Introduction
LâĂ©valuation clinique de la maladie coronarienne (MC) nĂ©cessite lâintĂ©gration des symptĂŽmes, des facteurs de risque cardiovasculaire, de lâanatomie coronaire, de lâischĂ©mie myocardique, de la fonction ventriculaire et du rapport bĂ©nĂ©ficeârisque attendu de la revascularisation. La coronarographie demeure principalement un examen anatomique, tandis que la prise de dĂ©cision contemporaine associe de plus en plus lâimagerie anatomique Ă lâĂ©valuation fonctionnelle.
Un principe pratique central est que la sĂ©vĂ©ritĂ© visuelle dâune stĂ©nose ne permet pas dâĂ©tablir de maniĂšre fiable son importance hĂ©modynamique. Une lĂ©sion dâaspect modĂ©rĂ© peut ĂȘtre fonctionnellement significative, tandis quâune lĂ©sion anatomiquement sĂ©vĂšre peut ne pas identifier le patient le plus susceptible de tirer bĂ©nĂ©fice dâune intervention. Ă lâinverse, des lĂ©sions apparemment minimes peuvent se rompre et prĂ©cipiter un infarctus du myocarde ou une mort subite. Lâanatomie coronaire doit donc ĂȘtre interprĂ©tĂ©e dans son contexte clinique et physiologique global.
Définition et physiopathologie
Maladie coronarienne et sténose obstructive
La MC Ă©picardique anatomiquement significative est classiquement dĂ©finie par une stĂ©nose dâau moins 70 %, tandis quâune stĂ©nose du tronc commun coronaire gauche dâau moins 50 % est considĂ©rĂ©e comme significative. Ces seuils dĂ©crivent une rĂ©duction de la lumiĂšre, mais pas nĂ©cessairement lâeffet physiologique de la lĂ©sion.
Le pourcentage apparent de stĂ©nose est calculĂ© par rapport Ă un segment de rĂ©fĂ©rence adjacent prĂ©sumĂ© relativement normal. Cette hypothĂšse peut ĂȘtre erronĂ©e en cas dâathĂ©rosclĂ©rose diffuse, conduisant Ă sous-estimer la charge globale de la maladie. La coronarographie apporte Ă©galement des informations limitĂ©es sur la composition de la plaque, sa vulnĂ©rabilitĂ© et le risque de rupture ultĂ©rieure.
Sévérité anatomique versus importance fonctionnelle
Lâeffet physiologique dâune lĂ©sion coronaire dĂ©pend de plusieurs facteurs autres que la rĂ©duction visuelle du diamĂštre. Les dĂ©terminants pertinents comprennent :
LâexcentricitĂ© de la lĂ©sion
La tortuosité du vaisseau
Les calcifications
Une rupture de plaque ou des défauts de remplissage asymétriques
Des lésions sériées
Le calibre du vaisseau
Le rapport entre la lésion et les branches collatérales
LâĂ©tendue et la distribution du myocarde situĂ© en aval
La circulation collatérale
Une maladie distale diffuse
Ainsi, une lĂ©sion visuellement « limite » de 50â70 % peut ĂȘtre fonctionnellement significative, tandis quâune lĂ©sion dâaspect sĂ©vĂšre peut ne pas provoquer dâischĂ©mie objectivable. LâĂ©valuation fonctionnelle par mesure de pression ou de dĂ©bit, lâimagerie intravasculaire ou la mesure de la rĂ©serve fractionnelle de flux dĂ©rivĂ©e de la tomodensitomĂ©trie peuvent affiner lâinterprĂ©tation.
Plaque coronaire et événements ultérieurs
La sĂ©vĂ©ritĂ© angiographique dâune stĂ©nose est un prĂ©dicteur imparfait de lâinfarctus du myocarde ou de la mort subite Ă venir. Des lĂ©sions ne provoquant quâune obstruction minime peuvent se rompre, se thromboser et sâocclure. De nombreux infarctus aigus du myocarde surviennent sur des lĂ©sions qui obstruaient auparavant moins de 50 % de la lumiĂšre. LâĂ©valuation de la charge totale de la maladie coronaire, y compris des plaques non obstructives, apporte donc des informations pronostiques au-delĂ de lâidentification de stĂ©noses focales sĂ©vĂšres.
Anomalies coronaires
Les anomalies des artĂšres coronaires sont rares dans la population gĂ©nĂ©rale, mais reprĂ©sentent une proportion importante des morts subites cardiaques chez les jeunes sportifs. Sur le plan clinique, elles peuvent ĂȘtre classĂ©es selon quâelles sont :
Non associées à une ischémie
Associées à une ischémie épisodique
Associées à une ischémie obligatoire
Les anomalies peuvent intĂ©resser lâostium coronaire, lâorigine, la terminaison, ou correspondre Ă une absence congĂ©nitale ou une hypoplasie. Lâorigine aortique anormale dâune artĂšre coronaire Ă partir du sinus de Valsalva controlatĂ©ral est associĂ©e Ă un risque accru de mort subite, en particulier chez les sujets ĂągĂ©s de moins de 35 ans pendant ou aprĂšs un exercice intense. Lâorigine anormale de lâartĂšre coronaire gauche est moins frĂ©quente, mais considĂ©rĂ©e comme plus maligne que lâorigine anormale de lâartĂšre coronaire droite.
