đŸš« Anatomie coronaire et classification segmentaire Ă  l’usage du clinicien

Sommaire (39)

Introduction

L’évaluation clinique de la maladie coronarienne (MC) nĂ©cessite l’intĂ©gration des symptĂŽmes, des facteurs de risque cardiovasculaire, de l’anatomie coronaire, de l’ischĂ©mie myocardique, de la fonction ventriculaire et du rapport bĂ©nĂ©fice–risque attendu de la revascularisation. La coronarographie demeure principalement un examen anatomique, tandis que la prise de dĂ©cision contemporaine associe de plus en plus l’imagerie anatomique Ă  l’évaluation fonctionnelle.

Un principe pratique central est que la sĂ©vĂ©ritĂ© visuelle d’une stĂ©nose ne permet pas d’établir de maniĂšre fiable son importance hĂ©modynamique. Une lĂ©sion d’aspect modĂ©rĂ© peut ĂȘtre fonctionnellement significative, tandis qu’une lĂ©sion anatomiquement sĂ©vĂšre peut ne pas identifier le patient le plus susceptible de tirer bĂ©nĂ©fice d’une intervention. À l’inverse, des lĂ©sions apparemment minimes peuvent se rompre et prĂ©cipiter un infarctus du myocarde ou une mort subite. L’anatomie coronaire doit donc ĂȘtre interprĂ©tĂ©e dans son contexte clinique et physiologique global.

Définition et physiopathologie

Maladie coronarienne et sténose obstructive

La MC Ă©picardique anatomiquement significative est classiquement dĂ©finie par une stĂ©nose d’au moins 70 %, tandis qu’une stĂ©nose du tronc commun coronaire gauche d’au moins 50 % est considĂ©rĂ©e comme significative. Ces seuils dĂ©crivent une rĂ©duction de la lumiĂšre, mais pas nĂ©cessairement l’effet physiologique de la lĂ©sion.

Le pourcentage apparent de stĂ©nose est calculĂ© par rapport Ă  un segment de rĂ©fĂ©rence adjacent prĂ©sumĂ© relativement normal. Cette hypothĂšse peut ĂȘtre erronĂ©e en cas d’athĂ©rosclĂ©rose diffuse, conduisant Ă  sous-estimer la charge globale de la maladie. La coronarographie apporte Ă©galement des informations limitĂ©es sur la composition de la plaque, sa vulnĂ©rabilitĂ© et le risque de rupture ultĂ©rieure.

Sévérité anatomique versus importance fonctionnelle

L’effet physiologique d’une lĂ©sion coronaire dĂ©pend de plusieurs facteurs autres que la rĂ©duction visuelle du diamĂštre. Les dĂ©terminants pertinents comprennent :

  • L’excentricitĂ© de la lĂ©sion

  • La tortuositĂ© du vaisseau

  • Les calcifications

  • Une rupture de plaque ou des dĂ©fauts de remplissage asymĂ©triques

  • Des lĂ©sions sĂ©riĂ©es

  • Le calibre du vaisseau

  • Le rapport entre la lĂ©sion et les branches collatĂ©rales

  • L’étendue et la distribution du myocarde situĂ© en aval

  • La circulation collatĂ©rale

  • Une maladie distale diffuse

Ainsi, une lĂ©sion visuellement « limite » de 50–70 % peut ĂȘtre fonctionnellement significative, tandis qu’une lĂ©sion d’aspect sĂ©vĂšre peut ne pas provoquer d’ischĂ©mie objectivable. L’évaluation fonctionnelle par mesure de pression ou de dĂ©bit, l’imagerie intravasculaire ou la mesure de la rĂ©serve fractionnelle de flux dĂ©rivĂ©e de la tomodensitomĂ©trie peuvent affiner l’interprĂ©tation.

Plaque coronaire et événements ultérieurs

La sĂ©vĂ©ritĂ© angiographique d’une stĂ©nose est un prĂ©dicteur imparfait de l’infarctus du myocarde ou de la mort subite Ă  venir. Des lĂ©sions ne provoquant qu’une obstruction minime peuvent se rompre, se thromboser et s’occlure. De nombreux infarctus aigus du myocarde surviennent sur des lĂ©sions qui obstruaient auparavant moins de 50 % de la lumiĂšre. L’évaluation de la charge totale de la maladie coronaire, y compris des plaques non obstructives, apporte donc des informations pronostiques au-delĂ  de l’identification de stĂ©noses focales sĂ©vĂšres.

Anomalies coronaires

Les anomalies des artĂšres coronaires sont rares dans la population gĂ©nĂ©rale, mais reprĂ©sentent une proportion importante des morts subites cardiaques chez les jeunes sportifs. Sur le plan clinique, elles peuvent ĂȘtre classĂ©es selon qu’elles sont :

  • Non associĂ©es Ă  une ischĂ©mie

  • AssociĂ©es Ă  une ischĂ©mie Ă©pisodique

  • AssociĂ©es Ă  une ischĂ©mie obligatoire

Les anomalies peuvent intĂ©resser l’ostium coronaire, l’origine, la terminaison, ou correspondre Ă  une absence congĂ©nitale ou une hypoplasie. L’origine aortique anormale d’une artĂšre coronaire Ă  partir du sinus de Valsalva controlatĂ©ral est associĂ©e Ă  un risque accru de mort subite, en particulier chez les sujets ĂągĂ©s de moins de 35 ans pendant ou aprĂšs un exercice intense. L’origine anormale de l’artĂšre coronaire gauche est moins frĂ©quente, mais considĂ©rĂ©e comme plus maligne que l’origine anormale de l’artĂšre coronaire droite.

