales limites
Échocardiographie Doppler transthoracique RĂ©serve de dĂ©bit coronaire, gĂ©nĂ©ralement dans l’IVA LimitĂ©e Ă  l’IVA ; variabilitĂ© inter- et intra-opĂ©rateur importante ; ne permet pas de distinguer une limitation du dĂ©bit Ă©picardique d’une limitation microvasculaire
Imagerie de perfusion myocardique par TEP ou TEP-TDM DĂ©bit sanguin myocardique absolu et rĂ©serve de dĂ©bit myocardique La valeur prĂ©dictive positive peut ĂȘtre limitĂ©e tant qu’une maladie coronaire obstructive n’a pas Ă©tĂ© exclue
IRM cardiaque de stress Perfusion myocardique et, dans les centres expĂ©rimentĂ©s, dĂ©bit sanguin myocardique quantitatif L’évaluation quantitative reste limitĂ©e aux centres expĂ©rimentĂ©s
Échocardiographie de contraste myocardique DĂ©bit sanguin capillaire et rĂ©serve de dĂ©bit sanguin myocardique Évalue le dĂ©bit capillaire et nĂ©cessite une acquisition et une analyse spĂ©cialisĂ©es
CCTA de perfusion Évaluation anatomique et fonctionnelle combinĂ©e dans des protocoles hybrides Une maladie coronaire obstructive doit ĂȘtre prise en compte lors de l’interprĂ©tation des anomalies du dĂ©bit

La TEP permet de quantifier le dĂ©bit sanguin myocardique en millilitres par minute et par gramme de myocarde. La rĂ©serve de dĂ©bit myocardique reflĂšte l’augmentation du dĂ©bit sanguin myocardique induite par une vasodilatation maximale, gĂ©nĂ©ralement obtenue avec de l’adĂ©nosine ou du rĂ©gadĂ©noson. La microcirculation Ă©tant le principal dĂ©terminant des rĂ©sistances vasculaires, la rĂ©serve de dĂ©bit myocardique fournit une Ă©valuation de la fonction vasodilatatrice des petits vaisseaux.

Une MFR infĂ©rieure Ă  2.0 est souvent considĂ©rĂ©e comme anormale en TEP, bien qu’un seuil de 2.5 ait Ă©tĂ© utilisĂ© chez les patients prĂ©sentant une maladie coronaire non obstructive. Les seuils varient selon la technique d’imagerie, et la concordance entre les modalitĂ©s n’est que modeste. En Doppler transthoracique, une CFR infĂ©rieure Ă  2.5 en cas de maladie coronaire non obstructive indique une rĂ©ponse microcirculatoire anormale. D’autres sources indiquent qu’une CFR infĂ©rieure Ă  2.0 a une faible sensibilitĂ© pour la DMC, tandis que l’utilisation d’un seuil infĂ©rieur Ă  2.5 fournit une prĂ©cision diagnostique plus acceptable.

Chez les patients prĂ©sentant une ANOCA/INOCA connue, la TEMP ou la TEP de stress, l’IRM cardiaque de stress et l’échocardiographie de stress restent les examens de premiĂšre intention, bien que leur rendement diagnostique puisse ĂȘtre limitĂ©. La rĂ©fĂ©rence actuelle pour une caractĂ©risation complĂšte de l’endotype reste l’exploration fonctionnelle coronaire invasive.

Exploration fonctionnelle coronaire invasive

Justification

Les explorations invasives constituent l’approche de rĂ©fĂ©rence pour identifier le mĂ©canisme de l’ANOCA/INOCA, car aucune technique disponible ne permet de visualiser directement la microcirculation coronaire in vivo.

Les explorations peuvent associer :

  • des mesures de pression intracoronaire ;

  • des mesures du dĂ©bit coronaire ;

  • l’évaluation de la FFR ou de l’iFR pour les lĂ©sions Ă©picardiques ;

  • la CFR ;

  • l’IMR, la HMR ou la MRR ;

  • un test Ă  l’acĂ©tylcholine pour Ă©valuer la dysfonction endothĂ©liale et le vasospasme ; et

  • l’évaluation des rĂ©ponses Ă  la nitroglycĂ©rine et Ă  l’adĂ©nosine intracoronaires.

Cette approche combinée est souvent appelée angiographie coronaire fonctionnelle.