Les caractéristiques anatomiques à haut risque comprennent :
Un trajet interartĂ©riel entre lâaorte et lâartĂšre pulmonaire
Un ostium en fente
Une origine haute
Une naissance Ă angle aigu
Un trajet intramural, notamment sa longueur
Segments artériels coronaires et classification clinique
Territoires coronaires épicardiques
LâinterprĂ©tation clinique prend gĂ©nĂ©ralement en compte les principaux vaisseaux Ă©picardiques et leurs territoires myocardiques :
Tronc commun coronaire gauche
ArtÚre interventriculaire antérieure
ArtĂšre circonflexe
ArtĂšre coronaire droite
Le tronc commun coronaire gauche est particuliĂšrement important sur le plan clinique, car sa maladie compromet les territoires de lâartĂšre interventriculaire antĂ©rieure et de lâartĂšre circonflexe. La maladie proximale de lâartĂšre interventriculaire antĂ©rieure est particuliĂšrement pertinente, car elle menace un vaste territoire myocardique antĂ©rieur et septal. Les atteintes de la coronaire droite et de la circonflexe doivent ĂȘtre interprĂ©tĂ©es en fonction de la dominance coronaire, de lâatteinte des branches et de la distribution du myocarde menacĂ©.
Le document source ne fournit pas de nomenclature segmentaire numĂ©rotĂ©e formelle ni de classification anatomique complĂšte, branche par branche. Il identifie toutefois des segments proximaux et moyens cliniquement importants, le tronc commun gauche, lâartĂšre interventriculaire antĂ©rieure proximale, les segments des principaux vaisseaux et les lĂ©sions intĂ©ressant les bifurcations ou des segments coronaires longs et complexes.
Configurations anatomiques pertinentes pour le risque
Les configurations suivantes sont identifiées comme des signes à haut risque dans la maladie coronarienne chronique :
| Configuration coronaire | CritĂšre de haut risque |
|---|---|
| Atteinte du tronc commun gauche | StĂ©nose â„50 % |
| Atteinte tritronculaire | StĂ©nose â„70 % |
| Atteinte bitronculaire incluant lâIVA proximale | StĂ©nose â„70 % |
| Atteinte monotronculaire de lâIVA proximale | StĂ©nose â„70 % avec FFR-CT â€0.8 |
La portĂ©e de ces configurations est pronostique et thĂ©rapeutique, plutĂŽt que purement descriptive. Les dĂ©cisions concernant la revascularisation doivent Ă©galement intĂ©grer la fonction ventriculaire, la charge symptomatique, lâischĂ©mie, les comorbiditĂ©s, le risque chirurgical, la complexitĂ© anatomique, les prĂ©fĂ©rences du patient et le bĂ©nĂ©fice attendu sur la qualitĂ© de vie.
Anatomie coronaire et complexité de la revascularisation
Les principaux éléments anatomiques à prendre en compte comprennent :
Lâatteinte du tronc commun gauche
Lâatteinte des segments proximaux
Le nombre de vaisseaux atteints
Le score SYNTAX ou dâautres mesures de la complexitĂ© anatomique
Le calibre des vaisseaux
Les calcifications
La tortuosité
Lâanatomie des bifurcations
La maladie distale diffuse
La disponibilité de cibles appropriées pour la revascularisation
Une maladie distale diffuse et sĂ©vĂšre peut rendre le patient inĂ©ligible Ă une ICP comme Ă un pontage aortocoronarien. Dans les situations complexes, le choix thĂ©rapeutique doit ĂȘtre discutĂ© par une Ă©quipe multidisciplinaire (« Heart Team ») comprenant des cardiologues interventionnels, des chirurgiens cardiaques, des cardiologues non interventionnels et les autres spĂ©cialitĂ©s concernĂ©es.
Présentation clinique et symptÎmes
SymptĂŽmes Ă©vocateurs dâune maladie coronarienne chronique
Lâinterrogatoire doit prĂ©ciser :
Le mode de début
La durée
Le caractĂšre
La localisation
Les facteurs déclenchants
Les facteurs soulageants
Le moment de la journée
Les symptÎmes associés
Les équivalents angineux potentiels comprennent :
Une douleur thoracique déclenchée par un stress émotionnel
Une dyspnĂ©e dâeffort
Des Ă©tourdissements Ă lâeffort
Une douleur du bras, de la mĂąchoire, du cou ou du haut du dos
Une fatigue
Les symptĂŽmes peuvent ĂȘtre liĂ©s Ă une MC Ă©picardique obstructive, Ă un vasospasme coronaire, Ă une dysfonction microvasculaire ou Ă une autre cause cardiaque ou extracardiaque. Chez les patients prĂ©sentant des symptĂŽmes persistants ou rĂ©fractaires, lâĂ©valuation ne doit pas sâarrĂȘter Ă lâidentification de lĂ©sions obstructives ; les endotypes dâANOCA et dâINOCA peuvent nĂ©cessiter des tests fonctionnels coronaires.
Syndromes coronariens aigus
Les patients prĂ©sentant un syndrome coronarien aigu sans sus-dĂ©calage du segment ST peuvent se prĂ©senter avec une angor rĂ©fractaire, une instabilitĂ© hĂ©modynamique ou une instabilitĂ© Ă©lectrique. Ces caractĂ©ristiques justifient une Ă©valuation invasive urgente ou immĂ©diate en lâabsence de comorbiditĂ©s graves ou de contre-indications procĂ©durales.
Lâinfarctus du myocarde avec sus-dĂ©calage du segment ST nĂ©cessite gĂ©nĂ©ralement un traitement invasif urgent. LâICP primaire est recommandĂ©e chez les patients prĂ©sentant des symptĂŽmes ischĂ©miques Ă©voluant depuis moins de 12 heures et est raisonnable entre 12 et 24 heures lorsquâil persiste des signes cliniques ou ECG dâischĂ©mie en cours. LâICP primaire est Ă©galement recommandĂ©e en cas de STEMI compliquĂ© dâun choc cardiogĂ©nique ou dâune insuffisance cardiaque aiguĂ« sĂ©vĂšre, quel que soit le dĂ©lai depuis le dĂ©but des symptĂŽmes.