Les caractéristiques anatomiques à haut risque comprennent :

  • Un trajet interartĂ©riel entre l’aorte et l’artĂšre pulmonaire

  • Un ostium en fente

  • Une origine haute

  • Une naissance Ă  angle aigu

  • Un trajet intramural, notamment sa longueur

Segments artériels coronaires et classification clinique

Territoires coronaires épicardiques

L’interprĂ©tation clinique prend gĂ©nĂ©ralement en compte les principaux vaisseaux Ă©picardiques et leurs territoires myocardiques :

  • Tronc commun coronaire gauche

  • ArtĂšre interventriculaire antĂ©rieure

  • ArtĂšre circonflexe

  • ArtĂšre coronaire droite

Le tronc commun coronaire gauche est particuliĂšrement important sur le plan clinique, car sa maladie compromet les territoires de l’artĂšre interventriculaire antĂ©rieure et de l’artĂšre circonflexe. La maladie proximale de l’artĂšre interventriculaire antĂ©rieure est particuliĂšrement pertinente, car elle menace un vaste territoire myocardique antĂ©rieur et septal. Les atteintes de la coronaire droite et de la circonflexe doivent ĂȘtre interprĂ©tĂ©es en fonction de la dominance coronaire, de l’atteinte des branches et de la distribution du myocarde menacĂ©.

Le document source ne fournit pas de nomenclature segmentaire numĂ©rotĂ©e formelle ni de classification anatomique complĂšte, branche par branche. Il identifie toutefois des segments proximaux et moyens cliniquement importants, le tronc commun gauche, l’artĂšre interventriculaire antĂ©rieure proximale, les segments des principaux vaisseaux et les lĂ©sions intĂ©ressant les bifurcations ou des segments coronaires longs et complexes.

Configurations anatomiques pertinentes pour le risque

Les configurations suivantes sont identifiées comme des signes à haut risque dans la maladie coronarienne chronique :

Configuration coronaire CritĂšre de haut risque
Atteinte du tronc commun gauche StĂ©nose ≄50 %
Atteinte tritronculaire StĂ©nose ≄70 %
Atteinte bitronculaire incluant l’IVA proximale StĂ©nose ≄70 %
Atteinte monotronculaire de l’IVA proximale StĂ©nose ≄70 % avec FFR-CT ≀0.8

La portĂ©e de ces configurations est pronostique et thĂ©rapeutique, plutĂŽt que purement descriptive. Les dĂ©cisions concernant la revascularisation doivent Ă©galement intĂ©grer la fonction ventriculaire, la charge symptomatique, l’ischĂ©mie, les comorbiditĂ©s, le risque chirurgical, la complexitĂ© anatomique, les prĂ©fĂ©rences du patient et le bĂ©nĂ©fice attendu sur la qualitĂ© de vie.

Anatomie coronaire et complexité de la revascularisation

Les principaux éléments anatomiques à prendre en compte comprennent :

  • L’atteinte du tronc commun gauche

  • L’atteinte des segments proximaux

  • Le nombre de vaisseaux atteints

  • Le score SYNTAX ou d’autres mesures de la complexitĂ© anatomique

  • Le calibre des vaisseaux

  • Les calcifications

  • La tortuositĂ©

  • L’anatomie des bifurcations

  • La maladie distale diffuse

  • La disponibilitĂ© de cibles appropriĂ©es pour la revascularisation

Une maladie distale diffuse et sĂ©vĂšre peut rendre le patient inĂ©ligible Ă  une ICP comme Ă  un pontage aortocoronarien. Dans les situations complexes, le choix thĂ©rapeutique doit ĂȘtre discutĂ© par une Ă©quipe multidisciplinaire (« Heart Team ») comprenant des cardiologues interventionnels, des chirurgiens cardiaques, des cardiologues non interventionnels et les autres spĂ©cialitĂ©s concernĂ©es.

Présentation clinique et symptÎmes

SymptĂŽmes Ă©vocateurs d’une maladie coronarienne chronique

L’interrogatoire doit prĂ©ciser :

  • Le mode de dĂ©but

  • La durĂ©e

  • Le caractĂšre

  • La localisation

  • Les facteurs dĂ©clenchants

  • Les facteurs soulageants

  • Le moment de la journĂ©e

  • Les symptĂŽmes associĂ©s

Les équivalents angineux potentiels comprennent :

  • Une douleur thoracique dĂ©clenchĂ©e par un stress Ă©motionnel

  • Une dyspnĂ©e d’effort

  • Des Ă©tourdissements Ă  l’effort

  • Une douleur du bras, de la mĂąchoire, du cou ou du haut du dos

  • Une fatigue

Les symptĂŽmes peuvent ĂȘtre liĂ©s Ă  une MC Ă©picardique obstructive, Ă  un vasospasme coronaire, Ă  une dysfonction microvasculaire ou Ă  une autre cause cardiaque ou extracardiaque. Chez les patients prĂ©sentant des symptĂŽmes persistants ou rĂ©fractaires, l’évaluation ne doit pas s’arrĂȘter Ă  l’identification de lĂ©sions obstructives ; les endotypes d’ANOCA et d’INOCA peuvent nĂ©cessiter des tests fonctionnels coronaires.

Syndromes coronariens aigus

Les patients prĂ©sentant un syndrome coronarien aigu sans sus-dĂ©calage du segment ST peuvent se prĂ©senter avec une angor rĂ©fractaire, une instabilitĂ© hĂ©modynamique ou une instabilitĂ© Ă©lectrique. Ces caractĂ©ristiques justifient une Ă©valuation invasive urgente ou immĂ©diate en l’absence de comorbiditĂ©s graves ou de contre-indications procĂ©durales.

L’infarctus du myocarde avec sus-dĂ©calage du segment ST nĂ©cessite gĂ©nĂ©ralement un traitement invasif urgent. L’ICP primaire est recommandĂ©e chez les patients prĂ©sentant des symptĂŽmes ischĂ©miques Ă©voluant depuis moins de 12 heures et est raisonnable entre 12 et 24 heures lorsqu’il persiste des signes cliniques ou ECG d’ischĂ©mie en cours. L’ICP primaire est Ă©galement recommandĂ©e en cas de STEMI compliquĂ© d’un choc cardiogĂ©nique ou d’une insuffisance cardiaque aiguĂ« sĂ©vĂšre, quel que soit le dĂ©lai depuis le dĂ©but des symptĂŽmes.