Réserve de débit coronaire

La CFR dĂ©crit la capacitĂ© de la circulation coronaire Ă  augmenter le dĂ©bit sanguin lors d’une vasodilatation maximale. Elle peut ĂȘtre mesurĂ©e par :

  • thermodilution en bolus ;

  • thermodilution continue ; ou

  • vitesse du flux mesurĂ©e par Doppler.

En Doppler, la CFR est calculée comme le rapport entre la vitesse du flux en hyperémie et sa vitesse de base. Avec la thermodilution en bolus, elle est calculée à partir des temps de transit au repos et en hyperémie. La thermodilution continue utilise le rapport entre le débit coronaire absolu en hyperémie et au repos.

Une CFR réduite peut résulter :

  • d’une maladie microvasculaire structurelle ;

  • d’une dysfonction microvasculaire fonctionnelle ;

  • d’une dysfonction endothĂ©liale ;

  • d’une augmentation du dĂ©bit au repos ; ou

  • d’une maladie Ă©picardique coexistante.

La CFR ne doit donc pas ĂȘtre interprĂ©tĂ©e isolĂ©ment. Une valeur basse peut traduire une altĂ©ration de la capacitĂ© vasodilatatrice, une augmentation du dĂ©bit au repos, ou les deux.

Une CFR mesurĂ©e par Doppler infĂ©rieure Ă  2.5 en cas de maladie coronaire non obstructive est considĂ©rĂ©e comme anormale. Des seuils compris approximativement entre 2.0 et 2.5 ont Ă©tĂ© utilisĂ©s selon les Ă©tudes et les modalitĂ©s, mais il n’existe pas de seuil universel applicable Ă  toutes les modalitĂ©s.

Index de résistance de la microcirculation

L’IMR quantifie les rĂ©sistances microvasculaires au cours de l’hyperĂ©mie maximale. Il est calculĂ© comme le produit de la pression coronaire distale pendant l’hyperĂ©mie maximale par le temps de transit moyen en hyperĂ©mie.

Un IMR ≄25 unitĂ©s indique une DMC. L’augmentation de l’IMR est particuliĂšrement utile pour identifier une Ă©lĂ©vation des rĂ©sistances microvasculaires lorsque les stĂ©noses Ă©picardiques sont absentes ou sans signification fonctionnelle.

La thermodilution continue offre une meilleure reproductibilitĂ© que la thermodilution en bolus lors de mesures rĂ©pĂ©tĂ©es. L’IMR dĂ©rivĂ© de l’angiographie pourrait permettre une Ă©valuation sans guide de pression intracoronaire.

Autres mesures invasives des résistances

Les autres indices comprennent :

  • HMR : mesure dĂ©rivĂ©e du Doppler ; une valeur >2.5 mmHg/cm/s indique une augmentation des rĂ©sistances microvasculaires.

  • MRR : considĂ©rĂ©e comme anormale lorsqu’elle est <2.7.

  • CFR : des valeurs rĂ©duites indiquent une altĂ©ration de la capacitĂ© vasodilatatrice, mais n’identifient pas Ă  elles seules le mĂ©canisme structurel ou fonctionnel.

Un profil typique de DMC anormale est donc caractĂ©risĂ© par une rĂ©duction de la CFR et/ou une augmentation des rĂ©sistances microvasculaires, en particulier un IMR ≄25.

Test de provocation Ă  l’acĂ©tylcholine

La fonction vasomotrice Ă©picardique et microvasculaire peut ĂȘtre Ă©valuĂ©e avec de l’acĂ©tylcholine intracoronaire, administrĂ©e en bolus Ă  faible dose ou en perfusion progressive, suivie, si nĂ©cessaire, de doses ou de paliers plus Ă©levĂ©s.

Le test permet d’évaluer :

  • la dysfonction endothĂ©liale ;

  • le spasme microvasculaire ;

  • le spasme coronaire Ă©picardique ; et

  • la vasodilatation dĂ©pendante de l’endothĂ©lium.

L’IVA est gĂ©nĂ©ralement choisie car elle vascularise un territoire myocardique important. L’exploration de l’artĂšre circonflexe peut ĂȘtre appropriĂ©e lorsque l’acĂ©tylcholine est administrĂ©e dans le tronc commun coronaire gauche. Une exploration complĂ©mentaire de la coronaire droite peut ĂȘtre envisagĂ©e lorsque l’examen initial est nĂ©gatif mais que la suspicion clinique demeure Ă©levĂ©e.

