đŸš« Angiographie coronaire par TDM et compte rendu CAD-RADS

Sommaire (32)

Définition et rÎle clinique

L’angiographie coronaire par tomodensitomĂ©trie (CCTA) est un examen anatomique non invasif qui visualise la lumiĂšre des artĂšres coronaires, les plaques athĂ©rosclĂ©reuses ainsi que la sĂ©vĂ©ritĂ© et la distribution des stĂ©noses coronaires. La TDM cardiaque moderne permet d’acquĂ©rir un jeu de donnĂ©es cardiaques tridimensionnel en environ 5–15 secondes, avec une rĂ©solution spatiale submillimĂ©trique. Un produit de contraste iodĂ© est gĂ©nĂ©ralement nĂ©cessaire pour l’angiographie coronaire, car le contraste intrinsĂšque entre les cavitĂ©s cardiaques, le compartiment sanguin et les structures vasculaires est limitĂ©.

La CCTA est devenue un examen de premiĂšre intention important chez certains patients prĂ©sentant une suspicion de maladie coronaire (CAD), notamment ceux ayant une douleur thoracique stable, aucun diagnostic antĂ©rieur de CAD et une probabilitĂ© clinique faible de maladie obstructive, lorsqu’une bonne qualitĂ© d’image est attendue. Elle constitue Ă©galement une alternative Ă  la coronarographie invasive (ICA) pour exclure un syndrome coronarien aigu sans sus-dĂ©calage du segment ST (NSTE-ACS) chez les patients ayant une probabilitĂ© faible Ă  intermĂ©diaire de CAD lorsque la troponine cardiaque et/ou l’ECG sont normaux ou non concluants.

La principale force diagnostique de la CCTA rĂ©side dans sa capacitĂ© Ă  exclure une CAD anatomique significative avec une sensibilitĂ© Ă©levĂ©e et une forte valeur prĂ©dictive nĂ©gative, particuliĂšrement lorsque la prĂ©valence de la maladie est faible. Elle identifie Ă©galement les plaques non obstructives, qui peuvent avoir des implications pronostiques et prĂ©ventives importantes mĂȘme lorsque la stĂ©nose n’est pas limitante pour le dĂ©bit.

La CCTA doit ĂȘtre distinguĂ©e de la mesure de la calcification coronaire (CAC). L’imagerie CAC est un examen TDM rapide, sans injection de produit de contraste et faiblement irradiant, qui quantifie la calcification coronaire, tandis que la CCTA utilise un produit de contraste iodĂ© pour Ă©valuer la lumiĂšre coronaire et la morphologie des plaques.

Bases physiopathologiques et d’imagerie

La TDM gĂ©nĂšre des images en coupe Ă  partir de mesures d’attĂ©nuation des rayons X obtenues sous de multiples angles. L’attĂ©nuation tissulaire est exprimĂ©e par rapport Ă  celle de l’eau en unitĂ©s de Hounsfield. L’os est fortement attĂ©nuant, l’air prĂ©sente une trĂšs faible attĂ©nuation, tandis que le sang et le myocarde ont des valeurs intermĂ©diaires. Le produit de contraste iodĂ© augmente l’attĂ©nuation du compartiment sanguin et permet de dĂ©limiter la lumiĂšre coronaire.

L’imagerie coronaire est techniquement exigeante, car les vaisseaux sont de petit calibre et soumis Ă  la fois aux mouvements cardiaques et respiratoires. La qualitĂ© des images est donc amĂ©liorĂ©e par :

  • Une frĂ©quence cardiaque lente et rĂ©guliĂšre

  • Une apnĂ©e adĂ©quate

  • Une acquisition synchronisĂ©e Ă  l’ECG

  • Un timing appropriĂ© de l’injection intraveineuse du produit de contraste iodĂ©

  • L’administration de nitroglycĂ©rine par voie sublinguale immĂ©diatement avant l’injection du produit de contraste afin d’augmenter le calibre de la lumiĂšre coronaire

  • Des scanners modernes, comprenant gĂ©nĂ©ralement une technologie d’au moins 64 coupes

  • Une Ă©quipe d’imagerie expĂ©rimentĂ©e

L’acquisition axiale avec dĂ©clenchement prospectif synchronisĂ© Ă  l’ECG a rĂ©duit l’exposition aux rayonnements par rapport aux techniques antĂ©rieures. L’exposition dĂ©pend du protocole et du scanner ; l’examen CAC est associĂ© Ă  une dose particuliĂšrement faible, d’environ 1–2 mSv, tandis qu’une angiographie coronaire, pulmonaire et aortique combinĂ©e moderne peut atteindre moins de 5 mSv dans des conditions appropriĂ©es.

Présentation clinique et indications

La CCTA est pertinente dans plusieurs situations cliniques.

Douleur thoracique stable

La CCTA est recommandée comme examen initial pour le diagnostic de la CAD chez les patients stables présentant :

  • Une probabilitĂ© clinique faible ou aucun diagnostic antĂ©rieur de CAD

  • Des caractĂ©ristiques laissant penser qu’une imagerie de bonne qualitĂ© est rĂ©alisable

Elle est particuliĂšrement utile lorsque la question clinique est de dĂ©terminer si une CAD est prĂ©sente et lorsqu’un examen anatomique est prĂ©fĂ©rĂ© Ă  un examen fonctionnel initial. La CCTA peut ĂȘtre avantageuse chez les adultes de moins de 65 ans et chez les patients prĂ©sentant une suspicion moindre de maladie obstructive.

