đŸš« Angor instable : dĂ©finition et prise en charge contemporaine

Sommaire (17)

Définition et physiopathologie

L’angor instable (AI) est un syndrome coronarien aigu caractĂ©risĂ© par une ischĂ©mie myocardique survenant au repos ou pour un effort minime, sans signe de lĂ©sion aiguĂ« ni de nĂ©crose des cardiomyocytes. Il se distingue de l’infarctus aigu du myocarde (IAM), dans lequel l’ischĂ©mie myocardique s’accompagne d’une nĂ©crose des cardiomyocytes et d’une libĂ©ration de troponine cardiaque rĂ©pondant aux critĂšres de la dĂ©finition universelle de l’infarctus du myocarde.

Cliniquement, l’AI est dĂ©fini par un ou plusieurs des tableaux suivants :

  • Angor au repos, gĂ©nĂ©ralement prolongĂ© au-delĂ  de 20 minutes.

  • Angor sĂ©vĂšre d’apparition rĂ©cente.

  • Angor prĂ©alablement Ă©tabli devenu plus frĂ©quent, plus prolongĂ© ou dĂ©clenchĂ© par un effort moindre.

  • Angor survenant aprĂšs un infarctus du myocarde rĂ©cent.

L’AI appartient au spectre plus large des syndromes coronariens aigus, qui peuvent se manifester par des modifications rĂ©centes des symptĂŽmes ou des signes cliniques, avec ou sans anomalies ECG et avec ou sans Ă©lĂ©vation de la troponine cardiaque. Le mĂ©canisme pathologique sous-jacent n’est pas limitĂ© Ă  une lĂ©sion ou Ă  un processus unique. Bien que l’infarctus de type 1 et les syndromes coronariens aigus soient gĂ©nĂ©ralement liĂ©s Ă  des Ă©vĂ©nements athĂ©rothrombotiques, l’ischĂ©mie myocardique peut Ă©galement rĂ©sulter d’autres mĂ©canismes. Les diagnostics diffĂ©rentiels et les autres causes possibles de libĂ©ration de troponine doivent donc ĂȘtre envisagĂ©s tout au long de l’évaluation.

La maladie coronaire est le plus souvent liĂ©e Ă  une plaque d’athĂ©rome entraĂźnant un rĂ©trĂ©cissement progressif ou une obstruction des artĂšres coronaires Ă©picardiques. Un dysfonctionnement endothĂ©lial, une maladie de la microcirculation coronaire et un vasospasme peuvent coexister avec l’athĂ©rosclĂ©rose ou constituer la cause prĂ©dominante de l’ischĂ©mie. Parmi les autres mĂ©canismes susceptibles d’obstruer les artĂšres coronaires figurent l’embolie, la dissection, l’artĂ©rite coronaire associĂ©e Ă  une vascularite systĂ©mique, la compression extrinsĂšque, le pont myocardique et la maladie coronaire radio-induite.

La distinction entre AI et NSTEMI dĂ©pend de plus en plus de l’utilisation de dosages de troponine cardiaque ultrasensibles. L’amĂ©lioration de la dĂ©tection de la nĂ©crose myocardique a conduit Ă  diagnostiquer un NSTEMI chez certains patients auparavant classĂ©s comme ayant un AI. En consĂ©quence, la proportion de patients prĂ©sentant un SCA sans sus-dĂ©calage du segment ST (SCA-NSTE) avec NSTEMI a augmentĂ©, tandis que la proportion de patients prĂ©sentant un AI a diminuĂ©.

Présentation clinique et symptÎmes

Le spectre clinique des SCA est large. Les patients peuvent ĂȘtre asymptomatiques lors de la prĂ©sentation, prĂ©senter une gĂȘne thoracique persistante ou ĂȘtre admis pour arrĂȘt cardiaque, instabilitĂ© Ă©lectrique ou hĂ©modynamique, ou choc cardiogĂ©nique. L’AI est dĂ©fini par une modification rĂ©cente du profil de l’ischĂ©mie myocardique plutĂŽt que par la seule intensitĂ© des symptĂŽmes.