Ăvaluation et examen clinique
Ăvaluation clinique initiale
LâĂ©valuation initiale associe les symptĂŽmes, les facteurs de risque cardiovasculaire, les antĂ©cĂ©dents cardiovasculaires, les donnĂ©es de lâexamen clinique et lâECG de repos. La probabilitĂ© prĂ©test dâune MC Ă©picardique obstructive doit ĂȘtre estimĂ©e Ă lâaide du modĂšle de probabilitĂ© clinique pondĂ©rĂ©e par les facteurs de risque (« Risk Factor-weighted Clinical Likelihood »), puis affinĂ©e par des informations cliniques complĂ©mentaires.
Les facteurs susceptibles de modifier lâestimation de la probabilitĂ© comprennent :
Les signes dâatteinte artĂ©rielle pĂ©riphĂ©rique
Les anomalies de lâECG de repos
LâĂ©chocardiographie de repos
Les calcifications vasculaires identifiées sur une imagerie antérieure
Le diabĂšte
La maladie rénale chronique
La fraction dâĂ©jection ventriculaire gauche
Le seuil angineux
Lorsque la probabilitĂ© prĂ©test estimĂ©e est trĂšs faible, infĂ©rieure Ă 5 %, les examens diagnostiques complĂ©mentaires peuvent ĂȘtre diffĂ©rĂ©s. Chez les patients prĂ©sentant une probabilitĂ© faible supĂ©rieure Ă 5 %, mais infĂ©rieure ou Ă©gale Ă 15 %, la mesure du score calcique coronaire peut contribuer Ă une reclassification.
Examen clinique
Le document source ne fournit pas de description complĂšte de lâexamen clinique en cas de suspicion de maladie coronarienne chronique. Il prĂ©conise spĂ©cifiquement lâĂ©valuation des artĂšres pĂ©riphĂ©riques comme facteur susceptible de modifier la probabilitĂ© de MC. Lâexamen clinique doit donc ĂȘtre intĂ©grĂ© Ă lâinterrogatoire et aux examens de repos, plutĂŽt quâutilisĂ© isolĂ©ment.
Stratification du risque
Le risque dâĂ©vĂ©nements indĂ©sirables doit ĂȘtre Ă©valuĂ© initialement sur la base des donnĂ©es cliniques, puis prĂ©cisĂ© par des examens non invasifs. Les signes Ă haut risque comprennent :
Un score de Duke sur tapis roulant infĂ©rieur Ă â10
Une ischémie intéressant au moins 10 % du myocarde ventriculaire gauche à la SPECT ou à la TEP de stress
Une hypokinĂ©sie ou une akinĂ©sie induite par le stress dans au moins 3 des 16 segments Ă lâĂ©chocardiographie de stress
Des dĂ©fauts de perfusion induits par le stress dans au moins 2 des 16 segments Ă lâIRM cardiaque de stress
Au moins 3 segments dysfonctionnels induits par la dobutamine Ă lâIRM cardiaque de stress
Les configurations à haut risque à la CCTA énumérées ci-dessus
Examens diagnostiques
Ălectrocardiographie de repos
LâECG de repos fait partie de lâĂ©valuation initiale des sujets chez lesquels un syndrome coronarien chronique est suspectĂ©. Il contribue Ă©galement Ă affiner lâestimation de la probabilitĂ© clinique et joue un rĂŽle central dans la classification des syndromes coronariens aigus.
En cas de suspicion dâangor vasospastique, une surveillance ECG ambulatoire doit ĂȘtre envisagĂ©e. En prĂ©sence dâanomalies coronaires, lâECG peut mettre en Ă©vidence des troubles du rythme ou de la conduction, bien que le document source ne fournisse pas de tracĂ© ECG spĂ©cifique pour chaque anomalie.
Angioscanner coronaire
La CCTA est recommandĂ©e chez les patients chez lesquels un syndrome coronarien chronique est suspectĂ© et dont la probabilitĂ© prĂ©test est faible ou modĂ©rĂ©e, dĂ©finie dans le document source comme supĂ©rieure Ă 5 % et infĂ©rieure ou Ă©gale Ă 50 %. Elle permet de diagnostiquer une MC obstructive et dâestimer le risque dâĂ©vĂ©nements cardiovasculaires indĂ©sirables majeurs.
La CCTA est Ă©galement recommandĂ©e lorsque lâimagerie fonctionnelle est non diagnostique chez les patients prĂ©sentant une probabilitĂ© faible ou modĂ©rĂ©e. Elle est privilĂ©giĂ©e pour exclure une MC obstructive dans ce groupe et peut ĂȘtre envisagĂ©e chez les patients prĂ©sentant une stĂ©nose coronaire intermĂ©diaire dâun segment proximal ou moyen, en utilisant la FFR dĂ©rivĂ©e de la TDM lorsque cela est appropriĂ©.
La CCTA apporte des informations particuliĂšrement importantes en cas dâanomalies coronaires. Il sâagit de la modalitĂ© privilĂ©giĂ©e pour lâĂ©valuation des anatomies Ă haut risque, notamment :
Les trajets intramuraux
Les ostia en fente
Les naissances Ă angle aigu
Lâorigine ostiale haute ou anormale
Les limites de la CCTA et des autres techniques tomodensitomĂ©triques ne sont pas dĂ©crites de maniĂšre exhaustive dans le document source. Les recommandations antĂ©rieures identifient des situations dans lesquelles la qualitĂ© des images peut ĂȘtre mĂ©diocre, notamment les calcifications coronaires Ă©tendues, une frĂ©quence cardiaque irrĂ©guliĂšre, une obĂ©sitĂ© importante et lâincapacitĂ© Ă coopĂ©rer lors de lâapnĂ©e.