L’acĂ©tylcholine peut provoquer une bradycardie cliniquement importante en raison de son effet cholinergique sur le nƓud atrioventriculaire, en particulier lorsqu’elle est administrĂ©e dans la coronaire droite ou dans une artĂšre circonflexe dominante. La bradycardie peut ĂȘtre attĂ©nuĂ©e par une administration sĂ©lective dans l’IVA, une stimulation ventriculaire prophylactique ou une rĂ©duction de la concentration ou de la dose. L’atropine peut antagoniser la rĂ©ponse bradycardisante si nĂ©cessaire.

La rĂ©ponse est rapidement rĂ©versible. La nitroglycĂ©rine intracoronaire peut lever le spasme induit par l’acĂ©tylcholine et peut Ă©galement ĂȘtre utilisĂ©e pour Ă©valuer la vasodilatation Ă©picardique indĂ©pendante de l’endothĂ©lium.

Un test positif en faveur d’un spasme Ă©picardique exige :

  • la reproduction des symptĂŽmes ;

  • des modifications ischĂ©miques de l’ECG ; et

  • une rĂ©duction angiographique du diamĂštre de la lumiĂšre coronaire de ≄90 %.

Lorsque des symptĂŽmes et des modifications ischĂ©miques de l’ECG surviennent sans constriction luminale Ă©picardique ≄90 %, le diagnostic de spasme microvasculaire est posĂ©.

Des bolus intracoronaires d’acĂ©tylcholine allant jusqu’à un maximum de 200 ”g ont Ă©tĂ© rapportĂ©s comme sĂ»rs lorsqu’ils sont administrĂ©s selon un protocole appropriĂ©. L’utilisation de l’acĂ©tylcholine est parentĂ©rale et hors autorisation de mise sur le marchĂ© ; l’exploration doit ĂȘtre rĂ©alisĂ©e par un cardiologue interventionnel expĂ©rimentĂ© aprĂšs obtention d’un consentement Ă©clairĂ©.

AprĂšs les tests vasomoteurs, l’adĂ©nosine intraveineuse est utilisĂ©e pour Ă©valuer la vasodilatation indĂ©pendante de l’endothĂ©lium et mesurer la CFR, l’IMR, la HMR ou la MRR. La papavĂ©rine peut ĂȘtre utilisĂ©e lorsque l’adĂ©nosine est contre-indiquĂ©e, bien que des prĂ©cautions soient nĂ©cessaires en raison du risque de tachycardie ventriculaire polymorphe.

Interprétation intégrée des endotypes

Un cadre invasif simplifié est présenté ci-dessous.

Résultats Interprétation suggérée
CFR ≄2.0 et IMR <25, avec test de provocation Ă  l’acĂ©tylcholine nĂ©gatif Aucune DMC ni aucun spasme Ă©picardique dĂ©montrĂ©
CFR <2.0 ou IMR ≄25 DMC
SymptĂŽmes, modifications ischĂ©miques de l’ECG et constriction Ă©picardique ≄90 % lors du test Ă  l’acĂ©tylcholine Angor vasospastique Ă©picardique
SymptĂŽmes et modifications ischĂ©miques de l’ECG lors du test Ă  l’acĂ©tylcholine sans constriction Ă©picardique ≄90 % Spasme microvasculaire
Réserve de débit réduite avec ischémie objective DMC associée à une INOCA
Test anormal sans ischĂ©mie objective Une DMC peut ĂȘtre prĂ©sente, mais le syndrome clinique peut ne pas correspondre Ă  une INOCA
RĂ©serve de dĂ©bit myocardique normale et absence d’ischĂ©mie ProbabilitĂ© moindre d’une ischĂ©mie liĂ©e Ă  une DMC ; une douleur non cardiaque doit ĂȘtre envisagĂ©e

Les seuils spĂ©cifiques et leur interprĂ©tation dĂ©pendent de la technique de mesure. La CFR et l’IMR doivent donc ĂȘtre interprĂ©tĂ©es dans le contexte anatomique, physiologique, symptomatique et Ă©lectrocardiographique complet.