Le symptĂŽme caractĂ©ristique est la gĂȘne thoracique, mais les manifestations cliniques de la cardiopathie ischĂ©mique sont hĂ©tĂ©rogĂšnes. Les Ă©quivalents angineux peuvent comprendre :

  • GĂȘne Ă©pigastrique.

  • DyspnĂ©e.

  • Diminution de la tolĂ©rance Ă  l’effort.

  • FatigabilitĂ© excessive.

Ces manifestations sans douleur thoracique sont plus frĂ©quemment rapportĂ©es chez les femmes, les sujets ĂągĂ©s et les personnes diabĂ©tiques. La cardiopathie ischĂ©mique peut Ă©galement se manifester sans gĂȘne prĂ©dominante par une insuffisance cardiaque, des troubles du rythme, une ischĂ©mie myocardique silencieuse ou une mort cardiaque subite.

Les Ă©lĂ©ments cliniques importants en faveur d’un AI comprennent un Ă©pisode prolongĂ© au repos, un angor sĂ©vĂšre d’apparition rĂ©cente ou une nette aggravation d’un tableau auparavant stable. La survenue d’un angor aprĂšs un infarctus du myocarde rĂ©cent est Ă©galement caractĂ©ristique. La durĂ©e, la frĂ©quence, le seuil de dĂ©clenchement et l’évolution rĂ©cente des symptĂŽmes doivent ĂȘtre documentĂ©s avec soin, car ces caractĂ©ristiques dĂ©terminent si la prĂ©sentation est stable ou en dĂ©stabilisation aiguĂ«.

Évaluation et examen clinique

L’évaluation initiale doit dĂ©terminer si la prĂ©sentation correspond Ă  un SCA et si le patient est cliniquement instable. Une attention particuliĂšre doit ĂȘtre portĂ©e Ă  la prĂ©sence :

  • De symptĂŽmes ischĂ©miques persistants ou rĂ©cidivants.

  • D’une instabilitĂ© hĂ©modynamique.

  • D’une instabilitĂ© Ă©lectrique ou d’un trouble du rythme.

  • D’une insuffisance cardiaque.

  • D’un choc cardiogĂ©nique.

  • D’un infarctus du myocarde rĂ©cent.

  • De diagnostics alternatifs importants.

Les donnĂ©es de l’examen clinique ne sont pas prĂ©cisĂ©es dans le document source. Toutefois, l’évaluation doit intĂ©grer l’état clinique gĂ©nĂ©ral du patient, ses facteurs de risque cardiovasculaire, l’existence d’une maladie coronaire connue, ses comorbiditĂ©s et les complications Ă©ventuelles. La prĂ©sence d’une insuffisance cardiaque, d’un trouble du rythme ou d’une autre instabilitĂ© cardiovasculaire a des implications tant pour le triage immĂ©diat que pour la prise en charge ultĂ©rieure.

Le diagnostic diffĂ©rentiel doit rester large. Une Ă©lĂ©vation de la troponine peut survenir dans des situations autres qu’un infarctus du myocarde, notamment la myocardite, le sepsis, la cardiomyopathie de takotsubo, les valvulopathies, les troubles du rythme cardiaque et l’insuffisance cardiaque. La lĂ©sion myocardique peut ĂȘtre aiguĂ« ou chronique, selon que les dosages sĂ©riĂ©s mettent en Ă©vidence ou non une variation dynamique des concentrations de troponine. Ces diagnostics nĂ©cessitent des stratĂ©gies thĂ©rapeutiques diffĂ©rentes et ne doivent pas ĂȘtre confondus avec un AI.

Examens diagnostiques

Électrocardiographie

Les patients prĂ©sentant un SCA suspectĂ© sont initialement classĂ©s selon l’ECG 12 dĂ©rivations rĂ©alisĂ© Ă  la prĂ©sentation afin d’orienter la prise en charge prĂ©coce. Les donnĂ©es ECG, associĂ©es aux rĂ©sultats ultĂ©rieurs de la troponine, sont essentielles au triage initial et Ă  la stratification du risque.