Les patients ne prĂ©sentant ni plaque ni stĂ©nose Ă  la CCTA doivent ĂȘtre rassurĂ©s, et des causes non athĂ©rosclĂ©reuses des symptĂŽmes doivent ĂȘtre envisagĂ©es. Lorsqu’une plaque est prĂ©sente mais que la stĂ©nose est minime ou lĂ©gĂšre, il est Ă©galement peu probable que les symptĂŽmes soient dus Ă  une maladie Ă©picardique limitante pour le dĂ©bit ; d’autres causes doivent nĂ©anmoins rester envisagĂ©es.

Douleur thoracique aiguë et suspicion de NSTE-ACS

La CCTA peut ĂȘtre utilisĂ©e comme alternative Ă  l’ICA pour exclure un NSTE-ACS chez les patients ayant une probabilitĂ© faible Ă  intermĂ©diaire de CAD lorsque les rĂ©sultats de la troponine et/ou de l’ECG sont normaux ou non concluants. Dans les populations prises en charge aux urgences prĂ©sentant un risque faible Ă  intermĂ©diaire, la CCTA a Ă©tĂ© associĂ©e Ă  une rĂ©duction des coĂ»ts des services d’urgence et de la durĂ©e d’hospitalisation, sans diffĂ©rence en matiĂšre de dĂ©cĂšs ou de rĂ©hospitalisation dans les donnĂ©es randomisĂ©es citĂ©es. Des donnĂ©es plus rĂ©centes ont Ă©galement indiquĂ© qu’une stratĂ©gie reposant d’emblĂ©e sur la CCTA pourrait rĂ©duire le recours Ă  l’angiographie invasive chez certains patients prĂ©sentant une suspicion d’infarctus du myocarde.

La CCTA ne doit pas remplacer l’évaluation clinique, les ECG sĂ©riĂ©s, le dosage rapide des biomarqueurs et les parcours dĂ©cisionnels cliniques structurĂ©s. Chez les patients prĂ©sentant une douleur thoracique aiguĂ«, la possibilitĂ© d’une embolie pulmonaire, d’une dissection aortique ou d’autres causes non coronaires peut influencer le choix du protocole de TDM.

Évaluation prĂ©opĂ©ratoire

Le rĂŽle de la CCTA prĂ©opĂ©ratoire avant une chirurgie non cardiaque demeure sĂ©lectif. Chez les patients ayant des antĂ©cĂ©dents ou des facteurs de risque de CAD, ou des antĂ©cĂ©dents d’insuffisance cardiaque congestive, la CCTA a amĂ©liorĂ© l’estimation du risque de dĂ©cĂšs cardiovasculaire postopĂ©ratoire et d’infarctus du myocarde non fatal lorsqu’elle Ă©tait ajoutĂ©e au Revised Cardiac Risk Index. Cependant, elle a Ă©galement entraĂźnĂ© une surestimation substantielle du risque chez les patients n’ayant pas prĂ©sentĂ© le critĂšre de jugement principal.

La CCTA associĂ©e Ă  la rĂ©serve fractionnelle de dĂ©bit dĂ©rivĂ©e de la TDM (FFR-CT) a identifiĂ© une stĂ©nose coronaire fonctionnellement sĂ©vĂšre chez des patients asymptomatiques devant bĂ©nĂ©ficier d’une endartĂ©riectomie carotidienne ou d’une chirurgie vasculaire pĂ©riphĂ©rique. NĂ©anmoins, la coronarographie prĂ©opĂ©ratoire et la revascularisation doivent rĂ©pondre aux mĂȘmes indications qu’en dehors du contexte chirurgical. Une angiographie invasive systĂ©matique peut entraĂźner un risque procĂ©dural et des retards imprĂ©visibles de la chirurgie.

Cardiopathies structurelles et valvulaires

La TDM cardiaque est fréquemment utilisée pour la planification des procédures avant un remplacement valvulaire aortique ou mitral transcathéter. Elle peut évaluer :

  • L’anatomie de la racine aortique et de la valve

  • La taille et la fonction ventriculaires

  • Les gros vaisseaux

  • Les artĂšres coronaires et les vaisseaux collatĂ©raux

  • La structure et la fonction des prothĂšses valvulaires

  • Les complications paravalvulaires

  • Les masses cardiaques et certaines structures extracardiaques

Chez les patients Ă©valuĂ©s en vue d’une implantation valvulaire aortique transcathĂ©ter (TAVI), la CCTA prĂ©sente une sensibilitĂ© Ă©levĂ©e mais une spĂ©cificitĂ© plus modeste pour la CAD obstructive, car une valvulopathie aortique sĂ©vĂšre s’accompagne souvent d’une calcification coronaire Ă©tendue et d’une fibrillation atriale. Si la CCTA rĂ©alisĂ©e dans le cadre de l’évaluation prĂ©-TAVI standard est d’une qualitĂ© suffisante pour exclure une CAD pertinente, l’omission de la coronarographie invasive doit ĂȘtre envisagĂ©e.

Évaluation et bilan prĂ©examen

Avant l’orientation vers une CCTA, les Ă©lĂ©ments suivants doivent ĂȘtre Ă©valuĂ©s :

  • FrĂ©quence cardiaque et rythme : Un rythme lent et rĂ©gulier est souhaitable. Une tachycardie qui ne peut pas ĂȘtre contrĂŽlĂ©e de maniĂšre adĂ©quate rĂ©duit la prĂ©cision diagnostique.

  • CapacitĂ© Ă  suivre les consignes d’apnĂ©e : Les mouvements respiratoires peuvent compromettre l’évaluation coronaire.

  • Fonction rĂ©nale : La fonction rĂ©nale doit ĂȘtre vĂ©rifiĂ©e avant l’administration d’un produit de contraste iodĂ©.