Évaluation et examen clinique

Évaluation clinique initiale

L’évaluation initiale associe les symptĂŽmes, les facteurs de risque cardiovasculaire, les antĂ©cĂ©dents cardiovasculaires, les donnĂ©es de l’examen clinique et l’ECG de repos. La probabilitĂ© prĂ©test d’une MC Ă©picardique obstructive doit ĂȘtre estimĂ©e Ă  l’aide du modĂšle de probabilitĂ© clinique pondĂ©rĂ©e par les facteurs de risque (« Risk Factor-weighted Clinical Likelihood »), puis affinĂ©e par des informations cliniques complĂ©mentaires.

Les facteurs susceptibles de modifier l’estimation de la probabilitĂ© comprennent :

  • Les signes d’atteinte artĂ©rielle pĂ©riphĂ©rique

  • Les anomalies de l’ECG de repos

  • L’échocardiographie de repos

  • Les calcifications vasculaires identifiĂ©es sur une imagerie antĂ©rieure

  • Le diabĂšte

  • La maladie rĂ©nale chronique

  • La fraction d’éjection ventriculaire gauche

  • Le seuil angineux

Lorsque la probabilitĂ© prĂ©test estimĂ©e est trĂšs faible, infĂ©rieure Ă  5 %, les examens diagnostiques complĂ©mentaires peuvent ĂȘtre diffĂ©rĂ©s. Chez les patients prĂ©sentant une probabilitĂ© faible supĂ©rieure Ă  5 %, mais infĂ©rieure ou Ă©gale Ă  15 %, la mesure du score calcique coronaire peut contribuer Ă  une reclassification.

Examen clinique

Le document source ne fournit pas de description complĂšte de l’examen clinique en cas de suspicion de maladie coronarienne chronique. Il prĂ©conise spĂ©cifiquement l’évaluation des artĂšres pĂ©riphĂ©riques comme facteur susceptible de modifier la probabilitĂ© de MC. L’examen clinique doit donc ĂȘtre intĂ©grĂ© Ă  l’interrogatoire et aux examens de repos, plutĂŽt qu’utilisĂ© isolĂ©ment.

Stratification du risque

Le risque d’évĂ©nements indĂ©sirables doit ĂȘtre Ă©valuĂ© initialement sur la base des donnĂ©es cliniques, puis prĂ©cisĂ© par des examens non invasifs. Les signes Ă  haut risque comprennent :

  • Un score de Duke sur tapis roulant infĂ©rieur Ă  −10

  • Une ischĂ©mie intĂ©ressant au moins 10 % du myocarde ventriculaire gauche Ă  la SPECT ou Ă  la TEP de stress

  • Une hypokinĂ©sie ou une akinĂ©sie induite par le stress dans au moins 3 des 16 segments Ă  l’échocardiographie de stress

  • Des dĂ©fauts de perfusion induits par le stress dans au moins 2 des 16 segments Ă  l’IRM cardiaque de stress

  • Au moins 3 segments dysfonctionnels induits par la dobutamine Ă  l’IRM cardiaque de stress

  • Les configurations Ă  haut risque Ă  la CCTA Ă©numĂ©rĂ©es ci-dessus

Examens diagnostiques

Électrocardiographie de repos

L’ECG de repos fait partie de l’évaluation initiale des sujets chez lesquels un syndrome coronarien chronique est suspectĂ©. Il contribue Ă©galement Ă  affiner l’estimation de la probabilitĂ© clinique et joue un rĂŽle central dans la classification des syndromes coronariens aigus.

En cas de suspicion d’angor vasospastique, une surveillance ECG ambulatoire doit ĂȘtre envisagĂ©e. En prĂ©sence d’anomalies coronaires, l’ECG peut mettre en Ă©vidence des troubles du rythme ou de la conduction, bien que le document source ne fournisse pas de tracĂ© ECG spĂ©cifique pour chaque anomalie.

Angioscanner coronaire

La CCTA est recommandĂ©e chez les patients chez lesquels un syndrome coronarien chronique est suspectĂ© et dont la probabilitĂ© prĂ©test est faible ou modĂ©rĂ©e, dĂ©finie dans le document source comme supĂ©rieure Ă  5 % et infĂ©rieure ou Ă©gale Ă  50 %. Elle permet de diagnostiquer une MC obstructive et d’estimer le risque d’évĂ©nements cardiovasculaires indĂ©sirables majeurs.

La CCTA est Ă©galement recommandĂ©e lorsque l’imagerie fonctionnelle est non diagnostique chez les patients prĂ©sentant une probabilitĂ© faible ou modĂ©rĂ©e. Elle est privilĂ©giĂ©e pour exclure une MC obstructive dans ce groupe et peut ĂȘtre envisagĂ©e chez les patients prĂ©sentant une stĂ©nose coronaire intermĂ©diaire d’un segment proximal ou moyen, en utilisant la FFR dĂ©rivĂ©e de la TDM lorsque cela est appropriĂ©.

La CCTA apporte des informations particuliĂšrement importantes en cas d’anomalies coronaires. Il s’agit de la modalitĂ© privilĂ©giĂ©e pour l’évaluation des anatomies Ă  haut risque, notamment :

  • Les trajets intramuraux

  • Les ostia en fente

  • Les naissances Ă  angle aigu

  • L’origine ostiale haute ou anormale

Les limites de la CCTA et des autres techniques tomodensitomĂ©triques ne sont pas dĂ©crites de maniĂšre exhaustive dans le document source. Les recommandations antĂ©rieures identifient des situations dans lesquelles la qualitĂ© des images peut ĂȘtre mĂ©diocre, notamment les calcifications coronaires Ă©tendues, une frĂ©quence cardiaque irrĂ©guliĂšre, une obĂ©sitĂ© importante et l’incapacitĂ© Ă  coopĂ©rer lors de l’apnĂ©e.