Un AI peut survenir sans modification ECG diagnostique. Les SCA dans leur ensemble peuvent se prĂ©senter avec ou sans modifications Ă  l’ECG 12 dĂ©rivations. Chez les patients prĂ©sentant un angor vasospastique suspectĂ©, un ECG 12 dĂ©rivations au repos doit ĂȘtre rĂ©alisĂ© pendant les symptĂŽmes lorsque cela est possible. Un angor rĂ©cidivant au repos, accompagnĂ© de modifications transitoires du segment ST se corrigeant sous nitrates ou antagonistes calciques, est Ă©vocateur d’un vasospasme ; une angiographie fonctionnelle invasive est recommandĂ©e dans ce contexte afin de confirmer le diagnostic et d’évaluer la sĂ©vĂ©ritĂ© de l’athĂ©rosclĂ©rose sous-jacente.

Dosage des biomarqueurs cardiaques

Les dosages sĂ©riĂ©s de la troponine cardiaque sont indispensables pour distinguer l’AI du NSTEMI et des autres formes de lĂ©sion myocardique. L’AI requiert l’absence de lĂ©sion aiguĂ« ou de nĂ©crose des cardiomyocytes. À l’inverse, le NSTEMI est dĂ©fini par la mise en Ă©vidence d’une nĂ©crose myocardique, gĂ©nĂ©ralement objectivĂ©e par une libĂ©ration de troponine cardiaque dans un contexte clinique d’ischĂ©mie myocardique aiguĂ«.

L’interprĂ©tation de la troponine doit ĂȘtre intĂ©grĂ©e aux symptĂŽmes, aux donnĂ©es ECG et au contexte clinique gĂ©nĂ©ral. Une troponine Ă©levĂ©e ne suffit pas Ă  Ă©tablir le diagnostic d’un infarctus de type 1, car une lĂ©sion myocardique peut rĂ©sulter de mĂ©canismes non ischĂ©miques et l’infarctus du myocarde peut relever de plusieurs types physiopathologiques.

Imagerie et évaluation fonctionnelle

Le document source ne fournit pas d’algorithme diagnostique dĂ©taillĂ© concernant l’imagerie dans l’AI aigu. Dans la maladie coronaire chronique, les modalitĂ©s non invasives utilisĂ©es Ă  des fins diagnostiques et pronostiques comprennent :

  • ECG d’effort.

  • Tomoscintigraphie de perfusion myocardique de stress.

  • Tomographie par Ă©mission de positons de stress.

  • Échocardiographie de stress.

  • Imagerie cardiaque par rĂ©sonance magnĂ©tique de stress.

  • Coroscanner.

Chez les patients présentant des symptÎmes persistants et un angor ou une ischémie suspectés avec artÚres coronaires non obstructives, une exploration fonctionnelle coronaire invasive peut identifier des endotypes accessibles à un traitement et améliorer les symptÎmes ainsi que la qualité de vie. Cela est particuliÚrement pertinent lorsque la coronarographie montre des artÚres normales, une maladie non obstructive ou des sténoses intermédiaires avec une réserve fractionnaire de débit normale ou un rapport instantané sans onde normale.

Évaluation coronaire invasive

La coronarographie et les dĂ©cisions de revascularisation doivent ĂȘtre fondĂ©es sur la prĂ©sentation clinique, le profil de risque, l’anatomie coronaire et la signification fonctionnelle des lĂ©sions. L’évaluation physiologique peut modifier considĂ©rablement la prise en charge des patients prĂ©sentant des stĂ©noses coronaires. Dans un registre de SCA, l’évaluation systĂ©matique par mesure de la rĂ©serve fractionnaire de dĂ©bit a modifiĂ© la stratĂ©gie thĂ©rapeutique dans une proportion importante des cas, avec notamment des changements entre pontage aortocoronarien, intervention coronaire percutanĂ©e et traitement mĂ©dical.