  • Allergie au produit de contraste : Les antĂ©cĂ©dents d’allergie aux produits de contraste doivent ĂȘtre recherchĂ©s.

  • Calcification coronaire : Une calcification importante rĂ©duit l’interprĂ©tabilitĂ© en raison de l’artefact de blooming.

  • Stents coronaires antĂ©rieurs : L’évaluation des stents peut ĂȘtre limitĂ©e par les artefacts, bien que les technologies plus rĂ©centes de TDM Ă  comptage photonique puissent amĂ©liorer leur visualisation.

  • CapacitĂ©s du scanner et de l’établissement : Une imagerie de haute qualitĂ© nĂ©cessite une technologie TDM moderne adaptĂ©e et une Ă©quipe expĂ©rimentĂ©e.

Une prĂ©mĂ©dication par bĂȘtabloquant, administrĂ©e par voie orale ou intraveineuse selon le contexte, peut ĂȘtre utilisĂ©e pour ralentir la frĂ©quence cardiaque. L’adĂ©quation de ce traitement doit ĂȘtre Ă©valuĂ©e avant l’examen. Le document source ne fournit pas de schĂ©mas prĂ©cis ni de posologies de bĂȘtabloquants.

La CCTA est moins utile en présence de :

  • Tachycardie mal contrĂŽlĂ©e

  • Calcification coronaire importante

  • Artefacts Ă©tendus liĂ©s aux stents

  • IncapacitĂ© Ă  rĂ©aliser une apnĂ©e

  • Limites techniques liĂ©es Ă  la rĂ©solution temporelle ou spatiale

Chez les patients ĂągĂ©s prĂ©sentant une calcification Ă©tendue, un test fonctionnel peut ĂȘtre prĂ©fĂ©rable.

Évaluation diagnostique

Mesure de la calcification coronaire

La mesure de la CAC est rĂ©alisĂ©e sans produit de contraste iodĂ©. Elle dĂ©tecte l’athĂ©rosclĂ©rose coronaire calcifiĂ©e et peut contribuer aux dĂ©cisions concernant les traitements prĂ©ventifs, notamment les statines et l’aspirine, chez certains patients sans CAD Ă©tablie lorsque le risque cardiovasculaire ou l’indication d’un traitement hypolipĂ©miant sont incertains.

Le score d’Agatston peut ĂȘtre classĂ© comme suit :

Score CAC Catégorie
0–10 Minime
10–100 LĂ©gĂšre
100–400 ModĂ©rĂ©e
>400 SévÚre

Les scores CAC peuvent Ă©galement ĂȘtre normalisĂ©s en fonction de l’ñge et du sexe et exprimĂ©s en percentiles.

Un score CAC nul, particuliĂšrement chez les patients prĂ©sentant des symptĂŽmes stables, est associĂ© Ă  une faible probabilitĂ© de CAD obstructive, et une Ă©valuation complĂ©mentaire peut ne pas ĂȘtre nĂ©cessaire chez des sujets Ă  faible risque correctement sĂ©lectionnĂ©s. Une CAC peut Ă©galement ĂȘtre identifiĂ©e de maniĂšre opportuniste sur des TDM thoraciques non synchronisĂ©es et fournir des informations cardiovasculaires supplĂ©mentaires sur le risque.

La mesure de la CAC n’est pas Ă©quivalente Ă  la CCTA. Elle quantifie la calcification, mais ne visualise pas directement la lumiĂšre coronaire, les plaques non calcifiĂ©es ou les stĂ©noses.

Acquisition et interprétation de la CCTA

Un examen TDM coronaire standard utilise :

  • Une synchronisation Ă  l’ECG

  • Un produit de contraste iodĂ© intraveineux, adaptĂ© au poids et injectĂ© selon un timing appropriĂ©

  • Une apnĂ©e

  • Un contrĂŽle de la frĂ©quence cardiaque lorsque cela est nĂ©cessaire

  • De la nitroglycĂ©rine par voie sublinguale pour augmenter le calibre de la lumiĂšre coronaire

  • Un post-traitement tridimensionnel pour l’évaluation de l’anatomie coronaire et des stĂ©noses

La CCTA peut visualiser :

  • La prĂ©sence ou l’absence de CAD

  • La charge athĂ©romateuse coronaire

  • Les plaques calcifiĂ©es et non calcifiĂ©es

  • Les caractĂ©ristiques des plaques Ă  haut risque

  • La localisation et la sĂ©vĂ©ritĂ© des stĂ©noses

  • La distribution des lĂ©sions proximales et distales

  • Les stents coronaires, lorsqu’ils sont techniquement Ă©valuables

  • La fonction ventriculaire

Elle peut Ă©galement fournir des informations sur le pĂ©ricarde, les poumons, l’aorte ascendante, les artĂšres pulmonaires et d’autres structures. Les causes alternatives de douleur thoracique identifiĂ©es sur la TDM cardiaque comprennent l’embolie pulmonaire, l’infarctus pulmonaire, la dissection aortique, l’épanchement pĂ©ricardique, la hernie hiatale et la dilatation de l’artĂšre pulmonaire.

Précision diagnostique

Comparativement Ă  l’angiographie invasive, la CCTA a dĂ©montrĂ© une sensibilitĂ© Ă©levĂ©e pour les stĂ©noses supĂ©rieures Ă  50 %. Dans une mĂ©ta-analyse, la sensibilitĂ© Ă©tait de 97 % et la spĂ©cificitĂ© de 78 %. Pour une CAD fonctionnellement significative dĂ©finie par une FFR invasive ≀0.80, la sensibilitĂ© Ă©tait de 93 % et la spĂ©cificitĂ© de 53 %.