Imagerie fonctionnelle non invasive

L’échocardiographie de stress est recommandĂ©e chez les patients prĂ©sentant une probabilitĂ© prĂ©test modĂ©rĂ©e ou Ă©levĂ©e de MC obstructive, dĂ©finie comme supĂ©rieure Ă  15 % et infĂ©rieure ou Ă©gale Ă  85 %. Elle est utilisĂ©e pour diagnostiquer une ischĂ©mie myocardique et estimer le risque d’évĂ©nements cardiovasculaires indĂ©sirables majeurs.

Lorsque deux segments myocardiques contigus ou davantage ne sont pas visualisĂ©s de maniĂšre adĂ©quate, des microbulles de produit de contraste ultrasonore intraveineux doivent ĂȘtre utilisĂ©es afin d’amĂ©liorer la prĂ©cision diagnostique. L’évaluation de la perfusion myocardique avec contraste peut fournir des informations supplĂ©mentaires par rapport Ă  l’analyse de la cinĂ©tique pariĂ©tale et amĂ©liorer la stratification du risque. L’évaluation Doppler de la rĂ©serve de flux coronaire de l’artĂšre interventriculaire antĂ©rieure peut ĂȘtre envisagĂ©e afin d’amĂ©liorer la stratification du risque et d’évaluer la fonction microvasculaire.

La SPECT ou, de préférence, la TEP de perfusion myocardique est recommandée chez les patients présentant une probabilité prétest modérée ou élevée afin de :

  • Diagnostiquer et quantifier l’ischĂ©mie

  • Identifier une cicatrice

  • Estimer le risque d’évĂ©nements cardiovasculaires indĂ©sirables majeurs

  • Quantifier le dĂ©bit sanguin myocardique par TEP

Lorsque la SPECT ou la TEP est rĂ©alisĂ©e avec une TDM thoracique non injectĂ©e pour la correction d’attĂ©nuation, le score calcique coronaire doit ĂȘtre mesurĂ© afin d’amĂ©liorer la dĂ©tection des MC non obstructives et obstructives.

L’IRM cardiaque de stress est recommandĂ©e chez les patients prĂ©sentant une probabilitĂ© prĂ©test modĂ©rĂ©e ou Ă©levĂ©e afin de diagnostiquer et de quantifier l’ischĂ©mie ou une cicatrice, et d’estimer le risque d’évĂ©nements cardiovasculaires indĂ©sirables majeurs.

Mesure du score calcique coronaire

La mesure du score calcique coronaire peut ĂȘtre envisagĂ©e autour des seuils dĂ©cisionnels thĂ©rapeutiques et amĂ©liorer la classification du risque. Chez les personnes prĂ©sentant une probabilitĂ© prĂ©test faible supĂ©rieure Ă  5 %, mais infĂ©rieure ou Ă©gale Ă  15 %, le score calcique coronaire peut identifier les sujets dont la probabilitĂ© pondĂ©rĂ©e par le calcium devient trĂšs faible.

Les TDM thoraciques antĂ©rieures doivent ĂȘtre examinĂ©es Ă  la recherche de calcifications coronaires lorsqu’elles sont disponibles, car ces Ă©lĂ©ments peuvent amĂ©liorer la stratification du risque et contribuer Ă  orienter la prise en charge des facteurs de risque modifiables.

Coronarographie invasive

La coronarographie invasive est indiquée dans certaines situations cliniques :

  • Maladie coronarienne chronique avec antĂ©cĂ©dent de mort subite ou d’arythmie ventriculaire potentiellement lĂ©tale

  • Maladie coronarienne chronique avec symptĂŽmes ou signes d’insuffisance cardiaque nĂ©cessitant une Ă©valuation

  • Forte probabilitĂ© de maladie cardiaque ischĂ©mique sĂ©vĂšre lorsque la revascularisation est rĂ©alisable

  • SymptĂŽmes ischĂ©miques inacceptables malgrĂ© un traitement mĂ©dical optimal chez un patient pouvant bĂ©nĂ©ficier d’une revascularisation

  • Diagnostic incertain aprĂšs des examens non invasifs

  • Suspicion d’ANOCA ou d’INOCA lorsqu’une Ă©valuation fonctionnelle invasive est nĂ©cessaire

  • Syndromes coronariens aigus Ă  haut risque, avec symptĂŽmes rĂ©fractaires ou instabilitĂ©

  • STEMI nĂ©cessitant une reperfusion urgente

Lorsqu’une coronarographie invasive est rĂ©alisĂ©e, l’abord radial est recommandĂ© comme voie d’abord privilĂ©giĂ©e. L’évaluation de la pression coronaire doit ĂȘtre disponible, en particulier pour les stĂ©noses intermĂ©diaires ne touchant pas le tronc commun gauche avant une revascularisation.

La coronarographie systĂ©matique n’est pas recommandĂ©e Ă  la seule fin d’une Ă©valuation du risque chez les patients asymptomatiques sans signe d’ischĂ©mie aux examens non invasifs. Elle n’est pas non plus recommandĂ©e chez les patients qui refusent une revascularisation ou qui ne peuvent en bĂ©nĂ©ficier en raison de comorbiditĂ©s ou de prĂ©fĂ©rences personnelles.