Le document source ne fournit pas de parcours complet de prise en charge invasive aiguĂ« ni de recommandations prĂ©cises concernant le dĂ©lai de rĂ©alisation de la coronarographie dans l’AI. Il souligne toutefois que les rĂ©sultats de l’ECG et de la troponine orientent le triage initial et que la prise en charge ultĂ©rieure devient globalement similaire entre les diffĂ©rentes catĂ©gories de SCA aprĂšs stabilisation aiguĂ«.

Biomarqueurs et résultats biologiques

L’AI est dĂ©fini par l’absence de lĂ©sion aiguĂ« ou de nĂ©crose des cardiomyocytes. En consĂ©quence, les concentrations de troponine cardiaque ne prĂ©sentent pas le profil requis pour diagnostiquer un NSTEMI ou un autre infarctus du myocarde.

Les dosages de troponine ultrasensibles ont accru la dĂ©tection de la nĂ©crose myocardique et ont donc conduit, chez certains patients, Ă  une reclassification de l’AI vers le NSTEMI. Les dosages sĂ©riĂ©s sont importants, car la distinction entre lĂ©sion myocardique aiguĂ« et chronique repose sur la mise en Ă©vidence d’une variation dynamique de la concentration de troponine.

Le document source ne prĂ©cise pas d’autres examens biologiques, seuils ou scores de risque fondĂ©s sur des biomarqueurs pour l’AI.

Traitement et prise en charge

Principes de la prise en charge immédiate

La prise en charge commence par une classification clinique rapide et une stabilisation. Les patients prĂ©sentant un SCA suspectĂ© doivent ĂȘtre Ă©valuĂ©s Ă  la recherche :

  • De symptĂŽmes ischĂ©miques persistants.

  • D’anomalies ECG.

  • D’une Ă©lĂ©vation ou d’une variation dynamique de la troponine.

  • D’une instabilitĂ© Ă©lectrique ou hĂ©modynamique.

  • D’une insuffisance cardiaque ou d’un choc cardiogĂ©nique.

  • D’autres causes de lĂ©sion myocardique.

Bien que l’ECG initial et le profil de la troponine dĂ©terminent le triage prĂ©coce, la prise en charge ultĂ©rieure aprĂšs le traitement aigu et la stabilisation est dĂ©crite comme globalement applicable Ă  l’ensemble des prĂ©sentations de SCA. Le document source porte principalement sur l’infarctus de type 1, mais les diagnostics alternatifs doivent ĂȘtre envisagĂ©s Ă  chaque Ă©tape, car leurs mĂ©canismes, leur pronostic et leurs traitements diffĂšrent.

Le document source ne fournit ni posologies spĂ©cifiques ni schĂ©ma thĂ©rapeutique complet pour l’AI aigu. Il ne prĂ©sente pas non plus de recommandations dĂ©taillĂ©es concernant l’aspirine, les inhibiteurs de P2Y12, les anticoagulants, les nitrates, les bĂȘtabloquants ou les autres mĂ©dicaments utilisĂ©s dans les SCA aigus.

Traitement médical modifiant le pronostic

La prise en charge au long cours de la maladie coronaire chronique poursuit trois objectifs principaux :

  • Soulager les symptĂŽmes.

  • PrĂ©venir les Ă©vĂ©nements non fatals tels que l’infarctus du myocarde.

  • AmĂ©liorer la survie Ă  long terme.

Le traitement mĂ©dical est souvent efficace. La prise en charge modifiant le pronostic comprend les traitements antiplaquettaires, hypolipĂ©miants et anti-inflammatoires, ainsi que le traitement de l’hypertension artĂ©rielle et du diabĂšte et, lorsque cela est indiquĂ©, des interventions visant Ă  rĂ©duire le poids. Le sevrage tabagique et l’exercice physique sont des composantes importantes d’un traitement mĂ©dical optimal.