Dans une comparaison prospective portant sur plusieurs examens non invasifs, la CCTA a dĂ©montrĂ© une sensibilitĂ© de 91 % et une spĂ©cificitĂ© de 92 % pour une CAD significative dĂ©finie par l’angiographie invasive. Dans une autre comparaison directe utilisant une FFR invasive ≀0.80 comme Ă©talon de rĂ©fĂ©rence, la CCTA avait une sensibilitĂ© de 90 %.

Ces rĂ©sultats Ă©tayent l’utilisation de la CCTA comme examen anatomique sensible et comme examen efficace d’exclusion. Sa capacitĂ© Ă  identifier une ischĂ©mie spĂ©cifique de la lĂ©sion est plus limitĂ©e, et une stĂ©nose anatomique n’établit pas nĂ©cessairement sa signification hĂ©modynamique.

Réserve fractionnelle de débit dérivée de la TDM

La FFR-CT utilise des algorithmes computationnels appliquĂ©s aux donnĂ©es de CCTA afin d’estimer le dĂ©bit coronaire spĂ©cifique de la lĂ©sion. Elle peut ĂȘtre utile pour les lĂ©sions dont la signification hĂ©modynamique est incertaine. Une FFR-CT normale peut contribuer Ă  Ă©viter une angiographie invasive inutile.

Pour les lĂ©sions intermĂ©diaires, particuliĂšrement en position proximale ou sur le segment moyen d’un vaisseau, les recommandations actuelles prĂ©conisent d’envisager une FFR-CT ou une autre Ă©valuation fonctionnelle. La FFR-CT peut Ă©galement ĂȘtre intĂ©grĂ©e Ă  l’évaluation prĂ©opĂ©ratoire chez certains patients.

Perfusion myocardique par TDM

La perfusion myocardique de stress par TDM fournit des informations anatomiques et physiologiques dans le cadre d’un protocole unique. Elle peut ĂȘtre combinĂ©e Ă  la CCTA, avec une exposition aux rayonnements rapportĂ©e comme similaire Ă  celle de l’imagerie de perfusion nuclĂ©aire. Dans l’étude multicentrique citĂ©e, la perfusion par TDM prĂ©sentait une sensibilitĂ© de 88 % et une spĂ©cificitĂ© de 55 % pour une CAD dĂ©finie par une stĂ©nose d’au moins 50 %, contre une sensibilitĂ© de 62 % et une spĂ©cificitĂ© de 67 % pour la SPECT.

TDM Ă  comptage photonique

Les dĂ©tecteurs de TDM Ă  comptage photonique permettent une rĂ©solution spatiale supĂ©rieure. Cela peut amĂ©liorer la visualisation des stents coronaires et rĂ©duire les artefacts de blooming calcique. L’imagerie Ă  ultra-haute rĂ©solution a dĂ©montrĂ© sa capacitĂ© Ă  distinguer une maladie lĂ©gĂšre d’une occlusion dans des vaisseaux fortement calcifiĂ©s, bien que le rĂŽle clinique de ces techniques plus rĂ©centes continue d’évoluer.

Autres applications de la TDM cardiaque

Sténose aortique

La sĂ©vĂ©ritĂ© de la stĂ©nose aortique peut ĂȘtre Ă©valuĂ©e Ă  l’aide du score calcique valvulaire aortique d’Agatston. Des valeurs supĂ©rieures Ă  2065 chez les hommes et supĂ©rieures Ă  1274 chez les femmes ont Ă©tĂ© rapportĂ©es comme permettant une bonne discrimination d’une stĂ©nose aortique sĂ©vĂšre et l’identification des patients ayant un pronostic dĂ©favorable.

La planimĂ©trie directe Ă  l’extrĂ©mitĂ© des sigmoĂŻdes permet de mesurer la surface valvulaire aortique. L’imagerie multiphasique peut Ă©galement identifier la fermeture de la valve aortique pendant la diastole, contribuant ainsi Ă  l’évaluation d’une rĂ©gurgitation aortique. La planimĂ©trie directe de l’orifice rĂ©gurgitant peut ĂȘtre utilisĂ©e pour estimer la sĂ©vĂ©ritĂ© de la rĂ©gurgitation aortique.

ProthĂšses valvulaires

La TDM cardiaque est particuliĂšrement utile lorsque l’échocardiographie est limitĂ©e par les artefacts liĂ©s Ă  la prothĂšse valvulaire. Elle peut Ă©valuer :

  • La thrombose de prothĂšse valvulaire

  • L’épaississement hypoattĂ©nuant des feuillets (HALT)

  • La rĂ©duction de la mobilitĂ© des feuillets, Ă©galement appelĂ©e hypoattĂ©nuation affectant le mouvement (HAM)

  • Le pannus

  • L’ouverture et la fermeture des feuillets d’une prothĂšse mĂ©canique

  • Le pseudoanĂ©vrisme paravalvulaire

  • L’abcĂšs

  • La fistule

  • Les autres complications de l’endocardite sur prothĂšse valvulaire

Le HALT apparaĂźt comme un Ă©paississement hypoattĂ©nuant des feuillets en forme de mĂ©nisque, gĂ©nĂ©ralement plus marquĂ© Ă  la base du feuillet qu’en position centrale. Les comptes rendus doivent prĂ©ciser sa localisation, son extension longitudinale et son Ă©paisseur, et indiquer si une restriction de la mobilitĂ© du feuillet est prĂ©sente.