Imagerie fonctionnelle non invasive
LâĂ©chocardiographie de stress est recommandĂ©e chez les patients prĂ©sentant une probabilitĂ© prĂ©test modĂ©rĂ©e ou Ă©levĂ©e de MC obstructive, dĂ©finie comme supĂ©rieure Ă 15 % et infĂ©rieure ou Ă©gale Ă 85 %. Elle est utilisĂ©e pour diagnostiquer une ischĂ©mie myocardique et estimer le risque dâĂ©vĂ©nements cardiovasculaires indĂ©sirables majeurs.
Lorsque deux segments myocardiques contigus ou davantage ne sont pas visualisĂ©s de maniĂšre adĂ©quate, des microbulles de produit de contraste ultrasonore intraveineux doivent ĂȘtre utilisĂ©es afin dâamĂ©liorer la prĂ©cision diagnostique. LâĂ©valuation de la perfusion myocardique avec contraste peut fournir des informations supplĂ©mentaires par rapport Ă lâanalyse de la cinĂ©tique pariĂ©tale et amĂ©liorer la stratification du risque. LâĂ©valuation Doppler de la rĂ©serve de flux coronaire de lâartĂšre interventriculaire antĂ©rieure peut ĂȘtre envisagĂ©e afin dâamĂ©liorer la stratification du risque et dâĂ©valuer la fonction microvasculaire.
La SPECT ou, de préférence, la TEP de perfusion myocardique est recommandée chez les patients présentant une probabilité prétest modérée ou élevée afin de :
Diagnostiquer et quantifier lâischĂ©mie
Identifier une cicatrice
Estimer le risque dâĂ©vĂ©nements cardiovasculaires indĂ©sirables majeurs
Quantifier le débit sanguin myocardique par TEP
Lorsque la SPECT ou la TEP est rĂ©alisĂ©e avec une TDM thoracique non injectĂ©e pour la correction dâattĂ©nuation, le score calcique coronaire doit ĂȘtre mesurĂ© afin dâamĂ©liorer la dĂ©tection des MC non obstructives et obstructives.
LâIRM cardiaque de stress est recommandĂ©e chez les patients prĂ©sentant une probabilitĂ© prĂ©test modĂ©rĂ©e ou Ă©levĂ©e afin de diagnostiquer et de quantifier lâischĂ©mie ou une cicatrice, et dâestimer le risque dâĂ©vĂ©nements cardiovasculaires indĂ©sirables majeurs.
Mesure du score calcique coronaire
La mesure du score calcique coronaire peut ĂȘtre envisagĂ©e autour des seuils dĂ©cisionnels thĂ©rapeutiques et amĂ©liorer la classification du risque. Chez les personnes prĂ©sentant une probabilitĂ© prĂ©test faible supĂ©rieure Ă 5 %, mais infĂ©rieure ou Ă©gale Ă 15 %, le score calcique coronaire peut identifier les sujets dont la probabilitĂ© pondĂ©rĂ©e par le calcium devient trĂšs faible.
Les TDM thoraciques antĂ©rieures doivent ĂȘtre examinĂ©es Ă la recherche de calcifications coronaires lorsquâelles sont disponibles, car ces Ă©lĂ©ments peuvent amĂ©liorer la stratification du risque et contribuer Ă orienter la prise en charge des facteurs de risque modifiables.
Coronarographie invasive
La coronarographie invasive est indiquée dans certaines situations cliniques :
Maladie coronarienne chronique avec antĂ©cĂ©dent de mort subite ou dâarythmie ventriculaire potentiellement lĂ©tale
Maladie coronarienne chronique avec symptĂŽmes ou signes dâinsuffisance cardiaque nĂ©cessitant une Ă©valuation
Forte probabilité de maladie cardiaque ischémique sévÚre lorsque la revascularisation est réalisable
SymptĂŽmes ischĂ©miques inacceptables malgrĂ© un traitement mĂ©dical optimal chez un patient pouvant bĂ©nĂ©ficier dâune revascularisation
Diagnostic incertain aprĂšs des examens non invasifs
Suspicion dâANOCA ou dâINOCA lorsquâune Ă©valuation fonctionnelle invasive est nĂ©cessaire
Syndromes coronariens aigus à haut risque, avec symptÎmes réfractaires ou instabilité
STEMI nécessitant une reperfusion urgente
Lorsquâune coronarographie invasive est rĂ©alisĂ©e, lâabord radial est recommandĂ© comme voie dâabord privilĂ©giĂ©e. LâĂ©valuation de la pression coronaire doit ĂȘtre disponible, en particulier pour les stĂ©noses intermĂ©diaires ne touchant pas le tronc commun gauche avant une revascularisation.
La coronarographie systĂ©matique nâest pas recommandĂ©e Ă la seule fin dâune Ă©valuation du risque chez les patients asymptomatiques sans signe dâischĂ©mie aux examens non invasifs. Elle nâest pas non plus recommandĂ©e chez les patients qui refusent une revascularisation ou qui ne peuvent en bĂ©nĂ©ficier en raison de comorbiditĂ©s ou de prĂ©fĂ©rences personnelles.