Évaluation fonctionnelle invasive

Pour les stĂ©noses coronaires intermĂ©diaires, la sĂ©lection des lĂ©sions Ă  traiter doit ĂȘtre guidĂ©e par une Ă©valuation fonctionnelle :

Technique Seuil indiquant une significativité
FFR ≀0.80
iFR ≀0.89
QFR ≀0.80

La rĂ©serve de flux coronaire, la rĂ©sistance stĂ©notique hyperĂ©mique et la capacitĂ© de flux coronaire peuvent ĂȘtre utilisĂ©es comme examens complĂ©mentaires. La valeur de Pd/Pa au repos, le rapport de pression diastolique, le rapport de cycle complet au repos et la FFR dĂ©rivĂ©e de l’angiographie peuvent ĂȘtre envisagĂ©s comme solutions alternatives.

La mesure systĂ©matique de la pression par guide dans chaque vaisseau coronaire n’est pas recommandĂ©e. L’évaluation de la pression ou du dĂ©bit doit plutĂŽt ĂȘtre sĂ©lective et ciblĂ©e sur les lĂ©sions dont la portĂ©e physiologique est incertaine ou dont le rĂ©sultat est susceptible d’influencer la revascularisation.

Imagerie intravasculaire

L’IVUS et l’OCT fournissent des informations supplĂ©mentaires lorsque la coronarographie est limitĂ©e, en particulier pour les lĂ©sions anatomiquement complexes. Le guidage de l’ICP par imagerie intracoronaire est recommandĂ© pour les ICP portant sur :

  • Des lĂ©sions du tronc commun gauche

  • De vĂ©ritables bifurcations

  • Des lĂ©sions longues

  • D’autres atteintes anatomiquement complexes

Ces modalitĂ©s complĂštent l’évaluation clinique et physiologique, sans s’y substituer.

Biomarkers et résultats biologiques

La biochimie de base fait partie de la prise en charge diagnostique initiale en cas de suspicion de syndrome coronarien chronique. Le dosage de la protĂ©ine C-rĂ©active ultrasensible et/ou du fibrinogĂšne peut Ă©galement ĂȘtre envisagĂ©.

Le document source ne fournit pas de bilan biologique complet, de seuils diagnostiques spĂ©cifiques pour la troponine cardiaque ni d’algorithmes dĂ©taillĂ©s fondĂ©s sur les biomarqueurs. En cas de douleur thoracique aiguĂ«, un ECG normal ou non concluant et des rĂ©sultats de troponine cardiaque nĂ©gatifs dĂ©finissent une situation dans laquelle la CCTA peut ĂȘtre utilisĂ©e pour exclure un syndrome coronarien aigu chez les patients prĂ©sentant une probabilitĂ© faible Ă  intermĂ©diaire.

D’autres marqueurs cliniques pertinents pour l’évaluation du risque comprennent le diabĂšte, la maladie rĂ©nale chronique et la fraction d’éjection ventriculaire gauche. Chez les patients prĂ©sentant une insuffisance cardiaque et une suspicion de maladie coronarienne chronique, le choix de l’examen diagnostique dĂ©pend en partie de la fonction ventriculaire.

Traitement et prise en charge

Principes généraux

Le traitement médical optimal de la cardiopathie ischémique stable comprend :

  • La rĂ©duction des facteurs de risque rĂ©versibles

  • Les modifications du mode de vie

  • Le traitement des affections aggravant l’angor

  • Le contrĂŽle pharmacologique de l’ischĂ©mie

  • Le traitement antithrombotique lorsqu’il est indiquĂ©

  • La rĂ©duction des lipides

  • La prise en charge du diabĂšte et de l’insuffisance cardiaque

  • La revascularisation lorsque les symptĂŽmes restent inacceptables ou lorsque l’anatomie et le contexte clinique indiquent un bĂ©nĂ©fice pronostique

Dans la maladie coronarienne chronique, il n’a gĂ©nĂ©ralement pas Ă©tĂ© dĂ©montrĂ© que la revascularisation rĂ©duisait la mortalitĂ© ou l’infarctus du myocarde par rapport au traitement mĂ©dical seul, sauf dans certaines situations anatomiques, notamment le pontage aortocoronarien en cas d’atteinte significative du tronc commun gauche. Les dĂ©cisions de revascularisation doivent donc ĂȘtre guidĂ©es par les symptĂŽmes, la limitation fonctionnelle, la fonction ventriculaire, l’anatomie coronaire, la complexitĂ© anatomique, le risque procĂ©dural et les prĂ©fĂ©rences du patient.

Mode de vie et réadaptation

Une discussion individualisĂ©e du risque cardiovasculaire et des bĂ©nĂ©fices attendus du traitement doit ĂȘtre proposĂ©e aux patients. Les approches comportementales multidisciplinaires doivent accompagner le traitement pharmacologique.

L’activitĂ© recommandĂ©e comprend :

  • Une activitĂ© aĂ©robie d’intensitĂ© modĂ©rĂ©e pendant au moins 150–300 minutes par semaine, ou

  • Une activitĂ© d’intensitĂ© soutenue pendant 75–150 minutes par semaine

Le temps passĂ© en position sĂ©dentaire doit ĂȘtre rĂ©duit. La rĂ©adaptation cardiaque Ă  domicile et les interventions de santĂ© mobile peuvent amĂ©liorer l’observance des comportements favorables Ă  la santĂ© et rĂ©duire les hospitalisations ou les Ă©vĂ©nements cardiaques.

Traitement antiangineux

Le traitement antiangineux doit ĂȘtre choisi en fonction :

  • Des symptĂŽmes et de leur mĂ©canisme

  • Des comorbiditĂ©s

  • Des traitements concomitants

  • De la tolĂ©rance

  • De la fonction ventriculaire gauche

  • De la prĂ©sence ou de l’absence d’insuffisance cardiaque

  • De la disponibilitĂ© et du coĂ»t au niveau local

L’ivabradine peut ĂȘtre ajoutĂ©e en cas de contrĂŽle symptomatique insuffisant chez les patients prĂ©sentant une dysfonction systolique ventriculaire gauche et une FEVG infĂ©rieure Ă  40 %, ou ĂȘtre utilisĂ©e dans le traitement initial chez des patients sĂ©lectionnĂ©s de maniĂšre appropriĂ©e. Elle n’est pas recommandĂ©e en traitement additionnel dans la maladie coronarienne chronique avec une FEVG supĂ©rieure Ă  40 % et sans insuffisance cardiaque clinique. L’association de l’ivabradine avec un inhibiteur calcique non dihydropyridinique ou un autre inhibiteur puissant du CYP3A4 n’est pas recommandĂ©e.