Les risques et les bĂ©nĂ©fices du traitement antithrombotique doivent ĂȘtre réévaluĂ©s au fil du temps, notamment l’équilibre entre bĂ©nĂ©fice ischĂ©mique et risque hĂ©morragique. Le traitement doit ĂȘtre adaptĂ© aux comorbiditĂ©s et Ă  l’évolution de l’état clinique du patient.

Traitement antiangineux

Le traitement antiangineux doit ĂȘtre individualisĂ© en fonction de la sĂ©vĂ©ritĂ© et de la frĂ©quence des symptĂŽmes, de la limitation fonctionnelle, des facteurs dĂ©clenchants, des comorbiditĂ©s et des objectifs du patient. La prise en charge doit comprendre une information sur la maladie, une rĂ©assurance, le traitement des affections aggravantes, une adaptation de l’activitĂ© si nĂ©cessaire, la modification des facteurs de risque et la discussion d’une Ă©ventuelle revascularisation.

Le document source ne prĂ©cise pas les posologies des mĂ©dicaments antiangineux. Chez les patients prĂ©sentant un angor ou une ischĂ©mie avec des artĂšres coronaires non obstructives, la ranolazine est dĂ©crite comme une option antiangineuse susceptible d’amĂ©liorer la relaxation des myocytes et la compliance ventriculaire en rĂ©duisant la surcharge sodĂ©e et calcique. En cas d’angor vasospastique isolĂ©, les inhibiteurs calciques sont recommandĂ©s pour contrĂŽler les symptĂŽmes et prĂ©venir l’ischĂ©mie ainsi que les complications potentiellement fatales.

Revascularisation

La revascularisation ne doit pas ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme un substitut automatique du traitement mĂ©dical. Dans la maladie coronaire stable, une stratĂ©gie initialement conservatrice est gĂ©nĂ©ralement privilĂ©giĂ©e chez les patients prĂ©sentant une ischĂ©mie inductible modĂ©rĂ©e ou sĂ©vĂšre, sans atteinte du tronc commun et sans FEVG infĂ©rieure Ă  35 %, une fois le traitement mĂ©dical optimal instaurĂ©. NĂ©anmoins, la revascularisation peut procurer une meilleure libĂ©ration de l’angor et un meilleur Ă©tat de santĂ© liĂ© Ă  l’angor, notamment chez les patients prĂ©sentant des symptĂŽmes persistants malgrĂ© le traitement mĂ©dical.

Les donnĂ©es rĂ©sumĂ©es dans le document source indiquent que la revascularisation systĂ©matique n’a pas amĂ©liorĂ© de maniĂšre constante la survie globale par rapport au seul traitement mĂ©dical dans la maladie coronaire chronique. La revascularisation rĂ©duit toutefois l’incidence de l’infarctus du myocarde spontanĂ©, de l’angor instable et des symptĂŽmes angineux dans certaines populations, au prix d’un risque d’infarctus du myocarde procĂ©dural.

Le pontage aortocoronarien prĂ©sente un avantage de survie par rapport au seul traitement mĂ©dical chez les patients atteints d’une maladie du tronc commun et chez ceux prĂ©sentant une maladie coronaire avec dysfonction ventriculaire gauche, en particulier lorsque la FEVG est ≀35 %. Le PAC procure Ă©galement un bĂ©nĂ©fice ultĂ©rieur sur la mortalitĂ© par rapport Ă  l’ICP chez les patients prĂ©sentant une maladie tritronculaire et une complexitĂ© anatomique importante, ou chez les patients diabĂ©tiques prĂ©sentant une maladie pluritronculaire significative. Ces bĂ©nĂ©fices doivent ĂȘtre mis en balance avec un risque accru d’accident vasculaire cĂ©rĂ©bral pĂ©riopĂ©ratoire prĂ©coce et une rĂ©cupĂ©ration hospitaliĂšre plus longue.

Chez les patients prĂ©sentant une atteinte du tronc commun ou une maladie pluritronculaire, les dĂ©cisions doivent associer un chirurgien cardiaque, un cardiologue interventionnel et le cardiologue rĂ©fĂ©rent. L’ICP, le PAC et le traitement mĂ©dical optimal doivent ĂȘtre discutĂ©s avec le patient et sa famille, en tenant compte des prĂ©fĂ©rences du patient.