La plupart des cas de HALT avec rĂ©duction de la mobilitĂ© des feuillets sont probablement infracliniques. L’anticoagulation orale est associĂ©e Ă  une incidence plus faible de HALT ou de HAM, et l’instauration d’une anticoagulation orale aprĂšs leur dĂ©tection a Ă©tĂ© associĂ©e Ă  une rĂ©duction de l’épaississement des feuillets. Cependant, le bĂ©nĂ©fice clinique du traitement d’une thrombose infraclinique des feuillets, notamment sa capacitĂ© Ă  rĂ©duire la dĂ©gĂ©nĂ©rescence valvulaire, demeure incertain. Le document source ne prĂ©cise ni anticoagulant ni posologie pour cette indication.

La TDM cardiaque peut dĂ©tecter les vĂ©gĂ©tations sur les valves natives avec une grande prĂ©cision diagnostique, bien que les vĂ©gĂ©tations de trĂšs petite taille puissent ĂȘtre difficiles Ă  visualiser. Sur les prothĂšses valvulaires, elle peut identifier un pseudoanĂ©vrisme paravalvulaire, un abcĂšs ou une fistule. Dans les recommandations citĂ©es concernant l’endocardite infectieuse, les lĂ©sions paravalvulaires dĂ©tectĂ©es par TDM cardiaque constituent un critĂšre diagnostique majeur dans les critĂšres diagnostiques modifiĂ©s.

Compte rendu CAD-RADS

Objectif et structure

CAD-RADS, systÚme de compte rendu et de données pour la maladie coronaire, est recommandé pour standardiser les comptes rendus de CCTA. Le compte rendu doit préciser :

  • Le degrĂ© maximal de stĂ©nose coronaire

  • L’étendue des plaques

  • Les caractĂ©ristiques des plaques Ă  haut risque lorsqu’elles sont prĂ©sentes

  • Les anomalies extracoronaires pertinentes

  • Une recommandation orientĂ©e vers la prise en charge

La charge athĂ©romateuse peut ĂȘtre intĂ©grĂ©e Ă  l’aide du modificateur P :

  • P1 : charge athĂ©romateuse lĂ©gĂšre

  • P2 : charge athĂ©romateuse modĂ©rĂ©e

  • P3 : charge athĂ©romateuse sĂ©vĂšre

  • P4 : charge athĂ©romateuse Ă©tendue

Le document source ne fournit pas de seuils quantitatifs formels pour chacune des catégories de charge athéromateuse.

Catégories CAD-RADS

Catégorie CAD-RADS Sténose maximale ou constatation
CAD-RADS 0 Absence de plaque ou de sténose
CAD-RADS 1 StĂ©nose minime : 1 %–24 %
CAD-RADS 2 StĂ©nose lĂ©gĂšre : 25 %–49 %
CAD-RADS 3 StĂ©nose modĂ©rĂ©e : 50 %–69 %
CAD-RADS 4 StĂ©nose sĂ©vĂšre : 70 %–99 %
CAD-RADS 5 Occlusion complĂšte
CAD-RADS 4B Atteinte à haut risque du tronc commun ou des trois vaisseaux dans la catégorie des maladies sévÚres

Pour les catĂ©gories CAD-RADS 3 ou 4A, des modificateurs supplĂ©mentaires peuvent inclure la dĂ©signation « 1+ », conduisant Ă  envisager une ICA lorsque les symptĂŽmes ou l’anatomie le justifient. La catĂ©gorie CAD-RADS 5 nĂ©cessite une prise en charge particuliĂšrement urgente lorsqu’une occlusion aiguĂ« est suspectĂ©e.

Compte rendu des informations extracoronaires

Un infarctus du myocarde antĂ©rieur doit ĂȘtre signalĂ© lorsque ses signes sont visibles sur l’angioscanner. Un infarctus ancien est rapportĂ© de maniĂšre appropriĂ©e lorsqu’une mĂ©taplasie graisseuse ou une calcification est prĂ©sente dans une rĂ©gion infarcie.

Les comptes rendus doivent également identifier les anomalies pertinentes intéressant :

  • La racine aortique et l’aorte ascendante

  • Le pĂ©ricarde

  • Les artĂšres pulmonaires

  • Les poumons

  • Les masses cardiaques

  • Les prothĂšses valvulaires

  • Les structures paravalvulaires

Prise en charge fondée sur CAD-RADS en cas de douleur thoracique stable

Catégorie CAD-RADS et charge athéromateuse Prise en charge suggérée
CAD-RADS 0 Rassurer le patient et envisager des causes non athéroscléreuses des symptÎmes.
CAD-RADS 1 ou 2 avec P1 Envisager des causes non athéroscléreuses ; envisager une modification des facteurs de risque et un traitement pharmacologique préventif.
CAD-RADS 1 ou 2 avec P2 Envisager des causes non athéroscléreuses ; mettre en place une modification des facteurs de risque et un traitement pharmacologique préventif.
CAD-RADS 1 ou 2 avec P3 ou P4 Envisager des causes non athéroscléreuses ; mettre en place une modification intensive des facteurs de risque et un traitement pharmacologique préventif.
CAD-RADS 3 Envisager une FFR-CT, une perfusion par TDM ou un test d’effort ; instaurer un traitement prĂ©ventif intensif et envisager un traitement antiangineux conformĂ©ment aux recommandations.
CAD-RADS 3 avec « 1+ » Envisager une ICA, particuliÚrement lorsque les symptÎmes restent fréquents malgré un traitement médical conforme aux recommandations.
CAD-RADS 4 Envisager une ICA ou une évaluation fonctionnelle ; instaurer un traitement préventif intensif et envisager un traitement antiangineux ainsi que les options de revascularisation conformément aux recommandations.
CAD-RADS 5 Envisager une ICA, une évaluation fonctionnelle et/ou une évaluation de la viabilité ; instaurer un traitement préventif intensif et envisager un traitement antiangineux ainsi que les options de revascularisation conformément aux recommandations.