Ăvaluation fonctionnelle invasive
Pour les stĂ©noses coronaires intermĂ©diaires, la sĂ©lection des lĂ©sions Ă traiter doit ĂȘtre guidĂ©e par une Ă©valuation fonctionnelle :
| Technique | Seuil indiquant une significativité |
|---|---|
| FFR | â€0.80 |
| iFR | â€0.89 |
| QFR | â€0.80 |
La rĂ©serve de flux coronaire, la rĂ©sistance stĂ©notique hyperĂ©mique et la capacitĂ© de flux coronaire peuvent ĂȘtre utilisĂ©es comme examens complĂ©mentaires. La valeur de Pd/Pa au repos, le rapport de pression diastolique, le rapport de cycle complet au repos et la FFR dĂ©rivĂ©e de lâangiographie peuvent ĂȘtre envisagĂ©s comme solutions alternatives.
La mesure systĂ©matique de la pression par guide dans chaque vaisseau coronaire nâest pas recommandĂ©e. LâĂ©valuation de la pression ou du dĂ©bit doit plutĂŽt ĂȘtre sĂ©lective et ciblĂ©e sur les lĂ©sions dont la portĂ©e physiologique est incertaine ou dont le rĂ©sultat est susceptible dâinfluencer la revascularisation.
Imagerie intravasculaire
LâIVUS et lâOCT fournissent des informations supplĂ©mentaires lorsque la coronarographie est limitĂ©e, en particulier pour les lĂ©sions anatomiquement complexes. Le guidage de lâICP par imagerie intracoronaire est recommandĂ© pour les ICP portant sur :
Des lésions du tronc commun gauche
De véritables bifurcations
Des lésions longues
Dâautres atteintes anatomiquement complexes
Ces modalitĂ©s complĂštent lâĂ©valuation clinique et physiologique, sans sây substituer.
Biomarkers et résultats biologiques
La biochimie de base fait partie de la prise en charge diagnostique initiale en cas de suspicion de syndrome coronarien chronique. Le dosage de la protĂ©ine C-rĂ©active ultrasensible et/ou du fibrinogĂšne peut Ă©galement ĂȘtre envisagĂ©.
Le document source ne fournit pas de bilan biologique complet, de seuils diagnostiques spĂ©cifiques pour la troponine cardiaque ni dâalgorithmes dĂ©taillĂ©s fondĂ©s sur les biomarqueurs. En cas de douleur thoracique aiguĂ«, un ECG normal ou non concluant et des rĂ©sultats de troponine cardiaque nĂ©gatifs dĂ©finissent une situation dans laquelle la CCTA peut ĂȘtre utilisĂ©e pour exclure un syndrome coronarien aigu chez les patients prĂ©sentant une probabilitĂ© faible Ă intermĂ©diaire.
Dâautres marqueurs cliniques pertinents pour lâĂ©valuation du risque comprennent le diabĂšte, la maladie rĂ©nale chronique et la fraction dâĂ©jection ventriculaire gauche. Chez les patients prĂ©sentant une insuffisance cardiaque et une suspicion de maladie coronarienne chronique, le choix de lâexamen diagnostique dĂ©pend en partie de la fonction ventriculaire.
Traitement et prise en charge
Principes généraux
Le traitement médical optimal de la cardiopathie ischémique stable comprend :
La réduction des facteurs de risque réversibles
Les modifications du mode de vie
Le traitement des affections aggravant lâangor
Le contrĂŽle pharmacologique de lâischĂ©mie
Le traitement antithrombotique lorsquâil est indiquĂ©
La réduction des lipides
La prise en charge du diabĂšte et de lâinsuffisance cardiaque
La revascularisation lorsque les symptĂŽmes restent inacceptables ou lorsque lâanatomie et le contexte clinique indiquent un bĂ©nĂ©fice pronostique
Dans la maladie coronarienne chronique, il nâa gĂ©nĂ©ralement pas Ă©tĂ© dĂ©montrĂ© que la revascularisation rĂ©duisait la mortalitĂ© ou lâinfarctus du myocarde par rapport au traitement mĂ©dical seul, sauf dans certaines situations anatomiques, notamment le pontage aortocoronarien en cas dâatteinte significative du tronc commun gauche. Les dĂ©cisions de revascularisation doivent donc ĂȘtre guidĂ©es par les symptĂŽmes, la limitation fonctionnelle, la fonction ventriculaire, lâanatomie coronaire, la complexitĂ© anatomique, le risque procĂ©dural et les prĂ©fĂ©rences du patient.
Mode de vie et réadaptation
Une discussion individualisĂ©e du risque cardiovasculaire et des bĂ©nĂ©fices attendus du traitement doit ĂȘtre proposĂ©e aux patients. Les approches comportementales multidisciplinaires doivent accompagner le traitement pharmacologique.
LâactivitĂ© recommandĂ©e comprend :
Une activitĂ© aĂ©robie dâintensitĂ© modĂ©rĂ©e pendant au moins 150â300 minutes par semaine, ou
Une activitĂ© dâintensitĂ© soutenue pendant 75â150 minutes par semaine
Le temps passĂ© en position sĂ©dentaire doit ĂȘtre rĂ©duit. La rĂ©adaptation cardiaque Ă domicile et les interventions de santĂ© mobile peuvent amĂ©liorer lâobservance des comportements favorables Ă la santĂ© et rĂ©duire les hospitalisations ou les Ă©vĂ©nements cardiaques.
Traitement antiangineux
Le traitement antiangineux doit ĂȘtre choisi en fonction :
Des symptÎmes et de leur mécanisme
Des comorbidités
Des traitements concomitants
De la tolérance
De la fonction ventriculaire gauche
De la prĂ©sence ou de lâabsence dâinsuffisance cardiaque
De la disponibilité et du coût au niveau local
Lâivabradine peut ĂȘtre ajoutĂ©e en cas de contrĂŽle symptomatique insuffisant chez les patients prĂ©sentant une dysfonction systolique ventriculaire gauche et une FEVG infĂ©rieure Ă 40 %, ou ĂȘtre utilisĂ©e dans le traitement initial chez des patients sĂ©lectionnĂ©s de maniĂšre appropriĂ©e. Elle nâest pas recommandĂ©e en traitement additionnel dans la maladie coronarienne chronique avec une FEVG supĂ©rieure Ă 40 % et sans insuffisance cardiaque clinique. Lâassociation de lâivabradine avec un inhibiteur calcique non dihydropyridinique ou un autre inhibiteur puissant du CYP3A4 nâest pas recommandĂ©e.