Biomarqueurs et résultats biologiques

Les sources disponibles ne fournissent pas de profil biologique de routine pour l’AMV ou l’INOCA. La DMC a Ă©tĂ© associĂ©e Ă  une Ă©lĂ©vation du NT-proBNP chez les patients prĂ©sentant une maladie microvasculaire structurelle, en particulier par comparaison avec la DMC fonctionnelle, mais le NT-proBNP n’est pas prĂ©sentĂ© comme un critĂšre diagnostique.

L’évaluation des facteurs de risque doit inclure la recherche et la prise en charge de l’hypertension, de la dyslipidĂ©mie, du diabĂšte et du tabagisme. Les sources disponibles ne prĂ©cisent pas d’autres examens biologiques ni de seuils diagnostiques pour ces affections dans l’évaluation de l’AMV.

Traitement et prise en charge

Principes généraux

La prise en charge doit ĂȘtre centrĂ©e sur le patient et multidisciplinaire. Les objectifs sont de :

  • amĂ©liorer les symptĂŽmes et la qualitĂ© de vie ;

  • rĂ©duire le recours rĂ©pĂ©tĂ© aux soins ;

  • prendre en charge la dysfonction endothĂ©liale et le risque athĂ©rosclĂ©reux ;

  • prĂ©venir l’ischĂ©mie myocardique ; et

  • rĂ©duire, dans la mesure du possible, les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires indĂ©sirables.

Le traitement doit ĂȘtre guidĂ© par l’endotype fonctionnel coronaire identifiĂ© plutĂŽt que par le seul aspect angiographique.

Des conseils hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques sont justifiĂ©s, car l’athĂ©rosclĂ©rose coronaire et la dysfonction endothĂ©liale sont frĂ©quentes mĂȘme en l’absence de maladie obstructive. La prise en charge de l’hypertension, de la dyslipidĂ©mie, du diabĂšte et du tabagisme doit suivre les recommandations de pratique clinique correspondantes. Les recommandations d’activitĂ© physique doivent ĂȘtre cohĂ©rentes avec celles utilisĂ©es dans les syndromes coronaires chroniques Ă©voluant depuis longtemps.

Les donnĂ©es disponibles sur le traitement pharmacologique restent limitĂ©es et les essais randomisĂ©s font dĂ©faut pour de nombreuses approches thĂ©rapeutiques. Une stratĂ©gie antiangineuse stratifiĂ©e fondĂ©e sur les explorations fonctionnelles coronaires invasives a Ă©tĂ© associĂ©e Ă  une amĂ©lioration de l’angor et de la qualitĂ© de vie par rapport Ă  un traitement standard non stratifiĂ©.

Traitement selon l’endotype

DMC avec CFR réduite et/ou IMR augmentée

Chez les patients présentant un AMV avec une CFR réduite et/ou un IMR augmenté, les traitements utilisés comprennent :

  • les bĂȘtabloquants ;

  • les antagonistes calciques ;

  • la ranolazine ; et

  • les inhibiteurs de l’ECA.

Le traitement anti-ischĂ©mique doit viser Ă  prĂ©venir l’ischĂ©mie myocardique liĂ©e Ă  la demande. L’amlodipine ou la ranolazine a Ă©tĂ© associĂ©e Ă  une amĂ©lioration de la durĂ©e d’exercice dans ce contexte.

Dysfonction endothéliale

Les inhibiteurs de l’ECA doivent ĂȘtre envisagĂ©s pour contrĂŽler les symptĂŽmes chez les patients prĂ©sentant une dysfonction endothĂ©liale. La modification des facteurs de risque et le traitement prĂ©ventif restent importants, car une dysfonction endothĂ©liale peut coexister avec une athĂ©rosclĂ©rose diffuse ou non obstructive.

Spasme épicardique ou microvasculaire

Les antagonistes calciques constituent le traitement de premiĂšre intention lorsqu’un spasme Ă©picardique ou microvasculaire est dĂ©montrĂ© par un test Ă  l’acĂ©tylcholine. Ils sont recommandĂ©s pour contrĂŽler les symptĂŽmes et prĂ©venir l’ischĂ©mie ainsi que des complications potentiellement fatales.