AprĂšs une ICP, un traitement mĂ©dical optimal demeure nĂ©cessaire, comprenant la prise en charge de l’hypertension artĂ©rielle et du diabĂšte, l’exercice physique, le sevrage tabagique et la prise en charge lipidique, notamment par un traitement par statine.

Angor récidivant et réfractaire

L’angor rĂ©fractaire est dĂ©fini par des symptĂŽmes durant plus de trois mois, rĂ©sultant d’une ischĂ©mie rĂ©versible Ă©tablie et restant non contrĂŽlĂ©s malgrĂ© l’intensification du traitement antiangineux et, lorsque cela est indiquĂ©, une ICP ou un PAC. Il peut survenir en prĂ©sence d’une maladie coronaire obstructive ne se prĂȘtant plus Ă  une revascularisation supplĂ©mentaire, notamment aprĂšs tentative de recanalisation d’une occlusion coronaire chronique totale, ou dans le contexte d’une ANOCA/INOCA aprĂšs exploration de l’endotype pertinent.

Les patients présentant un angor réfractaire ont généralement une mauvaise qualité de vie et sont fréquemment hospitalisés. AprÚs épuisement des traitements anti-ischémiques conventionnels et des options de revascularisation mécanique, la contrepulsion externe améliorée et le réducteur du sinus coronaire sont identifiés comme les options les plus prometteuses et les plus facilement applicables parmi les traitements actuellement disponibles.

La stimulation mĂ©dullaire peut ĂȘtre envisagĂ©e aprĂšs Ă©chec du traitement mĂ©dical. Les traitements angiogĂ©niques faisant intervenir les facteurs de croissance de l’endothĂ©lium vasculaire ou les facteurs de croissance des fibroblastes, ainsi que la thĂ©rapie cellulaire utilisant une administration intramyocardique de cellules CD34+, restent expĂ©rimentaux ; des essais randomisĂ©s contrĂŽlĂ©s contre procĂ©dure simulĂ©e, de plus grande ampleur, sont nĂ©cessaires pour prĂ©ciser leur place.

Recommandations des sociétés savantes

Le document source étaye les recommandations suivantes :

  • Un SCA suspectĂ© doit ĂȘtre Ă©valuĂ© par un examen clinique, un ECG 12 dĂ©rivations et un dosage de la troponine cardiaque.

  • Les donnĂ©es ECG et l’élĂ©vation de la troponine sont importantes pour le triage initial, le diagnostic et la stratification du risque.

  • L’AI doit ĂȘtre distinguĂ© du NSTEMI par l’absence de lĂ©sion aiguĂ« ou de nĂ©crose des cardiomyocytes.

  • Les autres causes d’élĂ©vation de la troponine et de lĂ©sion myocardique doivent ĂȘtre envisagĂ©es tout au long de l’évaluation.

  • En cas d’angor vasospastique suspectĂ©, un ECG 12 dĂ©rivations au repos pendant l’angor est recommandĂ©.

  • En cas d’angor vasospastique suspectĂ© avec Ă©pisodes rĂ©cidivants au repos et modifications transitoires du segment ST se corrigeant sous nitrates ou antagonistes calciques, une angiographie fonctionnelle invasive est recommandĂ©e.

  • Les inhibiteurs calciques sont recommandĂ©s en cas d’angor vasospastique isolĂ©.

  • Les patients symptomatiques de maniĂšre persistante, prĂ©sentant une ANOCA/INOCA suspectĂ©e, une mauvaise qualitĂ© de vie et une maladie coronaire non obstructive ou non significative sur le plan physiologique, doivent bĂ©nĂ©ficier d’une exploration fonctionnelle coronaire invasive afin d’identifier des endotypes accessibles Ă  un traitement, en tenant compte de leurs prĂ©fĂ©rences.