Pour les endotypes coronaires sans maladie obstructive :
Un inhibiteur de lâECA peut ĂȘtre envisagĂ© en cas de dysfonction endothĂ©liale.
Les bĂȘtabloquants peuvent ĂȘtre envisagĂ©s en cas dâangor microvasculaire associĂ© Ă une diminution de la rĂ©serve de flux coronaire ou myocardique.
Les inhibiteurs calciques sont recommandĂ©s en cas dâangor vasospastique isolĂ©.
Les dĂ©rivĂ©s nitrĂ©s doivent ĂȘtre envisagĂ©s pour prĂ©venir les rĂ©cidives de vasospasme.
En cas dâendotypes associĂ©s, un traitement combinĂ© par dĂ©rivĂ©s nitrĂ©s, inhibiteurs calciques et autres vasodilatateurs peut ĂȘtre envisagĂ©.
Traitement antithrombotique
En cas de maladie coronarienne chronique sans autre indication claire dâanticoagulation orale :
| Situation clinique | Traitement recommandé |
|---|---|
| Infarctus du myocarde ou ICP antérieure | Le clopidogrel 75 mg une fois par jour constitue une alternative sûre et efficace à la monothérapie par aspirine |
| AprĂšs pontage aortocoronarien | Aspirine 75â100 mg une fois par jour Ă vie |
| MC obstructive significative sans infarctus du myocarde ni revascularisation antĂ©rieurs | Aspirine 75â100 mg une fois par jour Ă vie |
Le risque hĂ©morragique doit ĂȘtre Ă©valuĂ© Ă lâaide du score PRECISE-DAPT, de lâoutil ARC-HBR ou dâune autre mĂ©thode validĂ©e lorsque cela est pertinent pour les dĂ©cisions antithrombotiques.
Réduction lipidique
La cible recommandée de LDL-C est :
LDL-C inférieur à 1.4 mmol/L, ou 55 mg/dL
Une rĂ©duction dâau moins 50 % par rapport Ă la valeur initiale
Chez les patients intolĂ©rants aux statines qui restent au-dessus de la cible sous Ă©zĂ©timibe, lâassociation avec lâacide bempĂ©doĂŻque est recommandĂ©e. Lâacide bempĂ©doĂŻque doit Ă©galement ĂȘtre envisagĂ© lorsque la cible nâest pas atteinte avec la dose maximale tolĂ©rĂ©e de statine associĂ©e Ă lâĂ©zĂ©timibe.
DiabÚte, obésité et inflammation
Les inhibiteurs du SGLT2 ayant dĂ©montrĂ© un bĂ©nĂ©fice cardiovasculaire sont recommandĂ©s chez les patients prĂ©sentant un diabĂšte de type 2 et une maladie coronarienne chronique afin de rĂ©duire les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires, indĂ©pendamment de lâHbA1c initiale ou cible et quels que soient les autres traitements hypoglycĂ©miants.
Le sĂ©maglutide doit ĂȘtre envisagĂ© chez les patients prĂ©sentant une maladie coronarienne chronique sans diabĂšte, mais en surpoids ou obĂšses, avec un IMC dâau moins 27 kg/m2, afin de rĂ©duire la mortalitĂ© cardiovasculaire, lâinfarctus du myocarde ou lâaccident vasculaire cĂ©rĂ©bral.
La colchicine Ă faible dose, 0.5 mg une fois par jour, doit ĂȘtre envisagĂ©e chez les patients prĂ©sentant une MC athĂ©rosclĂ©reuse afin de rĂ©duire lâinfarctus du myocarde, lâaccident vasculaire cĂ©rĂ©bral et le recours Ă la revascularisation.
Insuffisance cardiaque et dysfonction ventriculaire gauche
Les patients prĂ©sentant une maladie coronarienne chronique et une insuffisance cardiaque doivent ĂȘtre inclus dans un programme multidisciplinaire de prise en charge de lâinsuffisance cardiaque. Le sacubitril/valsartan est recommandĂ© en remplacement dâun inhibiteur de lâECA ou dâun ARA dans la maladie coronarienne chronique avec insuffisance cardiaque et fraction dâĂ©jection rĂ©duite, afin de rĂ©duire les hospitalisations pour insuffisance cardiaque et la mortalitĂ©.
Lorsque la FEVG est infĂ©rieure Ă 35 % et quâune MC obstructive est suspectĂ©e, une coronarographie invasive est recommandĂ©e afin dâĂ©valuer si un pontage aortocoronarien pourrait amĂ©liorer le pronostic, en tenant compte des risques procĂ©duraux et du bĂ©nĂ©fice attendu. Chez les patients dont la FEVG est supĂ©rieure Ă 35 % et qui prĂ©sentent une probabilitĂ© faible ou modĂ©rĂ©e de MC obstructive, une CCTA ou une imagerie fonctionnelle est recommandĂ©e.
En cas dâHFpEF avec angor ou symptĂŽmes Ă©quivalents et artĂšres coronaires Ă©picardiques normales ou non obstructives, une TEP, une perfusion en IRM cardiaque ou une exploration fonctionnelle coronaire invasive doit ĂȘtre envisagĂ©e afin de dĂ©tecter ou dâexclure une dysfonction microvasculaire coronaire.