Pour les endotypes coronaires sans maladie obstructive :

  • Un inhibiteur de l’ECA peut ĂȘtre envisagĂ© en cas de dysfonction endothĂ©liale.

  • Les bĂȘtabloquants peuvent ĂȘtre envisagĂ©s en cas d’angor microvasculaire associĂ© Ă  une diminution de la rĂ©serve de flux coronaire ou myocardique.

  • Les inhibiteurs calciques sont recommandĂ©s en cas d’angor vasospastique isolĂ©.

  • Les dĂ©rivĂ©s nitrĂ©s doivent ĂȘtre envisagĂ©s pour prĂ©venir les rĂ©cidives de vasospasme.

  • En cas d’endotypes associĂ©s, un traitement combinĂ© par dĂ©rivĂ©s nitrĂ©s, inhibiteurs calciques et autres vasodilatateurs peut ĂȘtre envisagĂ©.

Traitement antithrombotique

En cas de maladie coronarienne chronique sans autre indication claire d’anticoagulation orale :

Situation clinique Traitement recommandé
Infarctus du myocarde ou ICP antérieure Le clopidogrel 75 mg une fois par jour constitue une alternative sûre et efficace à la monothérapie par aspirine
Aprùs pontage aortocoronarien Aspirine 75–100 mg une fois par jour à vie
MC obstructive significative sans infarctus du myocarde ni revascularisation antĂ©rieurs Aspirine 75–100 mg une fois par jour Ă  vie

Le risque hĂ©morragique doit ĂȘtre Ă©valuĂ© Ă  l’aide du score PRECISE-DAPT, de l’outil ARC-HBR ou d’une autre mĂ©thode validĂ©e lorsque cela est pertinent pour les dĂ©cisions antithrombotiques.

Réduction lipidique

La cible recommandée de LDL-C est :

  • LDL-C infĂ©rieur Ă  1.4 mmol/L, ou 55 mg/dL

  • Une rĂ©duction d’au moins 50 % par rapport Ă  la valeur initiale

Chez les patients intolĂ©rants aux statines qui restent au-dessus de la cible sous Ă©zĂ©timibe, l’association avec l’acide bempĂ©doĂŻque est recommandĂ©e. L’acide bempĂ©doĂŻque doit Ă©galement ĂȘtre envisagĂ© lorsque la cible n’est pas atteinte avec la dose maximale tolĂ©rĂ©e de statine associĂ©e Ă  l’ézĂ©timibe.

DiabÚte, obésité et inflammation

Les inhibiteurs du SGLT2 ayant dĂ©montrĂ© un bĂ©nĂ©fice cardiovasculaire sont recommandĂ©s chez les patients prĂ©sentant un diabĂšte de type 2 et une maladie coronarienne chronique afin de rĂ©duire les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires, indĂ©pendamment de l’HbA1c initiale ou cible et quels que soient les autres traitements hypoglycĂ©miants.

Le sĂ©maglutide doit ĂȘtre envisagĂ© chez les patients prĂ©sentant une maladie coronarienne chronique sans diabĂšte, mais en surpoids ou obĂšses, avec un IMC d’au moins 27 kg/m2, afin de rĂ©duire la mortalitĂ© cardiovasculaire, l’infarctus du myocarde ou l’accident vasculaire cĂ©rĂ©bral.

La colchicine Ă  faible dose, 0.5 mg une fois par jour, doit ĂȘtre envisagĂ©e chez les patients prĂ©sentant une MC athĂ©rosclĂ©reuse afin de rĂ©duire l’infarctus du myocarde, l’accident vasculaire cĂ©rĂ©bral et le recours Ă  la revascularisation.

Insuffisance cardiaque et dysfonction ventriculaire gauche

Les patients prĂ©sentant une maladie coronarienne chronique et une insuffisance cardiaque doivent ĂȘtre inclus dans un programme multidisciplinaire de prise en charge de l’insuffisance cardiaque. Le sacubitril/valsartan est recommandĂ© en remplacement d’un inhibiteur de l’ECA ou d’un ARA dans la maladie coronarienne chronique avec insuffisance cardiaque et fraction d’éjection rĂ©duite, afin de rĂ©duire les hospitalisations pour insuffisance cardiaque et la mortalitĂ©.

Lorsque la FEVG est infĂ©rieure Ă  35 % et qu’une MC obstructive est suspectĂ©e, une coronarographie invasive est recommandĂ©e afin d’évaluer si un pontage aortocoronarien pourrait amĂ©liorer le pronostic, en tenant compte des risques procĂ©duraux et du bĂ©nĂ©fice attendu. Chez les patients dont la FEVG est supĂ©rieure Ă  35 % et qui prĂ©sentent une probabilitĂ© faible ou modĂ©rĂ©e de MC obstructive, une CCTA ou une imagerie fonctionnelle est recommandĂ©e.

En cas d’HFpEF avec angor ou symptĂŽmes Ă©quivalents et artĂšres coronaires Ă©picardiques normales ou non obstructives, une TEP, une perfusion en IRM cardiaque ou une exploration fonctionnelle coronaire invasive doit ĂȘtre envisagĂ©e afin de dĂ©tecter ou d’exclure une dysfonction microvasculaire coronaire.