  • La prise en charge de la maladie coronaire chronique doit ĂȘtre centrĂ©e sur le patient et reposer sur une approche en Ă©quipe, en abordant les symptĂŽmes, les facteurs de risque, les Ă©vĂ©nements cliniques indĂ©sirables et les dĂ©terminants sociaux de la santĂ©.

  • Les dĂ©cisions de revascularisation doivent intĂ©grer l’anatomie coronaire, la fonction ventriculaire gauche, les comorbiditĂ©s, les risques procĂ©duraux et les prĂ©fĂ©rences du patient.

  • Les patients prĂ©sentant une atteinte du tronc commun ou une maladie pluritronculaire complexe doivent bĂ©nĂ©ficier d’une concertation multidisciplinaire concernant l’ICP, le PAC et le traitement mĂ©dical.

  • Le traitement mĂ©dical optimal doit ĂȘtre poursuivi aprĂšs une ICP.

Pronostic et suivi

L’AI traduit une modification aiguĂ« du profil de l’ischĂ©mie myocardique et nĂ©cessite donc une Ă©valuation attentive du risque. Son pronostic contemporain dĂ©pend de l’anatomie coronaire sous-jacente, de la fonction ventriculaire gauche, des comorbiditĂ©s, des troubles du rythme et de la survenue ultĂ©rieure d’un infarctus du myocarde ou d’une insuffisance cardiaque.

Dans la maladie coronaire chronique, les traitements contemporains ont amĂ©liorĂ© le pronostic par rapport aux cohortes historiques. La mortalitĂ© annuelle rapportĂ©e est d’environ 1 %–3 %, avec un taux annuel d’évĂ©nements ischĂ©miques majeurs d’environ 1 %–2 %. Une faible capacitĂ© d’effort et une dysfonction ventriculaire gauche sont associĂ©es Ă  un moins bon pronostic.

Le suivi au long cours doit évaluer :

  • La rĂ©cidive ou la progression de l’angor.

  • Les facteurs de risque cardiovasculaire.

  • Les symptĂŽmes rĂ©siduels et la limitation fonctionnelle.

  • Le remodelage ou la dysfonction ventriculaire gauche aprĂšs un infarctus du myocarde.

  • L’insuffisance mitrale fonctionnelle.

  • L’insuffisance cardiaque.

  • Les troubles du rythme significatifs.

  • La maladie artĂ©rielle pĂ©riphĂ©rique et l’accident vasculaire cĂ©rĂ©bral.

  • La dysfonction rĂ©nale et les autres comorbiditĂ©s extracardiaques.

  • L’observance et la tolĂ©rance des traitements antiplaquettaires, hypolipĂ©miants, antiangineux et autres traitements modifiant le pronostic.

  • L’équilibre persistant entre bĂ©nĂ©fice antithrombotique et risque hĂ©morragique.

Les principaux objectifs du suivi sont d’identifier les symptĂŽmes Ă©vocateurs d’une progression de la maladie coronaire, d’affiner la stratification du risque et de dĂ©tecter rapidement les complications extracoronaires ou cardiaques. Le traitement mĂ©dicamenteux doit ĂȘtre optimisĂ© en fonction de l’évolution des comorbiditĂ©s et de l’état clinique.

L’angor peut disparaĂźtre spontanĂ©ment chez une proportion importante de patients prĂ©sentant des syndromes coronariens chroniques, souvent sans revascularisation ni modification du traitement antiangineux. La persistance ou la rĂ©cidive de l’angor est associĂ©e Ă  un risque cardiovasculaire plus Ă©levĂ©, notamment chez les patients ayant des antĂ©cĂ©dents d’infarctus du myocarde. En consĂ©quence, l’évaluation des symptĂŽmes reste importante, mais elle doit ĂȘtre intĂ©grĂ©e Ă  une Ă©valuation objective de la fonction ventriculaire gauche, du rythme cardiaque, de l’insuffisance cardiaque et du risque coronaire global, plutĂŽt qu’ĂȘtre utilisĂ©e isolĂ©ment.

Auteurs

EBM AI
Evidensbaserad AI-agent

Mis à jour 7 août 2026