Revascularisation dans la maladie coronarienne chronique
La revascularisation doit ĂȘtre envisagĂ©e lorsque lâangor reste inacceptable malgrĂ© un traitement mĂ©dical optimal, lorsque les mĂ©dicaments anti-ischĂ©miques provoquent des effets indĂ©sirables gĂȘnants, ou lorsque lâanatomie et le contexte clinique indiquent un avantage pronostique.
Le choix entre ICP et pontage aortocoronarien nécessite :
LâĂ©valuation de la sĂ©vĂ©ritĂ© des symptĂŽmes et de la limitation fonctionnelle
LâĂ©valuation de la complexitĂ© anatomique coronaire
LâĂ©valuation de la fonction ventriculaire gauche
La prise en compte des comorbidités et du risque opératoire
LâespĂ©rance de vie
Les préférences du patient
La revascularisation complĂšte attendue
Les effets anticipés sur la qualité de vie et les événements ultérieurs
Une discussion par une Ă©quipe multidisciplinaire (« Heart Team ») est recommandĂ©e dans les situations complexes, en particulier lorsque lâICP et le pontage aortocoronarien bĂ©nĂ©ficient de recommandations comparables.
Pour une FEVG â€35 %, le choix entre revascularisation et traitement mĂ©dical seul doit reposer sur une Ă©valuation rigoureuse de lâanatomie coronaire, du lien entre la MC et la dysfonction ventriculaire, des comorbiditĂ©s, de lâespĂ©rance de vie, du risque procĂ©dural et des prĂ©fĂ©rences du patient.
Atteinte du tronc commun gauche
Chez les patients présentant une atteinte significative du tronc commun gauche et un faible risque chirurgical :
Le pontage aortocoronarien est recommandĂ© plutĂŽt que le traitement mĂ©dical seul afin dâamĂ©liorer la survie.
Le pontage aortocoronarien est globalement prĂ©fĂ©rĂ© Ă lâICP en raison dâun risque moindre dâinfarctus du myocarde spontanĂ© et de nouvelle revascularisation.
LâICP constitue une alternative lorsque lâatteinte du tronc commun gauche est de faible complexitĂ© anatomique, avec un score SYNTAX â€22, et que lâICP peut permettre une revascularisation complĂšte Ă©quivalente Ă celle du pontage.
Technique dâICP
Le guidage par IVUS ou OCT intracoronaire est recommandĂ© pour les ICP anatomiquement complexes. La FFR, lâiFR ou la QFR doivent guider la sĂ©lection des lĂ©sions en cas dâatteinte pluritronculaire. LâĂ©valuation de la pression Ă la fin de lâICP peut identifier les patients exposĂ©s Ă un risque dâangor persistant et dâĂ©vĂ©nements cliniques ultĂ©rieurs, tandis quâune prise en charge complĂ©mentaire guidĂ©e par la pression peut identifier les lĂ©sions susceptibles de bĂ©nĂ©ficier dâune ICP supplĂ©mentaire.
Syndromes coronariens aigus
SCA sans sus-décalage du ST
Une stratĂ©gie invasive urgente ou immĂ©diate est indiquĂ©e en cas dâangor rĂ©fractaire ou dâinstabilitĂ© hĂ©modynamique ou Ă©lectrique, Ă condition quâil nâexiste pas de comorbiditĂ©s graves ou de contre-indications procĂ©durales.
Une stratĂ©gie invasive prĂ©coce dans les 24 heures est raisonnable chez les patients Ă haut risque initialement stabilisĂ©s. Une stratĂ©gie invasive diffĂ©rĂ©e dans un dĂ©lai de 25â72 heures est raisonnable chez les patients qui ne prĂ©sentent pas un risque Ă©levĂ© ou intermĂ©diaire. Une stratĂ©gie guidĂ©e par lâischĂ©mie peut ĂȘtre envisagĂ©e chez certains patients stabilisĂ©s, aprĂšs prise en compte du risque clinique et des prĂ©fĂ©rences du patient.
Une approche invasive prĂ©coce nâest pas recommandĂ©e lorsque lâexistence dâune insuffisance hĂ©patique, rĂ©nale ou pulmonaire Ă©tendue, dâun cancer ou dâune autre comorbiditĂ© majeure rend les risques de la revascularisation supĂ©rieurs au bĂ©nĂ©fice probable. Elle nâest pas non plus recommandĂ©e en cas de douleur thoracique aiguĂ« avec faible probabilitĂ© de SCA et troponine nĂ©gative, en particulier chez les femmes.
STEMI
Une ICP primaire doit ĂȘtre rĂ©alisĂ©e chez les patients prĂ©sentant un STEMI et des symptĂŽmes ischĂ©miques Ă©voluant depuis moins de 12 heures. Elle doit Ă©galement ĂȘtre utilisĂ©e lorsque la fibrinolyse est contre-indiquĂ©e, quel que soit le dĂ©lai depuis le premier contact mĂ©dical. LâICP primaire est raisonnable entre 12 et 24 heures lorsque la persistance dâune ischĂ©mie est Ă©tayĂ©e par les donnĂ©es cliniques ou lâECG.
Les patients prĂ©sentant un STEMI compliquĂ© dâun choc cardiogĂ©nique ou dâune insuffisance cardiaque aiguĂ« sĂ©vĂšre doivent bĂ©nĂ©ficier dâune ICP primaire quel que soit le dĂ©lai depuis le dĂ©but de lâinfarctus du myocarde. Chez un patient prĂ©sentant un STEMI et stable sur le plan hĂ©modynamique, lâICP dâune artĂšre non responsable de lâinfarctus ne doit pas ĂȘtre rĂ©alisĂ©e au cours de la procĂ©dure dâICP primaire. Les patients rĂ©animĂ©s aprĂšs un arrĂȘt cardiaque extrahospitalier dont lâECG initial montre un STEMI doivent bĂ©nĂ©ficier dâune coronarographie immĂ©diate et dâune ICP lorsquâelle est indiquĂ©e.