L’intensitĂ© du traitement prĂ©ventif doit tenir compte du risque cardiovasculaire global, de la quantitĂ© et de la distribution des plaques, de la prĂ©sence de caractĂ©ristiques de plaque Ă  haut risque, de la localisation des lĂ©sions et de la sĂ©vĂ©ritĂ© de l’obstruction. Une charge athĂ©romateuse Ă©tendue, particuliĂšrement P3 ou P4, peut ĂȘtre associĂ©e Ă  un taux d’évĂ©nements similaire Ă  celui observĂ© dans les populations relevant de la prĂ©vention secondaire et doit conduire Ă  une modification intensive des facteurs de risque. Le document source indique que les traitements hypolipĂ©miants Ă  forte intensitĂ© et les traitements antiplaquettaires sont susceptibles d’ĂȘtre particuliĂšrement bĂ©nĂ©fiques chez ces patients en l’absence de contre-indications, mais il ne fournit ni noms de mĂ©dicaments, ni posologies, ni critĂšres de prescription propres au patient.

Prise en charge fondée sur CAD-RADS en cas de douleur thoracique aiguë

CAD-RADS Catégorie de plaque Prise en charge suggérée
CAD-RADS 0 Sans objet Rassurer ; aucune Ă©valuation complĂ©mentaire d’un SCA n’est nĂ©cessaire. Si la troponine est positive, rechercher d’autres causes d’élĂ©vation de la troponine.
CAD-RADS 1 P1 ou P2 Aucune Ă©valuation complĂ©mentaire d’un SCA n’est nĂ©cessaire ; si la troponine est positive, rechercher d’autres causes ; organiser en ambulatoire une modification des facteurs de risque et un traitement pharmacologique prĂ©ventif.
CAD-RADS 1 P3 ou P4 Aucune Ă©valuation complĂ©mentaire d’un SCA n’est nĂ©cessaire ; si la troponine est positive, rechercher d’autres causes ; organiser en ambulatoire une modification intensive des facteurs de risque et un traitement pharmacologique prĂ©ventif.
CAD-RADS 2 P1 ou P2 Si la suspicion clinique est Ă©levĂ©e, si la troponine est positive ou si une plaque Ă  haut risque est prĂ©sente, envisager l’hospitalisation et un avis cardiologique ; organiser une modification des facteurs de risque et un traitement pharmacologique prĂ©ventif.
CAD-RADS 2 P3 ou P4 Comme ci-dessus, avec une modification intensive des facteurs de risque et un traitement pharmacologique préventif.
CAD-RADS 3 Toute catĂ©gorie P Envisager l’hospitalisation et un avis cardiologique ; envisager une FFR-CT, une perfusion par TDM ou un test d’effort ; instaurer un traitement prĂ©ventif intensif et envisager un traitement antiangineux.
CAD-RADS 3 avec « 1+ » Toute catégorie P Envisager une ICA.
CAD-RADS 4A Toute catĂ©gorie P Hospitaliser avec avis cardiologique ; envisager une ICA ou une Ă©valuation fonctionnelle ; instaurer un traitement prĂ©ventif intensif et envisager un traitement antiangineux ainsi qu’une revascularisation.
CAD-RADS 4B Toute catĂ©gorie P Hospitaliser avec avis cardiologique ; l’ICA est recommandĂ©e ; instaurer un traitement prĂ©ventif intensif et envisager un traitement antiangineux ainsi qu’une revascularisation.
CAD-RADS 5 Toute catĂ©gorie P Hospitaliser avec avis cardiologique ; accĂ©lĂ©rer la rĂ©alisation de l’ICA et la revascularisation si une occlusion aiguĂ« est suspectĂ©e ; instaurer un traitement prĂ©ventif intensif et envisager un traitement antiangineux ainsi qu’une revascularisation.

Une troponine positive en prĂ©sence d’une catĂ©gorie CAD-RADS 0–2 ne doit pas ĂȘtre automatiquement attribuĂ©e Ă  une CAD obstructive. D’autres causes d’élĂ©vation de la troponine doivent ĂȘtre envisagĂ©es.

Recommandations des sociétés savantes

Le document source soutient les recommandations suivantes :

  • Utiliser CAD-RADS pour les comptes rendus de CCTA.

  • Envisager une mesure de la CAC lorsque le risque cardiovasculaire ou l’indication d’un traitement hypolipĂ©miant sont incertains chez les patients sans CAD connue.

  • Utiliser la CCTA comme examen diagnostique initial chez les patients stables ayant une probabilitĂ© clinique faible ou aucun antĂ©cĂ©dent de CAD, lorsqu’une bonne qualitĂ© d’image est attendue.

  • Utiliser la CCTA comme alternative Ă  l’ICA pour exclure un NSTE-ACS chez certains patients Ă  risque faible Ă  intermĂ©diaire prĂ©sentant des rĂ©sultats d’ECG et de troponine normaux ou non concluants.

  • ReconnaĂźtre qu’une calcification coronaire importante rĂ©duit l’utilitĂ© pratique de la CCTA.

  • Utiliser la FFR-CT pour certaines lĂ©sions dont la signification hĂ©modynamique est incertaine ; un rĂ©sultat normal peut contribuer Ă  Ă©viter une angiographie invasive inutile.

  • Envisager une perfusion par TDM ou un test d’effort pour les lĂ©sions intermĂ©diaires Ă  la CCTA.

  • Envisager une ICA ou une Ă©valuation fonctionnelle en cas de CAD-RADS 4.

  • Recommander une ICA en cas de CAD-RADS 4B.