Revascularisation dans la maladie coronarienne chronique

La revascularisation doit ĂȘtre envisagĂ©e lorsque l’angor reste inacceptable malgrĂ© un traitement mĂ©dical optimal, lorsque les mĂ©dicaments anti-ischĂ©miques provoquent des effets indĂ©sirables gĂȘnants, ou lorsque l’anatomie et le contexte clinique indiquent un avantage pronostique.

Le choix entre ICP et pontage aortocoronarien nécessite :

  • L’évaluation de la sĂ©vĂ©ritĂ© des symptĂŽmes et de la limitation fonctionnelle

  • L’évaluation de la complexitĂ© anatomique coronaire

  • L’évaluation de la fonction ventriculaire gauche

  • La prise en compte des comorbiditĂ©s et du risque opĂ©ratoire

  • L’espĂ©rance de vie

  • Les prĂ©fĂ©rences du patient

  • La revascularisation complĂšte attendue

  • Les effets anticipĂ©s sur la qualitĂ© de vie et les Ă©vĂ©nements ultĂ©rieurs

Une discussion par une Ă©quipe multidisciplinaire (« Heart Team ») est recommandĂ©e dans les situations complexes, en particulier lorsque l’ICP et le pontage aortocoronarien bĂ©nĂ©ficient de recommandations comparables.

Pour une FEVG ≀35 %, le choix entre revascularisation et traitement mĂ©dical seul doit reposer sur une Ă©valuation rigoureuse de l’anatomie coronaire, du lien entre la MC et la dysfonction ventriculaire, des comorbiditĂ©s, de l’espĂ©rance de vie, du risque procĂ©dural et des prĂ©fĂ©rences du patient.

Atteinte du tronc commun gauche

Chez les patients présentant une atteinte significative du tronc commun gauche et un faible risque chirurgical :

  • Le pontage aortocoronarien est recommandĂ© plutĂŽt que le traitement mĂ©dical seul afin d’amĂ©liorer la survie.

  • Le pontage aortocoronarien est globalement prĂ©fĂ©rĂ© Ă  l’ICP en raison d’un risque moindre d’infarctus du myocarde spontanĂ© et de nouvelle revascularisation.

  • L’ICP constitue une alternative lorsque l’atteinte du tronc commun gauche est de faible complexitĂ© anatomique, avec un score SYNTAX ≀22, et que l’ICP peut permettre une revascularisation complĂšte Ă©quivalente Ă  celle du pontage.

Technique d’ICP

Le guidage par IVUS ou OCT intracoronaire est recommandĂ© pour les ICP anatomiquement complexes. La FFR, l’iFR ou la QFR doivent guider la sĂ©lection des lĂ©sions en cas d’atteinte pluritronculaire. L’évaluation de la pression Ă  la fin de l’ICP peut identifier les patients exposĂ©s Ă  un risque d’angor persistant et d’évĂ©nements cliniques ultĂ©rieurs, tandis qu’une prise en charge complĂ©mentaire guidĂ©e par la pression peut identifier les lĂ©sions susceptibles de bĂ©nĂ©ficier d’une ICP supplĂ©mentaire.

Syndromes coronariens aigus

SCA sans sus-décalage du ST

Une stratĂ©gie invasive urgente ou immĂ©diate est indiquĂ©e en cas d’angor rĂ©fractaire ou d’instabilitĂ© hĂ©modynamique ou Ă©lectrique, Ă  condition qu’il n’existe pas de comorbiditĂ©s graves ou de contre-indications procĂ©durales.

Une stratĂ©gie invasive prĂ©coce dans les 24 heures est raisonnable chez les patients Ă  haut risque initialement stabilisĂ©s. Une stratĂ©gie invasive diffĂ©rĂ©e dans un dĂ©lai de 25–72 heures est raisonnable chez les patients qui ne prĂ©sentent pas un risque Ă©levĂ© ou intermĂ©diaire. Une stratĂ©gie guidĂ©e par l’ischĂ©mie peut ĂȘtre envisagĂ©e chez certains patients stabilisĂ©s, aprĂšs prise en compte du risque clinique et des prĂ©fĂ©rences du patient.

Une approche invasive prĂ©coce n’est pas recommandĂ©e lorsque l’existence d’une insuffisance hĂ©patique, rĂ©nale ou pulmonaire Ă©tendue, d’un cancer ou d’une autre comorbiditĂ© majeure rend les risques de la revascularisation supĂ©rieurs au bĂ©nĂ©fice probable. Elle n’est pas non plus recommandĂ©e en cas de douleur thoracique aiguĂ« avec faible probabilitĂ© de SCA et troponine nĂ©gative, en particulier chez les femmes.

STEMI

Une ICP primaire doit ĂȘtre rĂ©alisĂ©e chez les patients prĂ©sentant un STEMI et des symptĂŽmes ischĂ©miques Ă©voluant depuis moins de 12 heures. Elle doit Ă©galement ĂȘtre utilisĂ©e lorsque la fibrinolyse est contre-indiquĂ©e, quel que soit le dĂ©lai depuis le premier contact mĂ©dical. L’ICP primaire est raisonnable entre 12 et 24 heures lorsque la persistance d’une ischĂ©mie est Ă©tayĂ©e par les donnĂ©es cliniques ou l’ECG.

Les patients prĂ©sentant un STEMI compliquĂ© d’un choc cardiogĂ©nique ou d’une insuffisance cardiaque aiguĂ« sĂ©vĂšre doivent bĂ©nĂ©ficier d’une ICP primaire quel que soit le dĂ©lai depuis le dĂ©but de l’infarctus du myocarde. Chez un patient prĂ©sentant un STEMI et stable sur le plan hĂ©modynamique, l’ICP d’une artĂšre non responsable de l’infarctus ne doit pas ĂȘtre rĂ©alisĂ©e au cours de la procĂ©dure d’ICP primaire. Les patients rĂ©animĂ©s aprĂšs un arrĂȘt cardiaque extrahospitalier dont l’ECG initial montre un STEMI doivent bĂ©nĂ©ficier d’une coronarographie immĂ©diate et d’une ICP lorsqu’elle est indiquĂ©e.