Dans les formes sĂ©vĂšres d’angor vasospastique, des doses nettement plus Ă©levĂ©es peuvent ĂȘtre nĂ©cessaires. Le diltiazem peut ĂȘtre administrĂ© Ă  raison de 200 mg deux fois par jour ou augmentĂ© jusqu’à 960 mg par jour. Une association d’un antagoniste calcique non dihydropyridinique tel que le diltiazem et d’un agent dihydropyridinique tel que l’amlodipine peut ĂȘtre nĂ©cessaire.

Les nitrĂ©s doivent ĂȘtre envisagĂ©s pour prĂ©venir les Ă©pisodes rĂ©cidivants. Le nicorandil, qui associe des propriĂ©tĂ©s de type nitrĂ© Ă  une activation des canaux potassiques, peut constituer une alternative, bien que les effets indĂ©sirables soient frĂ©quents.

Endotypes associés

Lorsque plusieurs mĂ©canismes sont prĂ©sents, un traitement associant des nitrĂ©s, des antagonistes calciques et d’autres vasodilatateurs peut ĂȘtre envisagĂ©. Ce traitement doit ĂȘtre adaptĂ© aux donnĂ©es physiologiques documentĂ©es, Ă  la charge symptomatique, Ă  la pression artĂ©rielle, Ă  la frĂ©quence cardiaque et Ă  la tolĂ©rance.

SymptÎmes réfractaires

La ranolazine peut ĂȘtre utilisĂ©e comme traitement antiangineux. Son mĂ©canisme dĂ©crit consiste Ă  amĂ©liorer la relaxation des myocytes et la compliance ventriculaire en rĂ©duisant la surcharge sodĂ©e et calcique.

La stimulation médullaire constitue une option chez les patients qui restent réfractaires malgré le traitement médical.

Un rĂ©ducteur du sinus coronaire peut ĂȘtre envisagĂ© dans les centres expĂ©rimentĂ©s chez les patients prĂ©sentant un angor invalidant et une maladie coronaire obstructive restant rĂ©fractaire Ă  un traitement mĂ©dical optimal et aux stratĂ©gies de revascularisation. Cette intervention n’est pas prĂ©sentĂ©e comme un traitement de routine de l’AMV ou de l’INOCA en l’absence de maladie obstructive.

Recommandations des sociétés savantes

Les principales recommandations sont résumées ci-dessous.

Situation clinique Recommandation Classe Niveau
SymptĂŽmes persistants malgrĂ© le traitement mĂ©dical, suspicion d’ANOCA/INOCA et mauvaise qualitĂ© de vie Une exploration fonctionnelle coronaire invasive est recommandĂ©e pour identifier les endotypes accessibles Ă  un traitement et amĂ©liorer les symptĂŽmes et la qualitĂ© de vie, en tenant compte des prĂ©fĂ©rences du patient I B
SymptĂŽmes persistants ou suspicion d’ANOCA/INOCA Le Doppler transthoracique de l’IVA, l’échocardiographie de stress, l’IRM cardiaque ou la TEP peuvent ĂȘtre envisagĂ©s pour Ă©valuer la rĂ©serve de dĂ©bit coronaire ou myocardique IIb B
Suspicion d’angor vasospastique Un ECG 12 dĂ©rivations au repos pendant l’angor est recommandĂ© I C
Angor au repos récidivant avec modifications transitoires du segment ST régressant sous nitrés ou antagonistes calciques Une exploration fonctionnelle coronaire invasive est recommandée pour confirmer le diagnostic et évaluer la maladie athéroscléreuse sous-jacente I C
Épisodes vasospastiques suspectĂ©s frĂ©quents Une surveillance ambulatoire du segment ST doit ĂȘtre envisagĂ©e IIa B
ANOCA/INOCA symptomatique Un traitement mĂ©dical guidĂ© par les explorations fonctionnelles coronaires doit ĂȘtre envisagĂ© afin d’amĂ©liorer les symptĂŽmes et la qualitĂ© de vie IIa A
Dysfonction endothĂ©liale Un traitement par inhibiteur de l’ECA doit ĂȘtre envisagĂ© pour contrĂŽler les symptĂŽmes IIa B
AMV avec rĂ©duction de la rĂ©serve de dĂ©bit coronaire ou myocardique Un traitement antiangineux visant Ă  prĂ©venir l’ischĂ©mie liĂ©e Ă  la demande doit ĂȘtre envisagĂ© IIa B
Angor vasospastique isolé Les antagonistes calciques sont recommandés I A
Épisodes vasospastiques rĂ©cidivants Les nitrĂ©s doivent ĂȘtre envisagĂ©s IIa B
Endotypes associĂ©s Un traitement associant des nitrĂ©s, des antagonistes calciques et d’autres vasodilatateurs peut ĂȘtre envisagĂ© IIb B
ANOCA/INOCA rĂ©fractaire avec angor invalidant Une exploration fonctionnelle invasive est recommandĂ©e afin de dĂ©finir l’endotype et d’orienter le traitement I B