  • AccĂ©lĂ©rer la rĂ©alisation de l’ICA et la revascularisation lorsque la catĂ©gorie CAD-RADS 5 correspond Ă  une suspicion d’occlusion aiguĂ«.

  • Chez les patients devant bĂ©nĂ©ficier d’une chirurgie valvulaire, un pontage aortocoronarien est recommandĂ© en cas de stĂ©nose ≄70 % et doit ĂȘtre envisagĂ© pour une stĂ©nose de 50 %–70 % lorsqu’une revascularisation complĂšte concomitante est appropriĂ©e.

  • Chez les patients devant bĂ©nĂ©ficier d’une TAVI, une ICP doit ĂȘtre envisagĂ©e en cas de stĂ©nose de haut grade ≄90 % dans des vaisseaux de diamĂštre ≄2.5 mm. Pour une stĂ©nose ≄70 %, une ICP peut ĂȘtre envisagĂ©e selon la symptomatologie.

  • Chez les patients ayant une indication principale de TAVI, la prĂ©sence d’une CAD doit influencer le choix de la valve, la planification de l’accĂšs coronaire, la technique d’implantation et l’alignement commissural.

  • Lorsque la CCTA rĂ©alisĂ©e lors de l’évaluation prĂ©-TAVI est d’une qualitĂ© suffisante pour exclure une CAD pertinente, l’omission de la coronarographie invasive doit ĂȘtre envisagĂ©e.

  • Chez les patients devant subir une chirurgie non cardiaque, la coronarographie prĂ©opĂ©ratoire et la revascularisation doivent rĂ©pondre aux indications utilisĂ©es en dehors du contexte chirurgical.

Traitement et prise en charge préventive

La CCTA est principalement un examen diagnostique et de stratification du risque, mais ses résultats doivent guider directement la prise en charge préventive.

Absence de plaque ou de sténose

Les patients classĂ©s CAD-RADS 0 doivent ĂȘtre rassurĂ©s quant au caractĂšre excellent du pronostic dans le contexte dĂ©crit par le document source. Une prise en charge prĂ©ventive fondĂ©e sur les mesures hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques doit constituer la principale stratĂ©gie de rĂ©duction du risque futur, et des causes non athĂ©rosclĂ©reuses des symptĂŽmes doivent ĂȘtre envisagĂ©es.

Plaque non obstructive

Les sténoses minimes et légÚres sont peu susceptibles de limiter le débit. La prise en charge doit comprendre :

  • Une recherche de mĂ©canismes symptomatiques non athĂ©rosclĂ©reux

  • Une modification des facteurs de risque

  • Un traitement pharmacologique prĂ©ventif lorsque cela est appropriĂ©

  • Un traitement prĂ©ventif plus intensif lorsque la charge athĂ©romateuse est importante ou que des caractĂ©ristiques de plaque Ă  haut risque sont prĂ©sentes

La mise en Ă©vidence d’une plaque, en particulier d’une plaque Ă©tendue, doit conduire Ă  instaurer ou Ă  intensifier un traitement pharmacologique chez les patients ne recevant pas dĂ©jĂ  une prĂ©vention appropriĂ©e. Le document source ne prĂ©cise ni objectifs hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques particuliers, ni concentrations lipidiques, ni posologies mĂ©dicamenteuses, ni schĂ©mas antiplaquettaires.

Sténose modérée et sévÚre

Pour les lĂ©sions CAD-RADS 3, une Ă©valuation fonctionnelle complĂ©mentaire par FFR-CT, perfusion par TDM ou test d’effort peut prĂ©ciser la nĂ©cessitĂ© d’une Ă©valuation invasive. Le traitement prĂ©ventif doit ĂȘtre intensif et un traitement antiangineux doit ĂȘtre envisagĂ© conformĂ©ment aux recommandations.

En cas de CAD-RADS 4, une ICA ou une Ă©valuation fonctionnelle doit ĂȘtre envisagĂ©e. Les options de revascularisation doivent ĂȘtre Ă©valuĂ©es en tenant compte de la charge symptomatique, de l’anatomie des lĂ©sions, des caractĂ©ristiques des plaques et des rĂ©sultats de l’évaluation fonctionnelle.

En cas de CAD-RADS 5, une ICA, une Ă©valuation fonctionnelle et/ou une Ă©valuation de la viabilitĂ© peuvent ĂȘtre appropriĂ©es. Lorsqu’une occlusion aiguĂ« est suspectĂ©e, l’angiographie invasive et la revascularisation doivent ĂȘtre rĂ©alisĂ©es sans dĂ©lai.

Coronarographie invasive

Bien que la CCTA fournisse une Ă©valuation anatomique non invasive trĂšs sensible, une Ă©valuation prĂ©cise de l’anatomie coronaire peut encore nĂ©cessiter une ICA. L’angiographie invasive demeure particuliĂšrement pertinente lorsque :

  • La CCTA met en Ă©vidence une anatomie Ă  haut risque

  • Les symptĂŽmes persistent malgrĂ© le traitement mĂ©dical

  • Les examens non invasifs sont non concluants

  • Une atteinte du tronc commun ou une maladie pluritronculaire Ă©tendue est suspectĂ©e

  • Une revascularisation est envisagĂ©e

  • Une catĂ©gorie CAD-RADS 4B ou 5 est prĂ©sente

  • Une occlusion coronaire aiguĂ« est suspectĂ©e

Le risque angiographique dĂ©pend du nombre de vaisseaux atteints, de la sĂ©vĂ©ritĂ© et de la localisation des stĂ©noses, de l’atteinte proximale, d’une atteinte du tronc commun et de la fonction ventriculaire gauche. Une atteinte sĂ©vĂšre du tronc commun et son Ă©quivalent anatomique — atteinte sĂ©vĂšre de l’IVA proximale et de la circonflexe proximale — constituent des sous-groupes particuliĂšrement Ă  haut risque et restent des indications de revascularisation.