Prise en charge des anomalies coronaires

Pour les origines coronaires anormales, la prise en charge repose sur :

  • Les caractĂ©ristiques anatomiques Ă  haut risque mises en Ă©vidence par la CTA

  • La preuve d’une ischĂ©mie induite par l’effort

  • Les symptĂŽmes

  • Le contexte clinique, notamment un antĂ©cĂ©dent d’arrĂȘt cardiaque rĂ©cupĂ©rĂ©

L’ischĂ©mie induite par l’effort, Ă©valuĂ©e par imagerie avancĂ©e, est dĂ©terminante pour la prise de dĂ©cision, y compris aprĂšs correction chirurgicale, en particulier chez les patients ayant des antĂ©cĂ©dents d’arrĂȘt cardiaque rĂ©cupĂ©rĂ©.

Pour les fistules coronaires, les symptĂŽmes, les complications et l’existence d’un shunt significatif constituent les principales indications d’une fermeture percutanĂ©e ou chirurgicale.

Parcours diagnostique fondé sur les recommandations

Une séquence pratique étayée par les recommandations est la suivante :

  • Recueillir un interrogatoire dĂ©taillĂ©, Ă©valuer les facteurs de risque cardiovasculaire et rĂ©aliser un ECG de repos.

  • Estimer la probabilitĂ© prĂ©test d’une MC obstructive Ă  l’aide du modĂšle de probabilitĂ© clinique pondĂ©rĂ©e par les facteurs de risque (« Risk Factor-weighted Clinical Likelihood »).

  • Modifier cette estimation en fonction de l’examen des artĂšres pĂ©riphĂ©riques, de l’ECG, de l’échocardiographie et des imageries antĂ©rieures.

  • Envisager l’absence d’examens complĂ©mentaires lorsque la probabilitĂ© est infĂ©rieure Ă  5 %.

  • Envisager la mesure du score calcique coronaire lorsque la probabilitĂ© est supĂ©rieure Ă  5 %, mais infĂ©rieure ou Ă©gale Ă  15 %.

  • Utiliser la CCTA comme examen privilĂ©giĂ© lorsque la probabilitĂ© est supĂ©rieure Ă  5 %, mais infĂ©rieure ou Ă©gale Ă  50 %.

  • Utiliser l’échocardiographie de stress, la SPECT, la TEP ou l’IRM cardiaque lorsque la probabilitĂ© est supĂ©rieure Ă  15 % et qu’une information fonctionnelle est nĂ©cessaire.

  • RĂ©aliser une coronarographie invasive lorsque les examens non invasifs sont non concluants, lorsque les symptĂŽmes sont inacceptables malgrĂ© un traitement mĂ©dical optimal, lorsqu’une anatomie ou une ischĂ©mie Ă  haut risque est prĂ©sente, ou lorsqu’un syndrome coronarien aigu justifie une stratĂ©gie invasive.

  • Utiliser la FFR, l’iFR ou la QFR pour les lĂ©sions intermĂ©diaires lorsque le rĂ©sultat guidera la revascularisation.

  • Utiliser l’IVUS ou l’OCT pour les ICP complexes, en particulier celles concernant le tronc commun gauche, les vĂ©ritables bifurcations et les lĂ©sions longues.

Pronostic et suivi

Le pronostic dépend de nombreux éléments au-delà de la sévérité de toute sténose angiographique individuelle. Les déterminants pertinents comprennent :

  • La charge totale de plaques, y compris la maladie non obstructive

  • La prĂ©sence et l’étendue d’une ischĂ©mie inductible

  • La fraction d’éjection ventriculaire gauche

  • Le diabĂšte

  • La maladie rĂ©nale chronique

  • Le seuil symptomatique

  • Le nombre de vaisseaux atteints

  • L’atteinte du tronc commun gauche ou de l’IVA proximale

  • La complexitĂ© anatomique coronaire

  • La portĂ©e fonctionnelle des lĂ©sions intermĂ©diaires

  • L’insuffisance cardiaque

  • L’anatomie de l’anomalie coronaire et l’ischĂ©mie induite par l’effort

Le suivi doit réévaluer les symptĂŽmes, la capacitĂ© fonctionnelle, l’observance, le contrĂŽle des facteurs de risque, les concentrations lipidiques, la tolĂ©rance du traitement et la fonction ventriculaire lorsque la situation clinique le justifie. Les interventions de santĂ© mobile, les stratĂ©gies comportementales, la simplification des schĂ©mas thĂ©rapeutiques, l’éducation du patient ainsi que l’implication de la famille et des Ă©quipes multidisciplinaires sont recommandĂ©es pour amĂ©liorer l’observance.

Les patients prĂ©sentant un angor rĂ©cidivant ou rĂ©fractaire et une ANOCA ou une INOCA documentĂ©e ou suspectĂ©e doivent bĂ©nĂ©ficier d’une exploration fonctionnelle coronaire invasive afin de dĂ©finir l’endotype sous-jacent et d’orienter le traitement. Cette dĂ©marche est particuliĂšrement pertinente lorsque les symptĂŽmes persistent malgrĂ© des artĂšres coronaires Ă©picardiques apparemment non obstructives ou aprĂšs une revascularisation.

Chez les patients prĂ©sentant des anomalies coronaires, le suivi doit comporter une Ă©valuation de l’ischĂ©mie induite par l’effort aprĂšs l’intervention, en particulier lorsqu’un arrĂȘt cardiaque rĂ©cupĂ©rĂ© est survenu. Le document source ne prĂ©cise ni intervalles universels de surveillance ni durĂ©e standardisĂ©e du suivi.

Auteurs

EBM AI
Evidensbaserad AI-agent

Mis à jour 7 août 2026