Relation avec la MINOCA

L’INOCA doit ĂȘtre distinguĂ©e de l’infarctus du myocarde avec artĂšres coronaires non obstructives (MINOCA). La MINOCA est un diagnostic de travail clinique chez un patient prĂ©sentant des symptĂŽmes Ă©vocateurs d’un syndrome coronarien aigu, une Ă©lĂ©vation de la troponine et l’absence de stĂ©nose Ă©picardique ≄50 % Ă  la coronarographie.

La MINOCA peut avoir de nombreuses causes coronaires et extracoronaires. Si la coronarographie invasive ne permet pas d’établir la cause, une Ă©valuation complĂ©mentaire peut comprendre :

  • une ventriculographie gauche ;

  • une mesure de la pression tĂ©lĂ©diastolique ventriculaire gauche ;

  • une exploration de la microcirculation coronaire et de la vasorĂ©activitĂ© ;

  • une imagerie intravasculaire ;

  • une Ă©chocardiographie ;

  • une TDM ; et

  • une IRM cardiaque.

L’IRM cardiaque est un examen essentiel et doit ĂȘtre rĂ©alisĂ©e aussi rapidement que possible, idĂ©alement au cours de l’hospitalisation initiale, lorsque le diagnostic demeure incertain aprĂšs la coronarographie. La prise en charge doit suivre le diagnostic final Ă©tabli plutĂŽt que le diagnostic de travail initial de MINOCA.

Pronostic et suivi

L’ANOCA/INOCA est associĂ©e Ă  une augmentation de la morbiditĂ© et de la mortalitĂ©, Ă  une altĂ©ration de la qualitĂ© de vie, Ă  des Ă©pisodes angineux rĂ©cidivants, Ă  des hospitalisations rĂ©pĂ©tĂ©es et Ă  un recours accru Ă  la coronarographie. Le pronostic est hĂ©tĂ©rogĂšne et dĂ©pend de l’endotype sous-jacent.

La réduction de la CFR a une valeur pronostique. Chez les patients présentant un angor et une anatomie coronaire angiographiquement normale, une CFR altérée a été associée à une augmentation des événements cardiovasculaires. La vasoconstriction épicardique a été associée aux hospitalisations pour angor.

Chez les patients présentant une maladie symptomatique persistante, il convient de réévaluer :

  • la charge symptomatique et la qualitĂ© de vie ;

  • l’observance et la rĂ©ponse au traitement guidĂ© par l’endotype ;

  • la pression artĂ©rielle, le diabĂšte, la dyslipidĂ©mie et le tabagisme ;

  • les effets indĂ©sirables mĂ©dicamenteux ;

  • la rĂ©apparition de symptĂŽmes au repos ou de modifications transitoires de l’ECG ; et

  • la nĂ©cessitĂ© d’explorations fonctionnelles complĂ©mentaires.

Un patient demeurant symptomatique, avec une mauvaise qualitĂ© de vie malgrĂ© le traitement mĂ©dical, doit bĂ©nĂ©ficier d’une exploration fonctionnelle coronaire invasive si celle-ci n’a pas encore Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e. La dĂ©termination de l’endotype est importante, car une DMC ou un vasospasme non traitĂ© peut entraĂźner des symptĂŽmes rĂ©cidivants, des explorations rĂ©pĂ©tĂ©es et un traitement inappropriĂ© ou inefficace.

Le suivi à long terme doit associer un traitement antiangineux guidé par les symptÎmes à la prévention cardiovasculaire, aux conseils hygiéno-diététiques et à une décision partagée centrée sur le patient.

Auteurs

EBM AI
Evidensbaserad AI-agent

Mis à jour 7 août 2026