La prĂ©sence d’une ischĂ©mie myocardique n’implique pas nĂ©cessairement une CAD Ă©picardique obstructive. Une proportion substantielle de patients angineux peut ne prĂ©senter aucune maladie obstructive Ă  l’angiographie invasive, et une ischĂ©mie peut survenir en l’absence de stĂ©nose Ă©picardique.

Place de la CCTA par rapport aux autres stratégies diagnostiques

La CCTA et les tests fonctionnels fournissent des informations complémentaires.

  • La CCTA identifie les plaques et les stĂ©noses anatomiques.

  • L’imagerie fonctionnelle Ă©value les consĂ©quences physiologiques de la maladie.

  • La FFR-CT ajoute Ă  la CCTA des informations sur le dĂ©bit spĂ©cifique de la lĂ©sion.

  • La perfusion par TDM associe une Ă©valuation anatomique et physiologique.

  • L’angiographie invasive fournit une anatomie dĂ©taillĂ©e, mais ne permet pas Ă  elle seule d’établir de maniĂšre fiable si une stĂ©nose est hĂ©modynamiquement significative.

En cas de douleur thoracique stable, des comparaisons randomisĂ©es ont montrĂ© des rĂ©sultats cliniques similaires entre une stratĂ©gie initiale de CCTA et une stratĂ©gie fondĂ©e sur un test fonctionnel, bien que la CCTA puisse conduire Ă  davantage de cathĂ©tĂ©rismes tout en rĂ©duisant la frĂ©quence de la dĂ©couverte d’une absence de maladie obstructive lors de l’angiographie invasive.

Un avantage important de la CCTA est sa capacitĂ© Ă  dĂ©tecter les plaques non obstructives. Dans les donnĂ©es citĂ©es, de nombreux Ă©vĂ©nements coronaires sont survenus chez des patients prĂ©sentant une stĂ©nose infĂ©rieure Ă  70 %, groupe qui peut ne pas ĂȘtre identifiĂ© par l’imagerie de perfusion seule. Les rĂ©sultats de la CCTA peuvent donc influencer le traitement prĂ©ventif mĂȘme lorsqu’une revascularisation n’est pas indiquĂ©e.

Pronostic et suivi

Implications pronostiques

Une CCTA normale, dĂ©finie par une catĂ©gorie CAD-RADS 0, est associĂ©e Ă  un excellent pronostic dans le contexte dĂ©crit. L’augmentation de la charge athĂ©romateuse, les caractĂ©ristiques de plaque Ă  haut risque, la maladie obstructive, l’atteinte proximale, l’atteinte du tronc commun, la maladie pluritronculaire et l’altĂ©ration de la fonction ventriculaire gauche sont associĂ©es Ă  une augmentation progressive du risque.

La CCTA possĂšde une valeur pronostique au-delĂ  de l’identification des stĂ©noses sĂ©vĂšres, car les plaques non obstructives sont elles-mĂȘmes associĂ©es Ă  la survenue ultĂ©rieure d’évĂ©nements cardiovasculaires. En cas de douleur thoracique stable, l’utilisation de la CCTA a Ă©tĂ© associĂ©e Ă  une rĂ©duction Ă  cinq ans du taux de dĂ©cĂšs coronaire ou d’infarctus du myocarde dans les donnĂ©es citĂ©es, avec une rĂ©duction relative similaire de l’infarctus du myocarde chez les patients dont la douleur thoracique a finalement Ă©tĂ© considĂ©rĂ©e comme non cardiaque.

Suivi

Le suivi doit ĂȘtre dĂ©terminĂ© par la catĂ©gorie CCTA, la charge athĂ©romateuse, les symptĂŽmes et les rĂ©sultats des examens complĂ©mentaires.

  • CAD-RADS 0 : Rassurer le patient, mettre en place une prĂ©vention fondĂ©e sur les mesures hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques et rechercher des causes extracoronaires si les symptĂŽmes persistent.

  • CAD-RADS 1–2 : Modification ambulatoire des facteurs de risque et traitement pharmacologique prĂ©ventif ; prĂ©vention intensive en cas de plaque Ă©tendue.

  • CAD-RADS 3 : Évaluation cardiologique et examen d’une FFR-CT, d’une perfusion par TDM ou d’un test d’effort ; un traitement antiangineux peut ĂȘtre ajoutĂ©.

  • CAD-RADS 4 : Évaluation cardiologique avec examen d’une ICA ou d’une Ă©valuation fonctionnelle et recherche d’une indication de revascularisation.

  • CAD-RADS 5 : Évaluation cardiologique urgente, avec rĂ©alisation accĂ©lĂ©rĂ©e d’une ICA et d’une revascularisation lorsqu’une occlusion aiguĂ« est suspectĂ©e.

La TDM cardiaque rĂ©pĂ©tĂ©e n’est gĂ©nĂ©ralement pas privilĂ©giĂ©e pour l’évaluation de routine de la taille et de la fonction ventriculaires en raison de l’exposition aux rayonnements et d’une rĂ©solution temporelle infĂ©rieure Ă  celle de l’IRM cardiaque. Le document source ne dĂ©finit pas d’intervalles systĂ©matiques pour la rĂ©pĂ©tition d’une CCTA, d’une mesure de la CAC ou d’une imagerie de suivi.

Auteurs

EBM AI
Evidensbaserad AI-agent

Mis à jour 7 août 2026