Prise en charge des anomalies coronaires
Pour les origines coronaires anormales, la prise en charge repose sur :
Les caractéristiques anatomiques à haut risque mises en évidence par la CTA
La preuve dâune ischĂ©mie induite par lâeffort
Les symptĂŽmes
Le contexte clinique, notamment un antĂ©cĂ©dent dâarrĂȘt cardiaque rĂ©cupĂ©rĂ©
LâischĂ©mie induite par lâeffort, Ă©valuĂ©e par imagerie avancĂ©e, est dĂ©terminante pour la prise de dĂ©cision, y compris aprĂšs correction chirurgicale, en particulier chez les patients ayant des antĂ©cĂ©dents dâarrĂȘt cardiaque rĂ©cupĂ©rĂ©.
Pour les fistules coronaires, les symptĂŽmes, les complications et lâexistence dâun shunt significatif constituent les principales indications dâune fermeture percutanĂ©e ou chirurgicale.
Parcours diagnostique fondé sur les recommandations
Une séquence pratique étayée par les recommandations est la suivante :
Recueillir un interrogatoire détaillé, évaluer les facteurs de risque cardiovasculaire et réaliser un ECG de repos.
Estimer la probabilitĂ© prĂ©test dâune MC obstructive Ă lâaide du modĂšle de probabilitĂ© clinique pondĂ©rĂ©e par les facteurs de risque (« Risk Factor-weighted Clinical Likelihood »).
Modifier cette estimation en fonction de lâexamen des artĂšres pĂ©riphĂ©riques, de lâECG, de lâĂ©chocardiographie et des imageries antĂ©rieures.
Envisager lâabsence dâexamens complĂ©mentaires lorsque la probabilitĂ© est infĂ©rieure Ă 5 %.
Envisager la mesure du score calcique coronaire lorsque la probabilité est supérieure à 5 %, mais inférieure ou égale à 15 %.
Utiliser la CCTA comme examen privilégié lorsque la probabilité est supérieure à 5 %, mais inférieure ou égale à 50 %.
Utiliser lâĂ©chocardiographie de stress, la SPECT, la TEP ou lâIRM cardiaque lorsque la probabilitĂ© est supĂ©rieure Ă 15 % et quâune information fonctionnelle est nĂ©cessaire.
RĂ©aliser une coronarographie invasive lorsque les examens non invasifs sont non concluants, lorsque les symptĂŽmes sont inacceptables malgrĂ© un traitement mĂ©dical optimal, lorsquâune anatomie ou une ischĂ©mie Ă haut risque est prĂ©sente, ou lorsquâun syndrome coronarien aigu justifie une stratĂ©gie invasive.
Utiliser la FFR, lâiFR ou la QFR pour les lĂ©sions intermĂ©diaires lorsque le rĂ©sultat guidera la revascularisation.
Utiliser lâIVUS ou lâOCT pour les ICP complexes, en particulier celles concernant le tronc commun gauche, les vĂ©ritables bifurcations et les lĂ©sions longues.
Pronostic et suivi
Le pronostic dépend de nombreux éléments au-delà de la sévérité de toute sténose angiographique individuelle. Les déterminants pertinents comprennent :
La charge totale de plaques, y compris la maladie non obstructive
La prĂ©sence et lâĂ©tendue dâune ischĂ©mie inductible
La fraction dâĂ©jection ventriculaire gauche
Le diabĂšte
La maladie rénale chronique
Le seuil symptomatique
Le nombre de vaisseaux atteints
Lâatteinte du tronc commun gauche ou de lâIVA proximale
La complexité anatomique coronaire
La portée fonctionnelle des lésions intermédiaires
Lâinsuffisance cardiaque
Lâanatomie de lâanomalie coronaire et lâischĂ©mie induite par lâeffort
Le suivi doit réévaluer les symptĂŽmes, la capacitĂ© fonctionnelle, lâobservance, le contrĂŽle des facteurs de risque, les concentrations lipidiques, la tolĂ©rance du traitement et la fonction ventriculaire lorsque la situation clinique le justifie. Les interventions de santĂ© mobile, les stratĂ©gies comportementales, la simplification des schĂ©mas thĂ©rapeutiques, lâĂ©ducation du patient ainsi que lâimplication de la famille et des Ă©quipes multidisciplinaires sont recommandĂ©es pour amĂ©liorer lâobservance.
Les patients prĂ©sentant un angor rĂ©cidivant ou rĂ©fractaire et une ANOCA ou une INOCA documentĂ©e ou suspectĂ©e doivent bĂ©nĂ©ficier dâune exploration fonctionnelle coronaire invasive afin de dĂ©finir lâendotype sous-jacent et dâorienter le traitement. Cette dĂ©marche est particuliĂšrement pertinente lorsque les symptĂŽmes persistent malgrĂ© des artĂšres coronaires Ă©picardiques apparemment non obstructives ou aprĂšs une revascularisation.
Chez les patients prĂ©sentant des anomalies coronaires, le suivi doit comporter une Ă©valuation de lâischĂ©mie induite par lâeffort aprĂšs lâintervention, en particulier lorsquâun arrĂȘt cardiaque rĂ©cupĂ©rĂ© est survenu. Le document source ne prĂ©cise ni intervalles universels de surveillance ni durĂ©e standardisĂ©e du suivi.